Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Les vers incassables Souleymane Jules Diop

« Les crimes des sujets sont punis
par des supplices et on les y condamne ;
les Princes ne peuvent être punis que
par les remords et on les en soulage »
MONTESQUIEU


Les vers incassables Souleymane Jules Diop
Je n’ai le dessein, ni de répondre aux clameurs des méchants, ni aux outrages des ingrats. Je n’ai pas non plus l’intention de servir d’aliment à ceux qui réclament ma dépouille, comme si ma mise à mort avait déjà été prononcée. Avant-même que le juge canadien me trouve coupable, ils m’ont déjà partout coupé. Le ministère de la Communication et la télévision nationale ont déjà applaudi à l’annonce de mes funérailles. Ils sont contents d’informer leurs douillets citoyens que le dernier résistant, le ché-guévarré qui s’était replié dans le froid canadien pour appeler à la révolte populaire est mort avec ses blessures immondes et ses pieds nickelés.

Je sais que quelque part, Karim Wade est déçu de n’avoir pu leur apporter, en plus de mon certificat de décès qu’ils lisent en boucle, un certificat de « propreté » décerné par le juge montréalais. Il fallait le voir avec sa bande d’étrangers - dont le plus exotique est sans doute le journaliste béninois Francis Kpatinde- prêts à déceler dans ses pupilles la moindre volonté pour se mettre au garde-à-vous. Il y avait même un studio de télévision payé pour immortaliser ce moment historique qui, d’un homme « Sali » et « déshonoré », voudrait en faire un homme honoré et un saint. Je trouve que c’est trop d’honneur qu’on me fait. Je n’espérais pas autant d’égard de la part de mes ennemis jurés. Surtout pas de partager le « gité » de 20 heures avec le très honoré Abdoulaye Wade.

Pour moi, le procès en diffamation qui m’a opposé à Karim Meissa Wade aura au mieux, dans la petite histoire de ma République que je chéris tant, un caractère anecdotique. C’est pourquoi je n’ai pas l’intention de verser dans le verbiage inutile. Mes actions et mes démarches futures témoigneront de mon engagement et de ma détermination. Si je dois mourir, ma dépouille sera livrée au Tribunal de l’histoire. Ce sera à lui tout seul de juger de la pertinence de mon combat et de la justesse de mon action. J’ai engagé un combat pour la République et depuis plusieurs années maintenant, je fais seul face à toute une machine étatique et à ses démembrements. Je n’ai eu qu’un seul moyen, l’écrit, face à des gens qui disposent de tous les moyens pour me combattre. Y avait-il des raisons de le faire ? Oui, assurément. Y a-t-il encore des raisons de le faire ? Oui, et quel qu’en soit le prix.

Un confrère averti a rappelé très brièvement les circonstances dans lesquelles des représailles ont été engagées contre ma personne. J’avais pris le parti de dire à Abdoulaye Wade, de vive voix, que la machine de l’alternance déraillait, que jamais nous n’accepterions sa décision de faire de son fils son successeur désigné. C’était il y a six ans. Karim Wade, avec son arrogance habituelle, a lui-même déclaré au tribunal qu’il représente son père auprès de nombreux chefs d’Etat ; que certains Etats mettent à sa disposition, à l’occasion, des jets privés ; que dans son propre pays, au Sénégal, quand le président de la République est trop chargé, il s’occupe de recevoir les responsables et les militants de son parti. C’est justement là une bonne raison de le combattre. Le fait qu’il profite des privilèges de rang et de l’argent du contribuable dans des proportions jamais connues jusqu’ici ne se prouve pas devant un tribunal. C’est une évidence, et une évidence ne se prouve pas. Elle se constate. La confrontation de lundi a malheureusement pris des allures cocasses, quand on m’a demandé si j’ai des actes notariés qui prouvent que le palais de la République a financé des journaux comme Il est Midi, Xibaar ou Sopi ; quand on m’a demandé d’apporter la preuve que Karim Meissa Wade a bien menacé et intimidé Jacqueline Fatima Bocoum au restaurant Ozio.

J’ai eu des moments de grande frustration durant la préparation de ce procès. Je me suis entendu dire à plusieurs reprises qu’un article de presse, une photocopie n’étaient pas des preuves aux yeux du tribunal. Certaines pièces fournies par les avocats de Karim Wade m’ont été transmises par mon avocat le dimanche après-midi, veille du procès. Je pense que le minimum de bon sens commandait qu’elles soient exclues pour communication tardive. Je l’ai notifié au juge. Mais ce n’était pas au juge d’en décider, c’était à mon avocat de le faire. J’ai travaillé pendant plusieurs jours pour présenter à mon avocat une dizaine de pages de questions à poser à Karim Wade. Comme je lui ai présenté des pages de questions à me poser. Il a décidé de les écarter à la dernière minute sans m’en aviser. L’interrogatoire de Karim Wade n’a duré que quelques minutes durant lesquelles il a eu la partie trop facile. Il a déclaré, durant son interrogatoire, que ses deux filles avaient souffert de mes attaques à leur école. Or, ses deux filles avaient trois ans et un an ! La moindre des choses à faire était de lui demander comment cela se faisait. J’ai été en colère quand j’ai entendu mon avocat dire en conclusion de sa plaidoirie que j’ai déclaré devant la Cour que j’éprouve de l’admiration pour Karim Wade. M. Wade devait en être lui-même ébahi, puisque jamais, durant les deux jours de procès ou ailleurs, je n’ai dit une telle chose.

Malgré tout, il serait injuste d’accabler ce jeune avocat. Il ne peut être en aucune façon responsable de l’issue de procès. Aucun autre avocat n’aurait survécu à cette confrontation inégale.
J’avais le choix entre perdre un procès et perdre mon honneur. J’ai dès le début choisi mon honneur. Ils m’ont menacé de saisir un juge pour m’obliger à divulguer mes sources. Malgré les risques de sanctions pénales que j’encourais, j’ai refusé. Je n’ai accepté, en aucune façon, de rompre l’engagement moral qui me lie à des personnes qui prennent des risques inouïs pour m’informer au nom de la République. Pour ce qui concerne l’accusation de trafic de devises, tous les Sénégalais ont vu avec quel empressement Idrissa Seck s’est engouffré dans les grilles du palais de la République le jour même où je faisais face à Karim Wade. Contre la non-divulgation de mes sources d’information, le fils du président de la République a présenté un certificat délivré par la douane française. A partir de ce moment, n’importe quel témoignage devenait, de fait, diffamatoire. La Lettre du continent a expliqué dans quelles circonstances Abdoulaye Wade est intervenu auprès de l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, le 24 septembre 2005, pour obtenir un certificat qui a été délivré à son fils trois jours après. Le journal n’a jamais été démenti.

J’ai, par devoir moral, refusé toute forme d’excuse qui mettrait fin à cette procédure, alors que j’en connaissais l’issue certaine. Je l’ai accepté à la demande de Sindiely Wade, pour des raisons que j’ai déjà données. Les propos que j’ai tenus à son sujet ne concernaient que sa vie privée et n’avaient rien à voir avec notre indignation face aux agissements de son frère aîné. Je ne voulais en aucune façon engager un débat public sur sa façon de vivre sa vie en privé. Elle s’est engagée à renoncer à sa plainte. C’est pourquoi je trouve un peu injuste l’exploitation tendancieuse qui est faite du déroulement de ce procès. Quelques confrères ont pris le soin de m’aviser, après avoir été abreuvés de récits grotesques par la kariminelle. La tourbe qui va mendier au pied de Karim Wade s’est épargné cette douloureuse corvée.

Mais il y a des raisons d’espérer pour l’avenir, chers lecteurs. La première, je l’ai soulignée devant le juge. Je suis très chanceux d’être jugé devant une juridiction canadienne. Si j’étais au Sénégal, on se serait sans doute passé de me juger. J’ai dit au juge que quoi qu’il advienne, le vrai procès se déroulera devant un peuple sénégalais libre et une justice libérée. La troisième raison est liée à la deuxième. C’est que nous savons tous quelle sera la ligne de défense de Karim Meissa Wade pour demain. A chaque question, la réponse était comme apprise par cœur : le Sénégal est un pays organisé comme le Canada. Il a un ministre des Finances, c’est lui le responsable.

Mais le jugement de l’histoire est imprescriptible. Il se fera un jour. C’est ce qui me donne une maigre consolation après les galipettes compulsives de ce début de semaine. Je veux assurer tous ceux qui ont failli succomber aux salves de canon de la propagande présidentielle que je suis vivant et debout, déterminé à me remettre au combat. Le 20 janvier prochain, Karim Wade sera investi au Point-E pour devenir par la suite Maire de Dakar, première étape vers sa sacralisation. Il trouvera sur son chemin une résistance à la hauteur de ses ambitions démesurées.
SJD


Auteur: Souleymane Jules Diop
seneweb
Lundi 19 Janvier 2009 - 12:52
INFOS AVOMM
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