Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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«L’ENIGME DU RETOUR» DE DANY LAFERRIERE : Le roman déchirant de la redécouverte du pays natal (Le Soleil)


«L’ENIGME DU RETOUR» DE DANY LAFERRIERE : Le roman déchirant de la redécouverte du pays natal (Le Soleil)
L’écrivain canadien d’origine haïtienne, Dany Laferrière, a publié en 2009 aux éditions Grasset, «L’Enigme du retour», une excellente œuvre qui parle de l’exil, des difficultés que rencontre l’immigré dans son pays d’accueil et à son retour chez lui.

L’auteur raconte son retour en Haïti lors de l’enterrement de son père décédé aux Etats-Unis. A son arrivée, il est totalement perdu. Il ne reconnaît plus personne. Les endroits lui paraissent totalement différents. Il refuse d’accepter l’état de déconfiture totale dans lequel se trouve son pays d’origine. Avec ce livre que certains critiques ont comparé au «Cahier d’un retour au pays natal» du Martiniquais Aimé Césaire, Dany Laferrière (également auteur de « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer  » et «  Je suis un écrivain japonais») a obtenu le prix Médicis 2009.

Au moment où Haïti, son pays d’origine, est meurtri par un tremblement de terre, nous revenons sur ce roman poignant

« La nouvelle coupe la nuit en deux. L’appel téléphonique fatal que tout homme d’âge mûr reçoit un jour. Mon père vient de mourir»

A travers ces vers par lesquels démarre le livre, le ton est donné. La mauvaise nouvelle que tout être humain reçoit à un moment donné de sa vie, est parvenue à Dany, le narrateur du roman «  L’Enigme du retour  » de Dany Laferrière, publié en 2009 aux éditions Grasset. Le personnage principal qui vit à Montréal, se rend à New York pour constater que son père n’est plus de ce monde. Le voyage fut pénible, long, comme il l’est malheureusement dans ce genre de situations. En route vers New York, plus précisément à Brooklyn où vivait son père, Dany s’est arrêté un moment à Toronto, «  le temps d’aller voir un vieil ami peintre  » et de prendre «  un verre dans la galerie où il expose en ce moment  ». A Brooklyn, il s’est rendu compte que son père avait un seul ami, un coiffeur qui avait son atelier sur Church Avenue. Grâce à son oncle Zachée, il a pu visiter le restaurant que son père avait l’habitude de fréquenter. «  C’est ici qu’il prenait son café, chaque matin, depuis quarante ans. C’est moi et personne d’autre qui devais le préparer. Même pas ma femme qui l’adorait et qui lui faisait la lessive », lui confie le propriétaire du restaurant.

De retour en Haïti après trente-trois ans passés à l’étranger,l’auteur ne reconnaît plus son pays et les personnes qu’il avait quittées. «  Je suis absent depuis si longtemps qu’il m’est difficile de me souvenir de tous ces visages qui défilent à toute vitesse devant moi en exigeant d’être reconnus. “Tu ne me reconnais pas ?” La honte. “C’est ton cousin qui nous avait présenté, la veille de ton départ.” On s’était donc vu une seule fois et cela il y a trente-trois ans... Chacun arrive avec une anecdote où je suis impliqué. On aurait été une fois au cinéma ensemble, il y a quarante ans... », écrit le narrateur.

Face à une situation pareille, il affirme : « Il m’a fallu un moment pour comprendre que dans cette soif de reconnaissance, ils cherchent surtout la confirmation qu’ils ne sont pas morts ». Le narrateur (qui n’est autre que Dany Laferrière) constate que son pays s’est appauvri et que ses compatriotes vivent dans une misère qu’il ne pouvait imaginer de son exil canadien. «  Ce qui m’étonne le plus depuis mon retour, c’est le fait que presque personne n’ait bougé de son quartier. Ils se sont appauvris, mais continuent à résister au vent qui veut les emporter vers des régions plus misérables... Les arbustes sont aujourd’hui noirs de boue. Les visages des gens gris et poussiéreux. Des maisons aux portes crasseuses. Je ne comprends pas que les gens se soient habitués à une telle calamité », déclare-t-il.

La déception ne s’arrête pas là. Posant un regard sur l’évolution des mœurs dans son pays, il fait le commentaire suivant qui donnerait l’impression qu’il regrette sa jeunesse  : «  Avant mon départ, ça n’existait pas des filles du peuple qui embrassaient en public. On ne passait que des films que le gouvernement prenait la peine de visionner avant. Le pouvoir avait mis en place une brigade des mœurs qui quadrillait les parcs à la recherche d’amants irréguliers. On les mariait sur place. Les inspecteurs exigeaient, quand ça valait la peine, le droit de cuissage. Le gouvernement estimait que plus les gens étaient vertueux moins ils pensaient à se révolter  ». A la maison, chez Dany, le retour n’a pas été du tout facile. Il fallait faire face à sa mère qu’il a retrouvée «  silencieuse et triste  », sa sœur et sa tante. Il fallait aussi être capable de répondre à leurs interrogations, leur curiosité, réapprendre à les connaître, satisfaire certaines de leurs demandes. Par exemple, sa mère cherchait à comprendre comment il s’était débrouillé «  pour survivre là-bas  » dans le froid canadien. «  Elle veut savoir comment j’ai vécu ça. Elle attend ma réponse. C’est une question que j’ai longtemps évitée, et si je suis ici, c’est en partie pour y faire face. Il n’y a qu’une mère pour exiger de descendre avec toi au fond d’un pareil gouffre  », reconnaît-il. Tout en tentant de répondre aux questions de sa mère, le personnage principal du livre, qui n’est autre que l’auteur lui-même, essaie d’un autre côté de composer avec sa sœur, avec ses humeurs et ses comportements.

En bon frère, il trouve des explications aux petites tensions qui surviennent dans leurs conversations. Il retourne dans le passé pour y relever une différence dans leur éducation. « Une bonne part de ce chaud-froid vient du fait qu’on n’a pas passé notre enfance ensemble. Elle était restée à Port-au-Prince avec ma mère, tandis que j’allais retrouver ma grand-mère à Petit-Goâve. On passait nos nuits à se raconter des histoires. Nos manières sont différentes. Elle raconte, j’analyse», admet-il afin d’avoir une certaine paix du cœur dont il a besoin pour mieux se sentir en Haïti, devenu pour lui un nouveau pays.

Dany se rend compte que les trente-trois ans passés en Occident ont créé un grand fossé entre lui, sa famille et ses compatriotes. Il constate aussi qu’il est devenu étranger dans son propre pays, dans sa propre famille. Il vit en fait le drame qu’attend tout immigré qui passe des décennies loin de sa terre natale sans y mettre pied. Faisant allusion à son père qui a abandonné Haïti contre son gré, pendant presque un demi-siècle, et parlant de ce que représente la terre natale pour l’immigré, Dany aboutit à la conclusion suivante : « On y revient toujours à la fin. Mort ou vif. On naît quelque part. Si ça se trouve, on va faire un tour dans le monde. Voir du pays, comme on dit, y rester des années parfois. Mais, à la fin, on revient au point de départ».

Ces vers de « L’Enigme du retour » viennent prouver une fois encore que l’immigré entreprend, qu’il le veuille ou non, son retour au pays à un moment donné de sa vie. C’est peut-être la manière de le faire qui diffère selon les personnes. Soit il revient, contraint par les difficultés rencontrées à l’étranger, soit par des événements familiaux heureux ou malheureux.

Indirectement, le roman de Dany Laferrière invite l’immigré à garder le lien avec la terre natale et les siens qui continuent à y vivre, sans forcément lui dire comment le faire.

CORRESPONDANCE PARTICULIERE DE ANOUMOU AMEKUDJI (NEW YORK)


Source: lesoleil


«L’ENIGME DU RETOUR» DE DANY LAFERRIERE : Le roman déchirant de la redécouverte du pays natal (Le Soleil)
Samedi 23 Janvier 2010 - 17:02
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