Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Le voyage d'une vie

Pendant toutes ces années, il avait idéalisé son père. Voilà que les récits du Kenya venaient remplacer cette image. Il ne savait plus quoi penser.


Père absent
Père absent
Quand l'avion de Barack Obama se posa sur le tarmac de l'aéroport de Nairobi, en 1987, le jeune homme n'avait qu'une vague idée de ses origines, et de «ce petit morceau de terre au-delà de l'océan». Sa quête identitaire l'avait mené jusqu'au Kenya, sur les traces de son père absent. Pour se trouver lui-même. Et pour trouver sa place dans une Amérique encore déchirée par les divisions raciales.


Barack Obama habitait un petit appartement rarement chauffé de Manhattan. Par un matin de novembre, en 1982, il reçut un coup de téléphone. La ligne était mauvaise. C'était sa tante Jane, de Nairobi. «Ton père est mort, lui dit-elle. Il s'est tué dans un accident de voiture.»

La communication s'interrompit. Barack Obama s'assit sur le canapé, «les yeux fixés sur les fissures du plâtre, tentant de mesurer l'ampleur de (sa) perte», relate-t-il dans ses mémoires, Les rêves de mon père.

Il ne pleura pas. Son père était un inconnu pour lui. Il ne l'avait vu qu'une seule fois, à 10 ans, lors d'une visite pour Noël.

Cinq ans plus tard, le jeune homme entreprit le voyage d'une vie au Kenya, pour élucider le mystère de son père. Et pour se trouver lui-même.

Il savait que Barack Obama père avait séduit sa mère à l'Université d'Hawaii, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Que son grand-père, Hussein Onyango, s'était opposé au mariage, refusant que le sang des Obama soit souillé par celui d'une femme blanche.

Son père n'en avait pas tenu compte, et s'était marié avant de les abandonner, sa mère et lui, alors qu'il avait à peine 2 ans, pour poursuivre des études en économie à Harvard.

Barack Obama savait aussi que son père était retourné dans son pays pour aider à réinventer le Kenya postcolonial.

Ce qu'il ne savait pas, c'est que son père avait laissé une femme enceinte et un enfant au Kenya avant d'arriver à Hawaii. Et qu'à la fin de ses études, il était rentré en Afrique en compagnie d'une autre Américaine, rencontrée à Harvard...

L'avion se posa sur le tarmac de l'aéroport de Nairobi.

Barack Obama n'était pas au bout de ses surprises.

Au fond de l'abîme

À Nairobi, les (nombreux) enfants de Barack Obama père l'appellent le «Vieil Homme». Quand il rentra d'Amérique, tout allait bien pour lui. Il était l'homme en vue du gouvernement. Il avait des contacts partout, une grande maison, une grosse voiture. Et une femme américaine, Ruth, qui lui donna deux fils.

Les choses se gâtèrent autour de 1966, quand les dissensions commencèrent à s'intensifier au Kenya. La principale tribu du pays, les Kikuyus, obtinrent les meilleurs postes au gouvernement, laissant des miettes aux Luos, la tribu des Obama. Au lieu de se taire comme ses collègues, le Vieil Homme s'élevait comme le «tribalisme qui allait ruiner le pays».

Il fut limogé, son nom placé sur une liste noire. Le président Jomo Kenyatta lui jura qu'il ne retravaillerait jamais. Ses amis cessèrent de lui rendre visite, jugeant dangereux d'être vus en sa compagnie. Il sombra dans l'alcool et la misère. Il rentrait à la maison très tard, soûl, criant à sa femme de lui faire à souper. Elle le quitta.

Le Vieil Homme n'avait plus de quoi vivre. Il se retrouva dans un taudis, forcé de quémander à sa famille pour se nourrir. Terriblement humilié.

Au cours de son séjour au Kenya, Barack Obama reçut une invitation de Ruth. Elle s'était remariée avec un Tanzanien et habitait un quartier chic de Nairobi, dans une résidence bordée de vastes pelouses, avec des vigiles gardant chacune des entrées.

«Obama était complètement fou», lui lança Ruth peu après lui avoir serré la main. Elle était restée très amère. Lorsqu'ils étaient encore mariés, le Vieil Homme visitait régulièrement son village pour voir sa première femme, Kezia, à qui il fit deux autres enfants.

Ruth avait changé le nom de famille de ses deux fils, et s'étonnait que la mère de Barack n'ait pas fait la même chose.

Elle n'a pas réussi à se remettre du Vieil Homme, observa Barack Obama en quittant la luxueuse résidence. «Non, Barack, sans doute que non, lui répondit sa soeur Auma. Exactement comme nous tous.»

Désillusion

Barack Obama était sous le choc. Pendant toutes ces années, il avait idéalisé son père, «l'homme noir, le fils de l'Afrique». Voilà que les récits du Kenya venaient remplacer cette image par... quoi? «Un ivrogne plein d'amertume? Un mari violent? Un bureaucrate vaincu, solitaire?»

Il ne savait plus quoi penser.

Vers la fin de sa vie, la situation du Vieil Homme s'améliora. Quand le président Kenyatta mourut, il décrocha un poste au ministère des Finances. Mais bien vite, il se tua en automobile, laissant derrière lui un lopin de terre sans valeur et une petite pension du gouvernement. Cinq ans après sa mort, sa famille s'entredéchirait toujours pour empocher ce maigre héritage.

«Le montant de cet héritage a sans doute déjà été dépensé en frais d'avocats, lui expliqua sa soeur Auma. Mais tu comprends, tout le monde attendait tellement du Vieil Homme. Il leur a fait croire qu'il avait tout, même quand il n'avait rien. Donc maintenant, au lieu de continuer à vivre normalement, ils attendent et se disputent en s'imaginant que le Vieil Homme va les sauver du fond de sa tombe.»

La terre ancestrale

Le voyage jusqu'à la terre ancestrale fut pénible; surtout le dernier segment de route, quand Barack Obama et quelques membres de sa famille durent s'entasser à bord d'un autobus sans sièges. Enfin, ils arrivèrent à Kogelo, village situé près du lac Victoria, très loin de Nairobi. Et à des années-lumière de Washington.

Au bout d'un chemin de terre, la ferme familiale était modeste. «Les petites fenêtres laissaient filtrer peu de lumière, et la maison était meublée de façon spartiate: quelques chaises de bois, une table de salon, un canapé élimé.»

C'est «grand-maman» Sarah, la troisième épouse du grand-père de Barack Obama, qui lui raconta l'histoire de sa famille.

Elle lui raconta son grand-père, Hussein Onyango, un homme autoritaire que ses propres petits-enfants appelaient «la Terreur». Éleveur de chèvres à Kogelo, il avait aussi été cuisinier chez les Blancs à Nairobi.

Il en avait rapporté des habitudes bizarres, obligeant les gens à enlever leurs chaussures avant d'entrer dans sa hutte immaculée, servant les repas dans de la vaisselle en porcelaine, comme un Anglais, avec couteau et fourchette.

«Son problème, c'est qu'aucune épouse ne serait capable d'entretenir son ménage comme il le voulait», lui raconta Sarah. «Il paya sa dot à plusieurs jeunes filles, mais soit elles étaient trop paresseuses, soit elles cassaient un plat, et ton grand-père les battaient sévèrement. C'était normal chez les Luos que les hommes battent leurs femmes quand elles agissaient mal, mais, même chez les Luos, le comportement d'Onyango était considéré comme dur, et finalement les femmes qu'il prenait pour lui s'enfuyaient et retournaient chez leur père.»

La baraka

Akumu, la grand-mère biologique de Barack Obama, avait été promise à un autre. Mais Onyango convainquit son père de la lui donner en échange de 15 têtes de bétail. Le lendemain, des hommes enlevèrent la jeune femme pendant qu'elle se promenait en forêt et l'entraînèrent jusqu'à la hutte d'Onyango.

Mais Akumu avait l'esprit rebelle. À deux reprises, elle tenta de fuir. Chaque fois, ses parents se rangeaient du côté de la Terreur. Elle n'avait d'autre possibilité que de retourner chez lui. La troisième fois fut la bonne. Akumu profita de la nuit pour s'échapper avec son bébé, laissant deux jeunes enfants derrière elle. Cette fois, ses parents refusèrent de la rendre à Onyango, ayant accepté la dot d'un autre prétendant.

Le petit Barack fut donc élevé par la troisième femme d'Onyango, Sarah, qu'il considérait comme sa propre mère. Il garda les chèvres de son père, et se révéla très doué à l'école construite par l'administration coloniale britannique. Il obtint une bourse pour aller étudier à Nairobi.

Par hasard, il rencontrera deux professeures américaines établies dans la capitale kényane. Elles l'incitèrent à s'inscrire à une université aux États-Unis. Il rejoignit ainsi «la première grande vague d'Africains envoyés à l'étranger pour y apprendre la technologie occidentale et la rapporter dans leur pays afin de forger une nouvelle Afrique moderne».

Mais la baraka l'abandonna à son retour au Kenya. Il mourut sans s'être jamais remis de son humiliation.

Avant de quitter la terre ancestrale de Kogelo, Barack Obama s'effondra entre les tombes de son père et de son grand-père. Et, pour la première fois, il pleura.


Cyberpresse
Mardi 20 Janvier 2009 - 19:27
INFOS AVOMM
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1.Posté par bala le 20/01/2009 17:35
Quelle belle et tragique histoire.

2.Posté par Moussa le 20/01/2009 19:04
Ns ne pouvons que féliciter sa maman. Oui Bala belle histoire, aujourd'hui bravo au fils nommé Barak Obama, fils digne et métissé.

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