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L'opposant Ibni serait mort après son arrestation, selon la commission d'enquête
L'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février après l'attaque rebelle sur N'Djamena, est selon toute vraisemblance "décédé" après avoir été arrêté à son domicile par des militaires tchadiens, selon le rapport de la commission d'enquête rendu public mercredi.
Attendu depuis sa remise au président tchadien Idriss Deby Itno le 5 août et après de nombreuses tergiversations au moment de la création de la commission en mars et avril, le rapport -200 pages- ne fait pas "toute la lumière" sur la disparition du porte-parole de la Coordination des Partis pour la défense de la démocratie (CPDC), "regrettent" l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Union européenne (UE). Selon le rapport, "aucune information ou élément de preuve n'ont pu être obtenus sur le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, le seul des opposants politiques enlevés le 3 février à ne pas avoir réapparu. Les gens pensent qu'il serait désormais décédé". C'est la première fois que l'hypothèse de sa mort est évoquée officiellement. Jusqu'à présent, elle n'était avancée qu'en privé par des opposants et observateurs par respect pour la famille. Le rapport attribue l'arrestation d'Ibni à l'armée tchadienne: il a été "arrêté à son domicile à N'Djamena le 3 février 2008 vers 19h30 (18h30 GMT), par huit éléments des force de défense de sécurité (...) circulant dans un pick-up Toyota neuf couleur armée". "Aucune information ou élément de preuve n'ont pu être obtenus sur le lieu ou les lieux de sa détention et les conditions dans lesquelles elle s'est déroulée", conclut le rapport. Les "enquêtes" de la commission ont aussi "révélé des lieux de détentions non officiels où croupissent des détenus qui échappent à tout contrôle judiciaire". La famille de M. Ibni, l'opposition et la communauté internationale se sont montré critiques de la commission malgré les 1.500 personnes interrogées. Mohamed Saleh, son fils, a estimé que le rapport était "une parodie pour amuser la galerie". "Le commanditaire de la mort de mon père c'est Deby. Beaucoup de gens sont impliqués et il veut mettre ça sur le dos de militaires tchadiens dont il veut se débarrasser", a-t-il déclaré, réclamant que "Deby réponde de ses actes devant la justice". "C'est la Garde républicaine qui a arrêté mon père sur ordre de Deby. Mon père a été emmené au palais présidentiel. Il y a été torturé et il a été tué. Ils (les autorités) savent où est le corps. On veut la dépouille de notre père", a-t-il conclu. M. Ibni avait été arrêté dans des conditions similaires à celles de deux autres figures de l'opposition, l'ancien président Lol Mahamat Choua et le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar. Ceux-ci ont recouvré la liberté quelques semaines plus tard dans des conditions controversées. Le député et figure de l'opposition Saleh Kebzabo, porte-parole adjoint de la CPDC, assure que "la Commission n'a pas mené les investigations nécessaires pour une conclusion sérieuse". Salibou Garba, rapporteur de la CPDC, "craint que le pouvoir n'ait trouvé, à travers cette commission, le moyen d'endormir la famille d'Ibni, ses amis politiques, M. Sarkozy, l'UE, l'Union africaine, l'OIF, bref toute la communauté internationale. Pour mieux rouler tout le monde dans la farine". L'OIF et l'UE soulignent que "la manifestation de la vérité" n'a pu être établie et "appellent les autorités tchadiennes à engager de nouveaux efforts". Lors de l'attaque, la rébellion tchadienne, venue du Soudan, a été à deux doigts de renverser Idriss Deby, acculé dans son palais présidentiel. Selon le rapport, près de 1.000 personnes sont mortes et 1.800 blessées sur "l'ensemble du territoire" du 28 janvier au 8 février. Le rapport fait également état de 380 personnes détenues au cours de ces événements et d'une trentaine de viols. AFPvia Jai Vendredi 5 Septembre 2008 - 10:33
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