Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Soweto Blues

Miriam Makeba, qui avait pardonné sans jamais rien oublier, est morte loin de chez elle, juste après un concert de soutien à Roberto Saviano, l’auteur de "Gomorra", dénonciation de la culture de mort de la Camorra napolitaine, et, à travers elle, de toutes les mafias du monde. Celle qui avait combattu jusqu’au bout le régime d’apartheid rêvait toujours d’un monde meilleur, débarrassé de tout ce qui, partout sur la planète, dégrade, humilie et détruit des hommes.


Soweto Blues
Aujourd’hui, l’Afrique pleure celle qui aura été le symbole de la lutte anti-apartheid et porté les espoirs de tout un continent. Retour sur une vie exceptionnelle

TRENTE ANS d’exil et de luttes, trente ans de triomphes artistiques et de désastres intimes…

Dans un beau documentaire, Miriam Makeba racontait la douleur de ces années-là, la nostalgie du pays natal: "J’ai toujours voulu rentrer à la maison, mais je ne le pouvais pas. Quand le président Mandela a été libéré, toutes les télévisions du monde étaient massées devant la prison. Moi, j’étais à Bruxelles, et comme tout le monde, je regardais la télévision, et quand je l’ai vu sortir, je ne peux pas dire ce que j’ai ressenti… j’ai pleuré et j’ai prié. Plus tard, nous avons parlé au téléphone, et il m’a dit : ’’Tu devrais rentrer à la maison’’. Je suis donc allée à l’ambassade d’Afrique du Sud, et ils m’ont dit : ’’Votre nom est toujours dans l’ordinateur." [Miriam Makeba s’était vu retirer son passeport dès son départ en exil, en 196O. NDLR]. ’’Alors, ai-je répondu, demandez pourquoi à l’ordinateur, et dites lui que je veux rentrer. Le président Mandela a dit que nous devrions tous rentrer. " En 1991, Miriam Makeba rentre définitivement dans son pays en 1991. Et retrouve Nelson Mandela, qui lui confie ces mots, qui en disent long sur la hauteur morale et l’intelligence politique de cet homme: " ’’Miriam, il se peut que nous ne puissions jamais oublier, mais nous devons pardonner’’ (en anglais, c’est encore plus beau : ’’ We may never forget, but we must forgive’’) Et il a ajouté :’’Vous ne pouvez pas vous asseoir avec votre adversaire pour négocier de bonne foi si vous n’avez pas d’abord pardonné’".

Miriam Makeba, qui avait pardonné sans jamais rien oublier, est morte loin de chez elle, juste après un concert de soutien à Roberto Saviano, l’auteur de "Gomorra", dénonciation de la culture de mort de la Camorra napolitaine, et, à travers elle, de toutes les mafias du monde. Celle qui avait combattu jusqu’au bout le régime d’apartheid rêvait toujours d’un monde meilleur, débarrassé de tout ce qui, partout sur la planète, dégrade, humilie et détruit des hommes.

Ce n’est pas simplement une des plus grandes chanteuses d’Afrique du Sud qui vient de disparaître : c’est une mère que vient de perdre toute l’Afrique où, du Sénégal au Mozambique, d’Addis-Abeba à Luanda, on ne la connaissait plus que sous ce surnom, qui dit tout : Mama Africa. Née le 4 mars 1932 à Johannesburg, Miriam Makeba était la fille d’un Xhosa, qui mourut quand elle avait six ans, et d’une mère Swazi, qui aura été pour elle un point d’ancrage essentiel, son lien le plus profond avec la culture traditionnelle de son peuple. En effet, sa mère était une sangoma, autrement dit une guérisseuse, qui pratiquait aussi la divination, interprétant pour ceux qui venaient la consulter la volonté des ancêtres. En effet, pour les Swazis, comme pour les Zulu, Xhosa ou Ndebele, le respect des ancêtres est un devoir impérieux, sous peine de " représailles " de leur part – qui se traduisent en maladies physiques ou mentales. D’ailleurs, ce respect se lit dans le nom même de chaque personne, qui recèle toute sa généalogie. Ainsi le patronyme complet de Miriam Makeba était-il -prenez votre respiration- Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama Yiketheli Nxgowa Bantana Balomzi Xa Ufun Ubajabulisa Ubaphekeli Mbiza Yotshwala Sithi Xa Saku Qgiba Ukutja Sithathe Izitsha Sizi Khabe Singama Lawu Singama Qgwashu Singama Nqamla Nqgithi ! D’ailleurs, Miriam Makeba, qui ne s’était jamais remise de n’avoir pu revenir en Afrique du Sud au moment de la mort de sa mère (elle était déjà en exil) enregistrera en 1988 à sa mémoire, " Sangoma ", un des plus beaux disques de sa carrière. Les mélodies, les chants, les rythmes que la petite Miriam entendit auprès de sa mère marqueront profondément son art, même si celui-ci se nourrira évidemment d’autres influences, notamment du jazz.

En effet, quand Miriam Makeba commence à chanter dans les clubs de Johannesburg au début des années 50, le jazz américain est depuis la fin de la 2e guerre mondiale la musique en vogue auprès des jeunes Noirs qui arrivent alors en masse dans les grands centres urbains. Devenir un hipster (un type à la coule) est une manière pour eux de transcender les frontières tribales, d’accéder à la modernité en effaçant les traditions rurales, parfois pesantes, de leurs parents. Font alors leur apparition dans certains quartiers des grandes villes, comme celui de Sophiatown à Johannesburg (qui sera plus tard rasé par les bulldozers) des enclaves "bohêmes", où jeunes Noirs, Blancs et Métis peuvent encore se retrouver, partager leur passions, les lois de l’apartheid, édictées en 1948, n’ayant pas encore complètement refermé leur étau sur la société sud-africaine. Tout un monde bouillonnant de vie, frondeur, bien décidé à ne pas respecter les lois de l’apartheid, dont le légendaire magazine " Drum ", à l’équipe est volontairement multiraciale, se fait l’écho, numéro après numéro.

Ainsi, Miriam Makeba, disciple avouée de Dorothy Rathebe, la première grand chanteuse de jazz sud-africaine, fait-t-elle en 1954 ses vrais débuts professionnels avec les Manhattan Brothers, version locale des Mills Brothers américains, qui mélangent avec un formidable talent chants traditionnels et harmonies doo-wop. Quand elle quitte le groupe, c’est pour fonder le sien, les Skylarks, entièrement féminin, avec lequel elle parcourt le pays. Et en 1959, c’est la gloire : elle devient la vedette féminine de " King Kong ", une comédie musicale qualifiée de " jazz opera ", qui triomphera bientôt à Londres et aux Etats-Unis. Dans l’orchestre, constitué d’excellents jazzmen sud-africains, il y a le trompettiste Hugh Masekela, qui deviendra bientôt son premier mari. La même année, elle apparaît dans " Come back, Africa ", un documentaire anti-apartheid qui est projeté au festival de Venise en sa présence. Apparemment, tout va bien ...

Sauf que, face à la résistance massive de la population noire aux lois de l’apartheid, le régime de Prétoria durcit la répression. Le 21 mars 1960, c’est le drame : à Sharpeville, une petite ville du Transvaal, la police tire sur une manifestation de protestation contre l'obligation pour les Noirs de toujours avoir sur eux leur pass (passeport intérieur). Le bilan est lourd : 79 morts et 178 blessés, parmi lesquels un nombre très impressionnant de blessures par balles dans le dos… Ce jour-là, Miriam Makeba et Hugh Masekela décident de fuir le pays et gagnent Londres, où ils rencontrent Harry Belafonte. Cette grande figure du Mouvement pour les droits civiques non seulement facilitera leur entrée aux Etats-Unis mais les aidera à trouver les contacts pour lancer leurs carrières américaines. En quelques années, grâce à un tube phénoménal, le fameux " Pata, Pata ", Miram Makeba devient une star mondiale, et la voix de la résistance en exil. En 1963, elle monte à la tribune des Nations Unies pour un discours anti-apartheid qui lui vaudra d’être déchue de sa nationalité sud-africaine…puis de se voir attribuer un passeport par neuf pays, tandis que dix autres la nommeront citoyenne honoraire !

Mais, sur un plan plus personnel, son mariage avec Hugh Masekela bat de l’aile. Après leur divorce, Miriam Makeba épouse en 1968 Stokely Carmichael, un des leaders du mouvement du Black Power. Du coup, les Etats-Unis se font nettement mois accueillants : brutalement, elle voit ses contrats discographiques résiliés et ses concerts annulés. Craignant pour la vie de Carmichael, le couple part en exil en Guinée, où il sera chaleureusement accueilli par le président Ahmed Sékou Touré, dictateur implacable mais grand amateur de musique. Ce deuxième mariage ne durera pas très longtemps non plus. En 1973, le couple se sépare, et Miriam Makeba se lance dans d’incessantes tournées, surtout en Afrique, et pourtant sa situation financière devient critique. Au point qu’en 1985, quand sa fille Bongi meurt, elle devra l’enterrer elle-même, incapable de pourvoir payer des obsèques. Elle quitte alors la Guinée pour Bruxelles en 1987, et sa carrière sera alors relancée par Paul Simon, qui l’invite a rejoindre le " Graceland Tour ", qui suit la sortie du fameux album que le chanteur américain a enregistré quelques mois plus tôt avec le gratin des musiciens d’Afrique du Sud, popularisant comme jamais dans le monde entier les rythmes du mbaqanga, la musique des townships. Un jour, après son retour au pays, Miriam Makeba est remontée sur scène avec Hugh Masekela lors d’un festival, pour interpréter un " Soweto Blues " inoubliable. La boucle était bouclée. Ce soir, dans les rues de Soweto, on aura aussi le blues : Mama Africa ne chantera plus jamais.

Bernard Loupias
(le lundi 10 novembre 2008)


________________
Source: nouvelobs
(M) avomm
Lundi 10 Novembre 2008 - 17:46
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