Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

Le bureau exécutif de l'AVOMM

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AVOMM

Angélique Kidjo : "J'ai chanté pour Obama"


Angélique Kidjo : "J'ai chanté pour Obama"

Park Slope, Brooklyn, New York : "L'élection d'Obama est liée à mon destin"

Je suis née au Bénin, le pays d'Afrique de l'Ouest d'où sont partis la plupart des esclaves vers l'Amérique, et j'ai décidé de m'installer à New York en 1998 pour accomplir mon rêve de petite fille : chanter avec les artistes noirs américains dont la musique avait bercé mon enfance. Mais je me suis vite rendue à l'évidence : il serait difficile de travailler avec des stars afro-américaines qui parlaient tout le temps de l'Afrique, mais n'avaient pas envie d'en savoir plus.

Au début, la candidature de Barack Obama n'a pas été soutenue par la communauté afro-américaine. Il n'est pas assez noir, ce qui veut dire : il est africain, pas américain. Mais très vite, je sens une vague de fond, l'Afrique et le métissage ne sont plus tabous. En février 2007, deux jours après que j'ai reçu un Grammy Award, la puissante National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), qui a soutenu pendant un siècle la lutte pour les droits civiques des Noirs, me décerne, à moi, une Franco-Africaine, un tout nouveau prix, l'Image Award for Outstanding World Music Album. C'est un signe des temps.

Ainsi, j'ai l'impression que l'élection de Barack Obama est liée à mon destin. A l'annonce des résultats, ma fille, Naïma, métisse comme lui, a pleuré de joie pendant une heure. Il fallait absolument que j'aille à Washington ! Et dès le lendemain, je reçois des invitations à chanter dans les fameux balls (les "bals"), puis un e-mail officiel me conviant à la cérémonie d'investiture. Tous mes amis sont jaloux !

Dimanche 18 janvier
Washington : la communauté des immigrés africains au "Ball"

Il neige à New York. Nous partons tôt pour arriver à temps à Washington pour le grand concert "We Are One" produit par la chaîne HBO au pied du Lincoln Memorial. Le show se passe comme pour les Oscars : des acteurs célèbres comme Tom Hanks présentent et les superstars chantent, dans une combinaison d'artistes noirs et blancs : James Taylor avec John Legend, la chanteuse de soul Betty Lavette avec Jon Bon Jovi. Le thème, c'est le consensus. Garth Brooks, le roi de la country, chante avec une chorale de gospel ! Un moment me touche particulièrement : l'acteur Samuel L. Jackson explique que Rosa Parks, la militante des droits civiques, avait senti la force de ses ancêtres africains en refusant de céder sa place dans le bus en 1955.

Beyoncé Knowles monte sur scène pour le grand final, mais je dois courir me préparer pour mon premier ball ce soir ! Je chante à l'African Diaspora Inaugural Ball dont les profits iront à la fondation Batonga pour l'éducation des filles en Afrique (créée en 2006 par Angélique Kidjo, son mari, Jean Hébrail, et deux avocats). La communauté des immigrés africains de première et deuxième générations est venue de tout le pays, célébrer la victoire d'un président dont le père est kényan. Soudain, c'est à la mode d'être d'origine africaine. Les femmes sont très élégantes ; Ishmael Beah, l'ancien enfant soldat de Sierra Leone (auteur du Chemin parcouru, éd. Presses de la cité) devenu écrivain superstar, discute avec Donald Payne, un parlementaire, farouche défenseur de l'Afrique au Congrès. La salle chante avec moi, acquise. On me promet 10 000 livres d'école pour ma fondation.

Lundi 19 janvier
Washington : Harry Belafonte chez les Kennedy

En octobre 2008, on m'a demandé de chanter pour un concert privé afin de réunir des fonds pour Obama. L'événement s'est passé dans le très luxueux appartement new-yorkais de Gregory C. Carr, l'un des inventeurs de la messagerie vocale qui, déprimé par la politique de George W. Bush, avait dédié sa vie à sa fondation au Mozambique. J'y ai rencontré Lauren Bacall, une militante démocrate de longue date qui a dansé avec moi, du haut de ses 80 ans, et Stephen Smith, l'un des neveux de John Kennedy.

Aujourd'hui, en retour, je suis invitée à célébrer la victoire d'Obama dans la maison des Kennedy, en présence de toute la famille ! Au sommet d'une colline, la résidence est impressionnante. A l'intérieur, les murs sont couverts de lettres de Lincoln, de Washington et des Kennedy. Je déniche une photo d'Hailé Sélassié, le roi d'Ethiopie, dédicacée à "JFK" en 1963 ! Au fond trône le poster du nouveau président.

Je salue Ethel, la femme de Robert Kennedy, peut-être un peu étonnée de rencontrer une chanteuse africaine en ces lieux très chics. Je croise Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale. On est loin du show-biz. Soudain j'aperçois mon héros, Harry Belafonte ! Harry, superstar de la chanson des années 1950, a été le premier à soutenir Martin Luther King, alors inconnu. Petit fille, je rêvais devant les pochettes de ses albums. Harry est le héros du jour dans les médias. Tout le monde l'interroge : le rêve de Martin Luther King s'est-il accompli ? Moi, je pose à Harry - qui a toujours soutenu la musique africaine et ma carrière - une question qui me tient à coeur : "Qu'est-ce que tu penses que l'élection de Barack Obama va changer pour l'Afrique ?" Harry hésite et me dit : "C'est une question importante, laisse-moi réfléchir. Demain, je présente le Peace Ball, la soirée où tu vas chanter. Je te donnerai ma réponse."

Mardi 20 janvier
Washington

Réveil à 5 heures et demi. Six kilomètres de marche obligatoire dans un froid extrême. J'en profite pour mettre un foulard africain sur la tête. Aujourd'hui, comme disent les rappeurs d'ici, je "représente" mon africanité, ce qui me permet aussi de garder la tête au chaud. Munis de nos tickets VIP, nous nous approchons d'une foule énorme. Tout est bloqué. A peine arrivés, la cérémonie commence, Colin Powell est applaudi, on lui a donc pardonné ses années Bush... Soudain, Aretha Franklin chante, mon coeur se pince. Elle fut la première artiste soul à s'habiller en Africaine. Le discours d'Obama renforce en moi la conviction que c'est sa part africaine qui l'a fait élire président. Comme Nelson Mandela, il semble au-dessus de la mêlée. Son père, kenyan, a dû lui faire prendre conscience que les Etats-Unis ne sont pas le centre du monde ! J'ai le sentiment qu'un Jesse Jackson, bien qu'au coeur de la lutte pour les droits civiques, n'aurait pas pu être élu président. J'essaie de ne pas trop crier mon enthousiasme. Impossible de perdre ma voix, j'ai un concert ce soir !

Le Peace Concert, 19 heures

Nous recevons un message de Claude Grunitsky, le gérant d'origine togolaise du magazine new-yorkais Trace : la grand-mère africaine d'Obama est arrivée à la fête, "Africa on the Potomac", organisée pour elle à quelques kilomètres de Washington. On saute dans la voiture mais la circulation est tellement délirante que l'on doit vite faire demi-tour si l'on ne veut pas arriver en retard au Peace Ball !

20 h 30

Dès le lendemain du résultat de l'élection en novembre, Eve Ensler, l'auteur des Monologues du vagin, qui consacre tant d'énergie à la cause des femmes africaines, me dit qu'une soirée pour promouvoir la paix s'organise le soir de l'inauguration et que les organisateurs veulent que mon groupe clôture le concert. Ce soir, je vais donc chanter avec Michael Franti, le chanteur activiste parti en Irak en 2005 pour tourner un documentaire pacifiste. Beaucoup de ceux qui militent aux Etats-Unis pour une nouvelle Afrique seront là ce soir. Par exemple Abigael Disney, la petite-fille de Walt Disney, qui utilise sa fortune pour soutenir le développement de l'Afrique. La rumeur veut qu'Alice Walker, l'auteur du roman Color Purple, soit là...

Le Peace ball se déroule dans l'immense Musée historique de la poste. On est loin de l'ambiance officielle de la journée. Il est minuit, j'essaie d'oublier les kilomètres parcourus à pied : je vais monter sur scène dans cinq minutes, et Joan Baez m'a promis de venir danser sur scène...

La nuit va s'achever et Harry Belafonte n'a toujours pas répondu à ma question... Je me demande si l'élection de Barack Obama va changer la donne en Afrique. Je n'en suis pas convaincue. Ce qu'il nous faudrait peut-être ; c'est notre propre Obama, président des Etats-Unis d'Afrique ! Et pourquoi pas une femme d'ailleurs !

Angélique Kidjo


Source: lemonde
Jeudi 22 Janvier 2009 - 14:14
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