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Hausse des prix et cherté de la vie : L’opposition saute sur l’occasion. AVOMM-INFOS
Au cours de la dernière journée de la session parlementaire, le premier ministre qui présentait le programme de son gouvernement a eu mailles à partir avec les députés de l’opposition qui ont tiré à boulets rouges contre son gouvernement dont le bilan a été jugé globalement négatif.
Dans son intervention, la député RFD Nana mint Cheikhna a déploré le fait que le premier ministre n’ait pas mentionné dans son long discours la moindre allusion à la hausse des prix qui de son point de vue est une question centrale en ce sens qu’elle constitue la préoccupation majeure de la plupart des ménages confrontés à une érosion inquiétante de leur pouvoir d’achat. Avec cette intervention, le ton était donné et les autres députés n’ont pas hésité à enfoncer le clou poussant ainsi le chef du gouvernement à perdre son sang froid. Le panier de la ménagère de plus en plus léger. En effet, ce fut tout à fait curieux que les prix ne soient pas évoquée par le premier ministre quant on sait qu’il s’agit là de l’une des principales préoccupations des populations en ces temps qui courent. Ainsi, mis à part le carburant qui a augmenté près d’une dizaine de fois au cours de l’année écoulée(un record), il ya tous les autres produits de première nécessité qui ont vu leurs prix flamber sans que l’état ne lève le plus petit doigt pour soulager les pauvres consommateurs. Gênée par tous les regards qui se sont tournés vers elle avec un doigt accusateur, la Fédération du Commerce s’est empressée de brandir des slogans peu convaincants du genre : « Nos marchés regorgent de marchandises et il n’y a pas de pénurie en vue ». Malheureusement là n’est pas la question et nos puissants commerçants qui ont tenu jeudi dernier un point de presse sont totalement hors sujet. Ainsi donc, au cours de cette conférence de presse, leur président, Mohamed Abdallahi Ould Amar a rejeté toute responsabilité dans cette hausse des prix. Il a affirmé que le nombre de commerçants qui importent les produits de base s’est réduit comme une peau de chagrin durant les dernières années et cela explique-t-il à cause de la faiblesse des bénéfices tirées de cette activité. Il s’est donc étonné « de la campagne menée contre cette poignée de commerçants qui continuent ainsi à approvisionner le marché local. Ils sont accusés de faire de la spéculation et d’entretenir la hausse des prix. » De son côté, M. Sidi Mohamed Ould Ghada, président du Conseil Supérieur de la Fédération du Commerce de Mauritanie a défendu les prix des produits de base estimant qu’ils sont moins chers que dans les pays voisins. M .Ghada qui est l’un des plus grands importateurs du pays s’est étonné à ce qu’on en arrive là avec « des attaques acerbes dans la presse et les institutions publiques. »Pour lui : « les prix des produits de base en Mauritanie sont très favorables et même bas comparativement à ceux pratiqués sur les marchés mondiaux. » M. Ghada a rappelé que ces commerçants assurent depuis des décennies et de la meilleure manière possible l’approvisionnement régulier des marchés du pays et ce note-t-il avec une faible marge bénéficiaire. Et selon lui, il arrive même que les prix connaissent une hausse au niveau mondial et restent inchangés chez nous. Quoiqu’il en soit, ces arguments sont balayés d’un revers de la main par les populations et les députés de l’opposition qui n’avaient eu de cesse au cours de la session parlementaire qui vient d’être close d’interpeller les membres du gouvernement sur cette question cruciale. Le chef de file de l’opposition avait expliqué cette hausse des prix par « le monopole et l’absence d’Etat ». Au cours d’une conférence de presse organisée Samedi par des groupes parlementaires de l’opposition, le député Ould Bedredine était revenu à la charge expliquant que près de 80% des produits de base importés sont assurés par 4 commerçants seulement. Dans une précédente sortie vendredi dernier à l’Assemblée devant le premier ministre, Ould Bedredine s’en est violemment pris à la politique de l’Etat en la matière invitant les autorités à réagir et à tirer la leçon des événements sociaux qui secouent actuellement l’Algérie et la Tunisie. L’opposition a par ailleurs pris l’initiative de hausser le ton en décidant d’organiser jeudi prochain une marche pour protester contre cette hausse des prix. Cette marche sera placée sous le slogan : « Halte à la faim ! Halte à la gabegie ». Elle s’ébranlera du Carrefour BMD et se terminera sur la place de la mosquée « Ibn Abas » où elle sera clôturée par un meeting populaire. Il s’agit là dit-on du début d’une pression politique sur le pouvoir qui est en tout cas appelé à réagir pour contenir un mécontentement populaire qui s’accentue de jour en jour du fait de la cherté de la vie. Bakari Guèye Ecrire une réponse
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