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Dimanche 20 Mai 2012

Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy

Hommage à Mohamed Dogui par Hamdou Rabby Sy

«Toute véritable grandeur
implique la simplicité»


La disparition de notre camarade Mohamed Dogui est une immense perte pour la Mauritanie, surtout pour celles et ceux qui, comme lui, aspirent à la justice, à la liberté et à la démocratie. Il a très tôt pris conscience de l’orientation raciste du système, en se positionnant contre toutes les formes d’injustice et d’impunité par un engagement ferme. Mohamed Dogui avait un sens de la dignité, une générosité reconnue par ceux et celles qui l’ont connu. Il a fait, tout le long de sa vie, preuve d’un engagement sans faille, d’une radicalité critique et ouverte. De cette radicalité des personnalités douées d’une intelligence authentique et d’un amour de la vie. Mohamed Dogui a combattu un système violent avec la plus grande humanité. Tous les témoignages sont unanimes sur la profondeur et la sincérité de son engagement humaniste. Il s’est inscrit dans la longue lignée des combattants de la liberté.

Depuis les événements de1989, jusqu’à sa mort en passant par ses années d’exil au Maroc, il a été fidèle à la lutte contre le racisme, l’esclavage et l’impunité.

Un militant courageux qui a défié toute sa vie un système dans lequel, s’il avait abdiqué comme d’autres, il aurait bénéficié des avantages et des privilèges d’appartenance à la composante dominante. Dogui n’a jamais cédé à la facilité et au confort de la médiocrité. Il a vécu avec sobriété, partageant la souffrance et l’humiliation des victimes, en payant un lourd tribut à son engagement pour les victimes contre la politique raciste qui a sévi depuis l’avènement de Ould Taya.

Mohamed Dogui a dit non à la discrimination, à l’oppression et à la haine raciale. La posture éthique du militantisme tel qu’il l’a pratiqué nous inspire quant au projet d’une Mauritanie débarrassée du tribalisme, du racisme et de l’esclavage. Contrairement à bon nombre de militants rattrapés par la solidarité mécanique et les intérêts personnels, il a su résister jusqu’à sa mort.

Homme de convictions, de courage, volontariste, humaniste, Mohamed Dogui occupera une place importante dans l’histoire de la lutte contre le système raciste et esclavagiste qui a étouffé la perspective de construction d’une citoyenneté mauritanienne. Sa disparition nous prive du messager de la paix, de l’égalité, de l’appel à une Mauritanie fondée sur un humanisme intégral et une politique de la civilisation. Un homme convaincu de l’éthique de l’amitié, de l’hospitalité et du vivre ensemble respectueux de la diversité qui constitue la première richesse de la Mauritanie. Il a incarné une certaine idée de la justice, de l’humanité et de l’exigence de dignité et de respect de tous les mauritaniens sans aucune forme de distinction.

Sa passion pour la justice, sa vocation pour la fraternité universelle ont marqué sa vie et son rapport à ses compatriotes. Sa traversé du désert, les péripéties d’une vie difficile ont nourri et entretenu son idéal d’une Mauritanie démocratique, fraternelle et solidaire. Mohamed Dogui a vécu en homme juste, en militant intransigeant, lucide et civilisé. Sa constance et sa victoire sur les préjugés doivent être une source d’inspiration et d’encouragement. Son courage et son attachement au devoir de mémoire l’ont conduit à faire partie des acteurs du voyage d’Inal, comme pour marquer les derniers mois de son existence.

Mohamed Dogui est parti de cette terre, de sa patrie, dont la politique raciste et esclavagiste ne faisait pas sa fierté. Il continuera à porter le message de la justice devant l’Eternel. Il veillera désormais sur nous; nous essayerons de mériter d’avoir été ses compagnons. La Mauritanie vient de connaître une perte immense avec la mort de cet homme que l’Histoire retiendra. La grandeur de son âme et sa vision de l’avenir resteront gravées sur notre mémoire. Il a vécu en homme généreux, vertueux et digne. Sa vie et son engagement sont des preuves éclatantes du sens du sacrifice et du dévouement à des causes nobles. La Mauritanie officielle devrait en tirer les conséquences.

Quant à nous, nous poursuivrons plus que jamais notre combat.

A la mémoire de notre camarade, nous organiserons une journée pour lui rendre l’hommage qui ne saurait traduire notre profonde tristesse.

Hamdou Rabby SY
Porte-parole de l’AVOMM

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Communiqué de l’AVOMM


Communiqué de l’AVOMM
Le non-respect des franchises universitaires est une violation grave et inadmissible des droits des étudiants à s’organiser au sein du campus. Par l’introduction dans l’espace universitaire des forces de police et l’arrestation des étudiants avec des méthodes violentes, le gouvernement de Mohamed Ould Abdoul Aziz vient de franchir une étape dans sa logique de répression et de négation des droits humains et des libertés fondamentales. Le président mauritanien est en train de devenir un champion de la violation des droits et des libertés les plus élémentaires. En plus de la politique de répression qui vise tous les manifestants, la police d’Ould Abdoul Aziz vient d’arrêter le leader du TPMN, Abdoul Birane Wane.

Face aux nombreux défis auxquels est confronté le gouvernement d’Ould Abdoul Aziz : la famine, la crise sociale et politique, les rapatriés qui sont dans des conditions difficiles, une jeunesse désespérée, l’insécurité qui gagne du terrain, le recensement à visée discriminatoire, des relations tendues avec les pays voisins, la confiance qu’il n’a pas pu conquérir auprès du peuple mauritanien, une instabilité au sein de l’Armée et de son gouvernement, Ould Abdoul Aziz est constamment dans la fuite en avant par la répression. Avec l’impopularité de ses méthodes et de ses décisions politiques, il serait temps que le président mauritanien revoie sa feuille de route et réfléchit à un programme politique, en lieu et place de ce pilotage à vue, périlleux et suicidaire. Les années Taya n’ont pas convaincu Ould Abdoul Aziz de la nature contre productive d’une politique de la répression et de l’impasse dans laquelle, cette politique tyrannique et cynique a conduit la Mauritanie.

AVOMM exige la libération immédiate des étudiants arrêtés, ainsi que celle d’Abdoul Birane Wane et le rétablissement d’une ambiance de sécurité et de sérénité au sein du campus afin que les étudiants reprennent leurs cours.

Nous en appelons aux organisations politiques, aux associations des droits humains et à la communauté internationale à obliger le président mauritanien à faire preuve de respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Nous demandons à Mohamed Ould Abdoul Aziz à faire preuve du sens de la mesure et de bon sens pour engager notre pays dans la voie de la démocratie, de la justice et de la paix civile et sociale et du développement.

Nous en appelons à une vision respectueuse de la citoyenneté pour s’engager dans des batailles plus généreuses que la répression aveugle qui n’a servi à rien depuis les indépendances jusqu’à aujourd’hui. L’épisode tragique d’Ould Taya aurait pu servir définitivement de leçon à l’actuel occupant du palais présidentiel.


SY Hamdou Rabby
Pour le Bureau exécutif de l’AVOMM
Porte-parole et chargé de la communication


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Lundi 9 Avril 2012 - 11:49
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