Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Coordination des Associations et Collectifs des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali

CONTRIBUTION: Eloge à la démocratie américaine et Appel à continuer la
Résistance au coup d’état en Mauritanie


Coordination des Associations et Collectifs des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali
La coordination des associations et collectifs des réfugiés mauritaniens salue l’élection de Barack Obama comme le quarante-quatrième président des Etats-Unis d’Amérique. Cette élection d’un président noir à la tête de la première puissance mondiale va inspirer, nous osons l’espérer, le peuple mauritanien et toute la classe politique de notre pays. Cette élection, d’un noir qui devra conduire le destin du peuple américain dans les quatre ans à venir, est la démonstration que les Etats-Unis ne sont pas seulement la plus grande puissance du monde, mais aussi la plus grande démocratie du monde. Elle a démontré, par cet événement salué à l’échelle planétaire, la capacité des citoyens américains à transcender les barrières et les préjugés raciaux qui, n’eut été la foi en leur démocratie, en leurs institutions et à la constitution qui la fonde, auraient de façon tragique et peut-être irréversible désuni le peuple américain et entamé leur patriotisme légendaire hérité de leur goût effréné pour la liberté et leur refus de la tyrannie. Un goût pour la liberté et un refus de la tyrannie qui ont conduit les Américains a secoué le joug de la colonisation britannique et à offrir aux Etats-Unis et à l’humanité la première déclaration universelle des droits de l’homme marquant l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, en 1776, et qui revêt incontestablement un caractère inaugural pour la modernité. Il est dit dans cette déclaration qui se veut universelle : « Tous les hommes sont crées égaux ; ils sont doués par le créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ». A cet égard, le rêve du pasteur Martin Luther King s’enracine bien dans une foi : une foi en la liberté, une mystique de la liberté. Aussi, son rêve d’une Amérique où la communauté noire et la communauté blanche unies au sein d’un même peuple chantant à l’unisson le chant de la liberté est bien permis.
Avec une telle déclaration universelle des droits de l’homme, comme préambule de la première constitution des Etats-Unis d’Amérique ratifiée en 1787 à Philadelphie, il n’est pas surprenant, malgré les manquements qu’une telle constitution ait témoigné à l’égard des noirs américains en les ignorant carrément, que celle-ci ait intégré plus tard les noirs au sein de la nation américaine, comme citoyens à part entière. Aussi, il n’y a de rien surprenant qu’après cent quarante-huit ans, à savoir, après l’amendement abolissant l’esclavage et sa ratification en 1860 et qu’après les quarante-trois ans qui ont suivi la garantie de droits de vote octroyé aux africains américains (les lois des droits civiques de 1957 à 1965), qu’un homme noir, aux Etats-Unis d’Amérique, soit élu par ses concitoyens à la magistrature suprême. L’Amérique a montré à la face du monde qu’elle a foi en la liberté et en ses institutions démocratiques et républicaines. Avec cette élection, l’Amérique des républicains et des démocrates prend irréversiblement le chemin d’une réconciliation encore plus profonde avec elle-même.
Ce formidable événement historique que les Etats-Unis partagent avec le monde entier, avec l’élection de Obama à la présidence, coïncide malheureusement avec une crise politique profonde que vit notre pays. Celle-ci est liée à la déstabilisation de nos institutions démocratiquement et souverainement choisies par notre peuple, suite à un coup d’Etat militaire survenu le 6 août 2008. Un coup d’Etat unanimement condamné par la communauté internationale.
Comme Martin Luther King, nous avons eu aussi notre part de rêve d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même, lorsque le 3 août 2005, un groupe d’officiers issu de notre armée nationale a mis fin à plus de vingt ans d’un régime politique raciste, inégalitaire et sanglant incarné par l’ex-président Sid’Ahmed Ould Taya. Ce groupe d’officiers militaires mettra en place un Conseil National pour la Justice et la Démocratie (CMJD). Le CMJD rendra public le 23 août 2005 une charte constitutionnelle promulguée par ordonnance. Dans cette charte, le président de ce conseil, par la personne de Ely Ould Mohamed Vall, s’engage à ne pas exercer le pouvoir, au-delà d’une période de deux années jugées indispensables pour la « conduite de l’Etat et des affaires publiques pendant la période transitoire nécessaire à la création des conditions favorables à un jeu démocratique ouvert et transparent et la mise en place de véritables institutions démocratiques ». Cette ouverture démocratique n’est que le fruit du combat conjugué des démocrates et progressistes de notre pays, pour la liberté, contre l’esclavage, contre le racisme d’Etat, l’exclusion sociale, la corruption et le tribalisme etc.… Obligeant, ainsi les militaires à prendre le pouvoir, afin d’éviter à notre pays une guerre civile qui aurait, sans doute, hypothéqué son avenir pour longtemps.
Cette transition démocratique annoncée le 23 août et qui a bénéficié de l’appui moral et financier de la communauté internationale conduira au vote et à l’adoption d’une constitution, à l’institution d’un parlement et d’un sénat ; pour enfin aboutir, le 19 avril 2008 à l’élection d’un président de la république au suffrage universel, en la personne de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Nous continuerons à rêver avec le président Sidi, en ayant la conviction que notre nouvelle démocratie nous ferait oublier les années sombres de la dictature et des régimes d’exception qui jusque-là avaient régné sur notre pays. Ses années sombres, comme le reconnaît le président Sidi, furent le « théâtre d’atteintes massives aux droits de l’homme qui devaient culminer en 1989-90-91. Des citoyens mauritaniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont été victimes d’exactions graves et injustifiées. Des populations mauritaniennes paisibles se sont vues contraintes à quitter leur pays. Des atteintes cruelles à la dignité, des abus et dénis de droit d’une grande ampleur ont été commis ». Le président assume à cet égard, au nom de la république sa compassion pour toutes les victimes. En assumant cette part de responsabilité, le président de la république invite à la tolérance et à l’ouverture d’une nouvelle page de notre histoire, pour que ne se répète plus ce « genre de pratiques absurdes et d’un autre âge ». Aussi promet-il de « se tenir à côté de toutes les victimes et de leurs ayant droit pour réparer équitablement les injustices subies et permettre à tous de participer dans la dignité et l’égalité à la construction de notre avenir commun ». A tout cela, il faut ajouter à ces propos du président extraits de son discours du 29 juin 2007, l’invite à faire du «  combat pour l’égal dignité des citoyens dans un Etat de droit [le] combat contre l’esclavage dans toutes ses formes, traditionnelle et moderne ». A ce propos, le président précise « que pas plus tard qu’hier, le gouvernement a approuvé un projet de lois portant incrimination et répression de cette pratique abominable ».
Aussi, outre la question de l’esclavage, le président a eu à son actif le début de règlement du passif humanitaire avec le retour des réfugiés qui a débuté le 29 janvier 2008 et l’organisation de journées nationales de concertation du 20, 21,22 novembre 2008 sur les années sombres. Ces journées ont dégagé, entre autres recommandations, la création d’une commission d’enquêtes.
Toutes ces mesures devraient, selon le président de la république, « d’abord rétablir la confiance propice à une véritable réconciliation des esprits et des cœurs ».
Et pourtant, c’est au moment où une telle confiance commençait à naître, suite aux mesures prises en vue de réconcilier notre peuple, que de malheureux et irresponsables officiers de notre armée nationale -ayant pourtant bénéficié de tous les honneurs et de promotions de la part du président- ont choisi de perpétrer cet horrible coup d’Etat, avec la complicité de parlementaires frondeurs indignes d’être des élus du peuple.
La communauté internationale n’a pas tardé à condamner un coup d’état jugé anticonstitutionnel en rejetant le pitoyable et misérable argument d’une junte qui invoque, pour justifier ce cou, le terme de «  mouvement rectificatif ». Aussi, la communauté internationale et en premier chef, le conseil de sécurité de l’ONU, l’union africaine, l’union européenne, la France et les Etats-Unis exigent la libération du président Sidi Ould Cheikh Adallahi et demandent le retour à l’ordre constitutionnel légal. Un retour à la légalité constitutionnelle qui, pour certains, passent par le rétablissement du président Sidi dans ses fonctions. En cas de refus de cette demande, notre pays encourt des sanctions internationales.
Aujourd’hui, notre rêve de réconciliation nationale a cédé la place au cauchemar. Notre pays est dans une impasse et le peuple est désuni. Face à la menace qui pèse sur les libertés individuelles, la transformation des media d’Etat en instrument de propagande au service des thèses putschistes, nous demandons à tous les démocrates et progressistes de notre pays de continuer à s’opposer fermement à la dictature militaire d’une junte qui, par des moyens antidémocratiques tentent d’opérer un retour à un régime d’exception qu’elle veut revêtir des habits de la démocratie. On peut citer entre autres moyens antidémocratiques : d’un côté, les intimidations, les limogeages et les arrestations des opposants aux putsch, les restrictions à la liberté d’expression et de l’autre côté la promotion socio-économique des partisans du putsch du 6 août 2008. Par ailleurs, il nous parait évident qu’aucun démocrate digne de ce nom, dans notre pays, n’acceptera de participer à l’organisation par une junte illégitime à ce que l’on appellent pompeusement les Etats généraux de la démocratie. Il ne s’agit ici, ni plus ni moins, que de chercher à donner une base populaire et légitime à un coup d’Etat qui est anticonstitutionnel et qui le restera quelque soit les artifices qui seront utilisés.
Pour conclure, nous voudrions Rappeler que notre Coordination des associations et collectifs des réfugiés mauritaniens a condamné sans réserve ce coup d’Etat dans une déclaration publiée le 12 août 2008. Comme la communauté internationale, nous demandons le retour à l’ordre constitutionnel légal qui signifie, pour nous, la libération du président déchu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et le rétablissement dans ses fonctions. Seul le retour à la légalité constitutionnelle constitue, à nos yeux, une source de sécurité pouvant garantir la poursuite des rapatriements des réfugiés mauritaniens. C’est dans ce contexte de coup d’état qui suscite plus de craintes que d’espoirs chez les réfugiés, que le Haut commissariat pour les réfugiés au Sénégal essuie, en ce moment, beaucoup d’échecs dans sa volonté de poursuivre les rapatriements des réfugiés mauritaniens qui, en majorité ont décidé de geler leur retour, en attendant de voir plus clair du côté de leur pays et cela malgré l’insistance du HCR. L’engouement qui a caractérisé le début des rapatriements s’est effrité en raison du coup d’Etat.
Pour conclure, nous appelons le peuple mauritanien à continuer la résistance et à avoir foi en la liberté. Qu’il sache, que rien au monde de sublime ne s’obtient sans sacrifice. Qu’Allah, le Seigneur des mondes protège notre pays et notre peuple, qu’il nous éloigne de la mauvaise foi source de l’ignorance et de toutes les barbaries. Amine

Dakar, le 6 novembre 2008
Jeudi 6 Novembre 2008 - 20:54
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