Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

Le bureau exécutif de l'AVOMM

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AVOMM

Élection présidentielle du 18 juillet 2009 / Par BOYE Alassane Harouna

'(....)Le président Mohamed ould Abdel Aziz aura-t-il la volonté politique de prendre cette voie ?
L’ami, le lui souhaite. Comme le lui aurait souhaité, c’est ma conviction, cet ami, absent de ce monde, que nous avions eu en commun, et auprès de qui il a su faire montre, dans des moments douloureux, d’une véritable démonstration d’humanité et d’amitié…


Élection présidentielle du 18 juillet 2009 / Par BOYE Alassane Harouna
I. Le pourquoi

Il fut « le premier civil porté au pouvoir au terme d’élections pluralistes honnêtes. » C’est le président Cheikh Ould Sidi Abdallah lui-même qui se définit ainsi, lors de son discours historique du 26 juin 2009 au cours duquel, conformément à l’accord de Dakar, il annonce sa démission.
Et il a raison. Les élections qui l’ont porté au pouvoir en 2007 furent transparentes et régulières. C’est l’avis même et des observateurs chargés de les superviser et des acteurs de la scène politique, y compris ses concurrents. Il lui revenait d’assumer les charges de la plus haute fonction de l’Etat. Élu pour un mandat de cinq ans, il ne l’aura exercé que pendant 15 mois. Un coup d’Etat, un de trop, celui du 6 août 2008, est venu donner un brutal coup d’arrêt à ce que l’ancien président a nommé « un printemps de liberté ». Et il a encore raison. N’en déplaise à ses détracteurs d’aujourd’hui, dont certains furent sans doute, hier, ouvertement ou dans la discrétion des allées du Pouvoir, ses laudateurs.

Printemps de liberté ? Oui, ayons l’honnêteté de le lui reconnaître, quels que soient les griefs, erreurs et imperfections qu’on peut relever dans sa conduite des affaires du pays durant cette période si courte. Quelques illustrations.

Libertés individuelles : « aucun citoyen n’a été inquiété suite à l’expression de son opinion ou de son choix politique ; » dit-il. Aucun fait notable ne contredit cette assertion.
Liberté de la presse : « aucune publication n’a été saisie ou censurée ; », « par contre l’accès aux médias publics a été consenti à chacun et il a été définitivement mis fin à l’utilisation de ces médias comme instrument exclusivement affecté à l’encensement du pouvoir en place. ». Qui peut le contester ? Réalisation éminemment capitale, sans précédent, quand on prend en compte la fonction de contre-pouvoir qui est celle de la presse dans un pays démocratique.

Séparation des pouvoirs (Exécutif, législatif et judiciaire) : « […] j’ai personnellement veillé à ce qu’aucune immixtion de ma part ou de la part du pouvoir exécutif ne vienne entraver l’activité du pouvoir législatif ou du pouvoir judiciaire. » Si tel n’était pas le cas, on imagine mal que les parlementaires contestataires ou rebelles aient pu exprimer de la manière que l’on sait leur contestation au début de la crise institutionnelle qui débouchera sur le putsch du 6 août 2008. Là où on fait peu de cas de la séparation des pouvoirs, le parlement est au garde-à-vous ; concevoir une opinion dissidente ne viendrait à l’esprit d’aucun parlementaire, à fortiori s’organiser en groupe pour l’exprimer, et s’évertuer à lui trouver des relais en dehors du parlement pour la faire aboutir.

L’ « Opposition démocratique » : elle est reconnue en tant que telle. Elle peut jouer son rôle et se faire entendre dans le cadre d’une institution de concertation. L’ouverture et les échanges s’étendent aux organisations humanitaires et à l’opposition extérieure. Une partie de l’opposition dite démocratique se voit attribuer des responsabilités gouvernementales, participant ainsi à la gestion des affaires du pays.

Des avancées significatives en matière de démocratisation de la vie du pays ont vu le jour, des mesures inédites ont été prises relativement à l’esclavage, aux déportés. Et des actions ont été engagées pour redresser l’économie et améliorer le niveau de vie des populations.

Toutes ces réalisations, toutes ces mesures et bien d’autres, le président SIDIOCA les a exposées dans son discours du 26 juin 2009. (Discours historique, autant par son contenu que par le contexte de sa production…, sur lequel nous reviendrons dans une prochaine publication.)
Elles introduisaient indéniablement une rupture radicale par rapport au mode de gestion et de gouvernance instauré depuis des décennies dans le pays. Elles ouvraient la voie à l’élargissement et à la consolidation des acquis démocratiques. L’ouverture en direction des forces de l’opposition, pour associer celles de l’intérieur à la gestion du pouvoir politique, pour échanger avec celle de l’extérieur (FLAM), augurait d’un climat politique sain, confiant, apaisé. D’où pouvaient émerger des esquisses de solutions aux problèmes majeurs du pays, qui auraient bénéficié d’une adhésion quasi générale parce qu’ayant découlé d’une démarche politique concertée. Ces réalisations, appréciées à l’aune de ce qui a toujours prévalu dans les domaines où elles furent faites, justifiaient la réprobation et la condamnation du putsch du 6 août 2008. Elles justifiaient aussi la mobilisation et les actions menées dans et en dehors du pays pour le retour à une vie constitutionnelle normale. Parce que celle-ci annonçait une ère nouvelle caractérisée par l’émergence d’un vrai souffle démocratique, d’une nouvelle manière de gouverner, d’une volonté de concertation avec tous les acteurs politiques…
De nouvelles pratiques émergeaient qui ne demandaient, pour avoir valeur de mœurs politiques saines, qu’à être soutenues et perpétuées dans le temps. Pour tout dire, il devenait évident pour quiconque observait, même de loin, l’évolution politique du pays qu’il s’opérait une certaine rupture en termes de gouvernance, de gestion des affaires du pays. Les vols et détournements des biens publics, le pillage organisé des richesses nationales par quelques lobbies, le népotisme, le clientélisme sous toutes ses formes, l’idée, profondément ancrée, que l’État et ses moyens sont une propriété privée du Prince et de ses inévitables courtisans qui en usent et abusent sans avoir à rendre compte à qui que ce soit, bref, ces tares, ces travers et autres bizarreries étatiques spécifiques à la Mauritanie, si on ne pouvait dire qu’ils étaient devenus agonisants, on pouvait affirmer que le processus de leur extinction se mettait progressivement en place.

De même que les reflexes fascistes dans le traitement de certains problèmes, la répression systématique comme réponse automatique à toute contestation, à toute opinion dissidente, ce legs abominable de plusieurs décennies de régimes despotiques, ne pouvaient plus passer comme lettre à la poste.

Cette rupture allait devenir au bout du compte irréversible, une fois atteint le point de non-retour, dont la proximité ou l’éloignement étaient fonction de l’organisation et de la volonté des forces de changement et de progrès, des rapports de force entre celles-ci et les forces réactionnaires et rétrogrades. On en trouve, des acquis politiques qui ne se démolissent pas, même s’ils restent toujours perfectibles. De ceux-ci l’édification d’un Etat de droit, la mise en place d’institutions démocratiques, la création d’instruments de contre-pouvoir, l’habitude de la pratique du jeu démocratique, etc. C’est bien ce que nous montre une observation même superficielle du fonctionnement des vielles démocraties occidentales. Et même chez nous, en Afrique, où la démocratie est encore sans doute balbutiante mais bien lancée dans une poignée de pays, on imagine mal des retours en arrière (coups d’Etat du type de celui du 6 août 2008 en Mauritanie, modification capricieuse ou intempestive de la Constitution à des fins personnelles comme il y en eut au Niger tout récemment, en Algérie, pas longtemps, etc.) qui remettraient en cause les acquis démocratiques : cas du Mali, du Ghana ou du Benin (les intentions prêtées au président A. Wade par certains de ses opposants, et non des moindres, de vouloir préparer son fils à sa propre succession nous empêchent de citer ici le Sénégal).

Conduite jusqu’à son terme, donc, cette rupture allait consacrer la suppression inéluctable des intérêts, des privilèges et des passe-droits de groupes sociaux, tribaux , de clans et de réseaux divers,  dont les prolongements et les appuis se trouvent dans quasiment toutes les institutions de l’Etat, notamment l’armée qui, la parenthèse SIDIOCA mise à part, dirige le pays depuis 1978. Et cela ne procure pas que des sympathies. Mais il n’y avait pas seulement des intérêts d’ordre mercantile, matériel, pécuniaire qui étaient ainsi menacés ; c’étaient aussi des intérêts idéologiques, notamment ceux de l’idéologie baathiste pour qui il ne peut y avoir de Mauritanie qu’à identité exclusivement arabe, d’État mauritanien que dirigé par des Arabo-berbères. Les tenants de cette idéologie, qui n’ont eu de cesse de polluer le climat politique par leurs déclarations et propos apocalyptiques suite à la décision du président SIDIOCA d’organiser le retour des déportés, n’ont aucun intérêt de voir la démocratie s’instaurer et s’enraciner en Mauritanie. Parce que l’idéologie dont ils sont porteurs est par essence antinomique de toute expression ou forme de démocratie. Pour s’en convaincre il suffit d’observer ce que fut l’espace institutionnel et politique de l’Irak de Saddam Hussein et ce qu’est celui de la Syrie, pays emblématiques du baathisme. Et c’est sans doute la convergence de ces deux types d’intérêts (intérêt idéologique et quête effrénée du pouvoir et de biens matériels) et la collusion, probablement organisationnelle, indubitablement intellectuelle et discursive, de leurs tenants qui ont conduit, encouragé ou facilité le coup d’Etat du 6 août 2008 du Général Aziz. (Au sujet de cette connivence, lire ou relire l’un des brillants textes de Lô Gourmo Abdoul sur la Crise institutionnelle et politique née du coup d’état du 6 août 2008)

Une conception du pouvoir et de sa gestion était mise au ban des accusés. La perspective de l’effondrement du système politique vieux de 40 ans, ou certains de ses piliers, se dessinait. Et cela heurtait trop d’intérêts, qui ne pouvaient être préservés que par la conservation du statu quo. C’est dans l’ensemble de ces considérations qu’il faut, nous semble-t-il, situer en dernier ressort les raisons du putsch du 6 août 2008.

Ainsi, pouvons-nous dire que le 5 août 2008, à la veille du putsch, la situation politique du pays était la suivante : d’un côté un président élu démocratiquement qui, en 15 mois seulement d’exercice de sa fonction, a pris des mesures non seulement symboliques mais inédites et à terme salvatrices pour le pays ; un président qui a introduit des reformes qui ouvraient la voie à l’édification d’un Etat de droit, à l’enracinement d’un système démocratique, et dont l’action, s’agissant des dossiers liés aux crimes contre l’humanité commis en 89/91, aux déportés, suscitait espoir quant au traitement de l’incontournable Question Nationale. SIDIOCA incarnait sans doute, au-delà des imperfections et lacunes signalées, une orientation politique vers une Mauritanie démocratique, et probablement égalitaire. C’est sur cette considération stratégique, cette perception du long terme, plus que sur un principe de condamnation du mode d’accession au pouvoir par un putsch, que reposait le positionnement des forces démocratiques qui ont désapprouvé le putsch et exigé le retour à un fonctionnement normal des institutions.

II. Le comment

Tout, ou presque, a été dit sur le processus qui à conduit au 6 août 2008. Pour aller vite, disons qu’il s’est construit sur trois fronts.
Front idéologique, politique et psychologique : idéologues et hommes politiques ont tenu le haut du pavé pour discréditer l’action de SIDIOCA et stigmatiser ce qu’ils considéraient comme dérives inadmissibles mettant en danger l’existence même du pays, mais aussi pour souiller son honneur et sa probité via son épouse… Il s’agissait de préparer politiquement et psychologiquement l’opinion publique au putsch.

Front institutionnel : dissidence d’un groupe de députés ; elle finira par provoquer le dysfonctionnement puis la paralysie de l’Assemblée nationale…

Front militaire, ou la face cachée de l’iceberg. Le limogeage de ceux qui deviendront les principaux chefs du HCE perturbe dangereusement le plan d’étouffement des institutions légales. Plan qui devait sans doute acculer SIDIOCA à la démission, sinon permettre à ses instigateurs de contrôler l’exécutif via un changement « légal » de la majorité parlementaire.

Par ce limogeage, les deux premiers fronts étaient voués à s’étioler par asphyxie, n’étant plus reliés au troisième qui les oxygénait. Du coup, la dissidence des parlementaires allait s’estomper d’elle-même… Ce qui aurait conduit à un rétablissement du fonctionnement normal des institutions.
Seul un coup de force pouvait empêcher cette éventualité d’advenir. Il eut lieu, dans les conditions que l’on sait, à la faveur du limogeage en question. Les masques étaient tombés. Tous les acteurs de la crise étaient désormais visibles, à l’œil nu. Une situation épouvantable s’ouvrait dans le pays. Une crise inédite à bien des égards s’installait. Elle mettra aux prises, d’un côté, les tenants du fait accompli, partisans du statu quo ainsi que les opportunistes de tous formats, éternels embusqués qui, tels des prédateurs affamés, sont toujours à l’affût de la moindre occasion pour écumer les biens publics, et, de l’autre côté, toutes les forces politiques qui aspirent à un vrai changement démocratique, préalable incontournable à tout épanouissement économique et social. Le bras de fer ainsi engagé, par ses débordements inévitables, nul ne pouvait prévoir où il menait le pays. Et la répression des opposants, déjà à l’œuvre, personne ne pouvait dire ce qu’aurait été son ampleur. Obstination des putschistes et de leurs partisans face à la persévérance et à la témérité des légalistes, le chaos était garanti. Cette certitude, seule, dicte la clairvoyance politique qui a conduit le FNDD à la table de négociations, à Dakar.

Pourquoi les légalistes (FNDD et ses alliés) ont-ils participé à l’élection du 18 août 2008 ?
Pour les forces légalistes, ou bien il fallait chercher à résoudre la crise par la confrontation, forcément violente et de longue haleine, ou bien il fallait, par la voie de la négociation, trouver une issue à la crise basée sur des concessions réciproques, même symboliques. La lucidité imposait le choix de la deuxième hypothèse… Une fois ce choix fait, la cohérence exigeait de l’assumer jusqu’au bout : c’est-à-dire participer à l’élection présidentielle. Le boycott n’avait plus de sens. En revanche, on peut se demander pourquoi les légalistes n’ont pas demandé suffisamment de temps pour mieux parfaire leur préparation matérielle, logistique, avant l’élection. (L’impréparation politique que certains attribuent aux candidats de l’opposition ne me semble pas être un fait pertinent.)

L’accord sorti des négociations de Dakar, en raison des concessions faites par chacune des deux parties, consacre un match nul entre les deux camps. Ou une victoire pour chaque camp. Le camp des putschistes obtient un dénouement contrôlé de la crise, qui lui confère un avantage du fait de sa position, dominante quoique précaire. Il crédibilise l’élection qu’il a provoquée, grâce à la participation de l’opposition véritable. Les négociations et l’accord de Dakar constituent, par leur existence même, une reconnaissance du camp des légalistes comme forces politiques incontournables ayant voix au chapitre dans cette période cruciale que traversait le pays. Accepter que SIDIOCA s’adresse à la nation pour annoncer sa démission dans les termes que l’on sait, de la part des putschistes, c’est l’aveu tacite de l’illégalité de sa destitution le 6 août 2008. Succès plus symboliques que producteurs de gains politiques tangibles. Soit. Mais succès tout de même. Auxquels il faut ajouter la présence au sein du gouvernement de transition des membres de l’opposition. Ils ne pouvaient certes pas infléchir le cours de l’élection présidentielle. Pas plus qu’ils ne pouvaient observer et voir que ce que l’on voulait leur montrer. Pour tout dire, ils n’avaient pas les moyens de leur ambition. Mais ils étaient là. Et leur présence pouvait tempérer quelques ardeurs malvenues…On est moins à l’aise dans l’exécution de certaines besognes quand on sent posé sur soi quelques regards, fussent-ils furtifs et impuissants, que quand on est à l’abri d’un œil attentif et vigilant.
Sans fraude, pas d’élection gagnée par un candidat à sa succession

Verdict des urnes.

Tant attendu, le verdict des urnes est tombé. Au vu des résultats, l’auteur du putsch du 6 août 2008, le Général A. Aziz, remporte l’élection présidentielle au premier tour du scrutin avec, dit-on, 52,58% des voix. 16,29% des voix sont attribuées à Messaoud Ould Belkheir. Ahmed Ould Daddah obtient 13, 66% des voix ; Mohamed Jemil Ould Brahim Ould Mansour 4,76% ; Ibrahim Moctar Sarr 4,59% ; Kane Hamidou Baba 1,49%. Se répartissent le reste des voix les six autres candidats à la magistrature suprême.

Victoire programmée du Général Aziz ?

Sans aucun doute.

« En tout cas, s’il y a eu fraude, ce n’est pas dans mon camp. C’est la première fois que je me présente aux élections et mon staff est constitué de jeunes, inexpérimentés. L’autre camp a l'habitude des élections, a pratiqué la fraude, la manipulation et la désinformation. » Affirmation du nouvel élu, en réponse à une question relative aux contestations de l’élection présidentielle. Concédons-le-lui. Mieux, supposons que lui-même n’ait pas eu à donner des instructions dans ce sens. La fraude, personne, y compris les candidats ayant dès le départ soutenu le putsch, ne la nie. La controverse à ce sujet consiste plutôt à savoir son ampleur réelle et sa faculté à modifier le résultat de l’élection en faveur de tel ou tel candidat. Laissons donc de côté le « mon camp n’a pas fait…, les autres ont fait ». Examinons l’argument de l’inexpérience du « staff » : il fait plutôt poids plume. La fraude, les manipulations électorales sont des choses qui s’assimilent et se pratiquent d’autant plus vite et bien que ceux qui comptent s’y adonner contrôlent l’appareil administratif et détiennent tous les moyens de l’Etat : matériels, finances… ; sans parler de l’appareil répressif qui sera mis à profit pour intimider, faire pression… En outre, sont-ils aussi novices en la matière, ces messieurs du « staff »?...
L’élection présidentielle, ne l’oublions pas, a été programmée comme réponse à la réprobation quasi générale du putsch du 6 août 2008 tant sur le plan national qu’international, et à l’exigence de restauration de l’ordre institutionnel fermement formulée par l’opposition et la communauté internationale. Il s’agissait donc soit de rétablir le président déchu dans ses fonctions, ainsi que l’avaient exigé l’opposition et la communauté internationale, soit de contourner cette exigence par une élection destinée à légaliser le pouvoir usurpé. Dès l’instant où c’est la deuxième option qui était retenue, la victoire du camp des putschistes était ipso facto inéluctable, dût-elle advenir par la fraude.
Le putsch du 3 août 2005 a fait disparaître un despote mais pas le système despotique resté quasiment intact : les hommes, les méthodes, le mode de gouvernance, les mentalités … La parenthèse de 15 mois de SIDIOCA fut trop courte pour enclencher une transmutation dudit système. Nous étions donc dans un contexte électoral où prévalaient encore, pour l’essentiel, les survivances du despotisme. Or, dans un tel contexte où le tenant du pouvoir est candidat à sa propre succession, l’alternance par la voie des urnes est illusoire. Parce que le système politique, l’appareil étatique lui sont entièrement acquis. C’est cet appareil étatique qui lui permet par différents mécanismes de donner à son élection une apparence démocratique. (Nous le soulignions lors de l’élection présidentielle de novembre 2003, dans un texte intitulé : Alternance pacifique dans un contexte totalitaire : hypothèse crédible ou utopie ?) Aucun pouvoir autocratique, aucun candidat issu d’un tel pouvoir ne peut, en Afrique, où ailleurs, survivre à une élection réellement libre, transparente et démocratique ; dès lors qu’il a face à lui une opposition crédible portant un candidat audible.
Réactions par rapport à l’organisation et au déroulement de l’élection présidentielle
a) de quelques observateurs internationaux
Dans son communiqué de presse en date du 20 juillet 2008, signé par son Président, la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme) mandatée pour suivre l’élection présidentielle, relève dans l’organisation et le déroulement de celle-ci des « points forts » et des « points faibles ». Si les premiers constituent un motif de satisfaction, les seconds, il faut bien le souligner, excluent tout climat de vote apaisé et serein et ouvrent les portes à la fraude et autres irrégularités (« présence visible des forces de l’ordre dans certains bureaux de vote surtout à l’heure du dépouillement. »), (« Impossibilité de voter pour beaucoup d’électeurs inscrits dans la seconde séquence électorale [celle qu’ouvre l’accord de Dakar entre Aziz et ses partisans et le FNDD. Accord qui rend possible la participation du FNDD au scrutin] faute de carte d’électeurs. »)
La Mission d’observation de l’UA estime, quant à elle, que « les élections du 18 juillet 2009 ont été libres, transparentes, crédibles et démocratiques ; (... elle) exhorte tous les acteurs de la vie politique mauritanienne à respecter le verdict des urnes et le cas échéant, à recourir aux voies légales de résorption des contentieux ; ». Les « quelques imperfections et insuffisances » constatées par la Mission de l’UA qui recoupent, pour certaines d’entre elles, celles mentionnées par la RADDHO (« cartes d’électeurs non retirées ou distribuées » ; «  cas de vote avec des duplicata de cartes d’identité ; cas d’électeurs non portés sur les listes des bureaux de vote où ils se sont présentés »), sont considérées (par la Mission de l’UA) comme n’étant « ni de nature, ni d’envergure à remettre en cause le constat de bonne conduite générale du scrutin … »)
Constater de telles anomalies, objectivement susceptibles de pervertir l’issue finale d’un scrutin, et en tirer une telle conclusion, il en faut des aptitudes funambulesques pour le faire. Il est vrai qu’en la matière nos braves messieurs de l’UA s’y connaissent bien…
Plus contrastée, plus prudente, en tout cas empreinte de neutralité, est la position de l’UE. Si elle se réjouit du déroulement dans le calme du scrutin, elle estime qu’il est « prématuré de se prononcer sur les résultats contestés par l’opposition. »
b) de quelques candidats à l’élection présidentielle
Messaoud Ould Belkheir, Ahmed Ould Daddah et Ely Ould Mohamed Vall, les trois principaux adversaires du Général A. Aziz dans cette élection, en raison de leur parcours politique ou/et de l’importance de l’espace politique qu’ils occupent, ont aussitôt contesté la régularité de l’élection présidentielle. (S’il y avait eu une chance pour qu’Aziz perdît l’élection présidentielle du 18 juillet, seul l’un de ces trois candidats aurait pu la porter ; en dépit de tous les « Ina wona », (« C’est possible »). Ils dénoncent des anomalies inadmissibles pendant la campagne électorale, des fraudes massives lors du scrutin. Ils saisissent à ce sujet le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, déposent recours auprès du Conseil constitutionnel, sollicitent la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), dont le président estime devoir démissionner au vu des plaintes « ... reçues ainsi que les contenus des recours adressés au Conseil constitutionnel » lesquels, dit-il, « ont semé le doute dans mon esprit sur la fiabilité de ces élections quant au fond. » Ils dénoncent également l’incurie et le manque de sérieux de certains observateurs internationaux.
Au nombre des anomalies et faits constitutifs de fraude, on note :
1) l’utilisation massive des moyens humains et matériels de l’Etat ; distribution des vivres aux populations pendant la campagne électorale.
2) Pendant le scrutin, en plus des irrégularités constatées par les observateurs susmentionnés, les trois candidats relèvent de multiples manipulations des listes électorales allant jusqu’à la suppression pure et simple de plusieurs noms de ces listes.

Ibrahima Moctar Sarr, Kane Hamidou Baba et Mohamed Jemil ould Brahim ould Mansour n’ont globalement rien trouvé à redire quant à la régularité de l’élection présidentielle. Pour eux, si irrégularités il y a eues, « elles ne sont pas de nature à remettre en question les résultats des élections présidentielles. » Cela, sans doute, justifiant ceci  qu’à peine connus les premiers résultats du premier et unique tour de l’élection présidentielle, et comme si à leurs yeux rien d’autre n’importait que ces premiers résultats, qu’ils semblaient attendre avec impatience, ils s’empressèrent, presque en chœur,  de valider l’élection. Et, comme l’eût fait un vrai bon perdant, félicitèrent le nouvel élu.
Cela parut étonner, indigner plus d’un, et à juste raison. Mais à observer de près le parcours de ces trois candidats dans le processus électoral, rien de surprenant à les voir « mésestimer » les irrégularités constatées et à les entendre promptement féliciter, avant l’heure, le nouveau Prince.  Rapide survol de leur cheminement préélectoral.

Les différentes séquences du film de l’élection étaient prévisibles, pourtant Kane Hamidou baba
Député et vice-président du RFD, sa qualité de membre de ce parti lui fut retirée en avril 2009 par un communiqué signé par Ahmed ould Daddah aux motifs qu’il fait campagne « au niveau des instances de base (du RFD) pour faire obstacle aux décisions du parti et semer la division dans ses rangs en collaboration avec l’autorité militaire en place. » ; et pour des « propos contraires à la ligne du parti ainsi que les critiques de cette même ligne du parti en dehors de ses instances , rendus publics à travers médias écrits et audio-visuels. » Le contexte de cette dissidence ? Celui où individuellement ou collectivement l’opposition cherche à s’organiser, à parler d’une seule voix, à regrouper ses forces,  et à se doter d’une stratégie unique pour empêcher qu’une élection présidentielle, dont le principe même est contestable et contesté, eu égard aux conditions qui lui auront donné lieu, ne vienne légaliser un pouvoir usurpé le 6 août 2008.

Quand on se conduit de la sorte, en pleine crise politique, par conviction ou manipulation, on se met de fait en dehors du navire. Au milieu du gué, facteur aggravant. Position que vient sanctionner la suspension dont il fut l’objet et qu’il juge «  nulle et illégale et non avenue ». Suspension qu’il a pourtant bien cherchée et bien méritée. Quel parti digne de ce nom aurait toléré en son sein de tels agissements de la part d’un de ses membres, à fortiori responsable, et de surcroit vice-président ? Monsieur KHB quitte ainsi son parti, qu’il saigne au passage : dans son sillage il emmène les « membres de sa tendance : 25 maires ;  7 députés, 70 membres du BE du RFD. » A ce niveau, force est de constater que la collision que M. KHB a provoquée avec son parti par ses positions et agissements, intervenant dans les conditions ci-dessus évoquées, qu’elle ait été ou non le fruit d’une collusion ou d’une connivence avec le camp du Général AZIZ, sert objectivement ce dernier et ses partisans au plan politique et psychologique. Et nuit aux forces opposées au général Aziz, et défavorables à l’élection présidentielle programmée pour le 6 juin 2009, notamment le FNDD et le RFD. Que KHB et sa « tendance aient demandé au FNDD d’« abandonner la revendication extrême portant rétablissement de SIDIOCA dans ses fonctions » et, comme pour faire équilibre, au HCE et au gouvernement » de mettre un terme à la gestion unilatérale du processus électoral », cela ne change en rien les données du problème.

Dès lors, Monsieur KHB apparaît de fait, en tant qu’homme politique, comme un faire-valoir ; et sa candidature, dans la perspective de l’élection présidentielle du 6 juin 2009, comme destinée à valider et à crédibiliser celle-ci. On peut en dire autant d’Ibrahima Sarr et de Sghair ould Mbarek qui s’étaient porté candidats en vue de l’élection initialement prévue le 6 juin 2009.

Une élection présidentielle avec un seul et unique candidat, sans concurrent, aujourd’hui où la démocratie se mondialise malgré obstacles et imperfections, où les élections présidentielles remportées avec 95% des suffrages exprimés auxquelles on était tant habitués en Afrique se raréfient ou n’existent plus ; cela ne fait pas crédible, et est d’emblée observé d’un regard suspect. Autant éviter de tels cas de figure. D’autant plus que les candidats pour faire figurants et faire-valoir sont nombreux, et les moyens pour les y inciter, si d’aventure ils manifestaient quelques réticences, aussi inépuisables qu’alléchants…

Les postures et positionnements ultérieurs de Monsieur KHB, y compris sa validation du scrutin du 18 juillet 2009 et ses félicitations au nouvel élu se lisent et s’expliquent à partir de ce que furent les circonstances de sa dissidence et de son cheminement préélectoral. Si à ces considérations nous ajoutons l’inexistence d’une structure de campagne au niveau national à la hauteur de l’enjeu, à fortiori d’un appareil politique structuré, bien implanté et d’une base électorale identifiée en dehors de la sphère communautaire, régionale ou villageoise, rien d’ahurissant que Monsieur KHB se retrouve à l’issue de l’élection présidentielle avec 1,49% des suffrages exprimés.

Si le candidat et ses partisans peuvent s’honorer de ce résultat (qui correspond à 11568 voix selon les chiffres dont nous disposons), l’objectivité et la lucidité interdisaient d’aspirer à davantage, en raison des circonstances de cette candidature. Il reste que celle-ci aura au moins permis à KHB de mettre à l’épreuve sinon l’adhésion à son programme politique de son électorat, si tant est qu’il y en ait eu un de décliné, du moins la mobilisation massive et le soutien quasi effectif de la population de Tékane dont il est natif. En effet, selon madame Mariam Kane, soutien de taille de KHB, dans toute la vallée il n’y a qu’à Tékane où Aziz a été devancé par l’un de ses concurrents, en l’occurrence KHB. (Propos que nous pensons avoir entendus et compris lors d’une émission consacrée à l’élection présidentielle sur « Seneweb.com/radio », en juillet 2009. Ce constat, qui prend le contre-pied des propos de Boubacar Diagana, coordinateur du comité de soutien du Candidat KHB, propos relatifs à ce qu’il désigne comme une « Altération du discours identitaire », relevé par Mariam Kane, est, de notre point de vue, à double titre important.
1) Si l’on compare les résultats des deux candidats négro-africains, (IMS et KHB), à l’aune de l’adhésion de l’électorat négro-africain, et sous réserve des incidences de la fraude constatée çà et là, c’est bel et bien le second qui, en dépit de ses 1,49 %, se positionne symboliquement en tête, du fait de son classement dans la localité de Tékane.
2) Ce constat, anodin en apparence, révèle pourtant une réalité sociologique : la structuration et le fonctionnement de nos sociétés sur la base de principes et de repères identitaires de toutes sortes qui, souvent, articulent et déterminent choix politiques, alliances et solidarités. Il suffit pour s’en rendre compte de lire la stratification sociale, d’observer les relations intra et interethniques en milieu négro-africain, intra et intertribales en milieu arabo-berbère... Reflexe et positionnement identitaires dont l’acuité, l’intensité, la visibilité et les conséquences sont variables, et fonction de l’enjeu et de l’échelle sociétale de leur manifestation : niveau intra communautaire (Négro-africains, Arabo-berbères) ; niveau intercommunautaire (Négro-africains/Arabo-berbères) ; niveau interethnique, niveau de l’ethnie, de la caste... En d’autres termes, le visage ou la forme identitaire changent, mais ne s’effacent pas, selon la nature des contradictions ou des enjeux et le champ de leur expression. Ils portent la marque identitaire de la caste ou du groupe de castes quand contradictions et enjeux se situent au sein de l’ethnie, celle de la famille ou du groupe de familles alliées, au sein de la caste, etc. (Illustration récente de ce phénomène : le conflit tout récent qui opposa anciens esclaves à leurs anciens maîtres à propos de terres de culture à Coumba Ndao/ Sélibaby). La contradiction étant ici située au niveau interne à l’ethnie, entre deux castes, le positionnement identitaire perd son caractère ethnique pour porter l’empreinte clanique ou « castale ». Autrement dit, ce n’est pas l’ethnie (Soninké, en l’occurrence) qui se solidarise et se positionne en tant que telle face à l’épreuve ou à l’adversité, c’est une caste ou un groupe de l’ethnie (les esclaves) qui font front uni contre leurs maîtres ou anciens maîtres avec lesquels, pourtant, ils partagent la même ethnie.

Inversement ce repli identitaire portera un visage communautaire quand l’enjeu sera national et mettra en scène des intérêts ou enjeux nationaux : la place et le rôle dans la gestion des affaires du pays de ses deux composantes Arabo-berbères et Négro-africains ; élections, référendum, etc. C’est là que la réalité sociologique, avec dimension anthropologique, mentionnée plus haut, connote et détermine pour une bonne part une autre réalité, politique celle-là : le réflexe ou le positionnement identitaire dans le champ politique, dont le vote identitaire n’est que l’une des expressions.
Pourquoi alors ce vote identitaire ne s’est-il pas manifesté massivement lors de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, et n’a connu qu’une faible ampleur, lors de l’élection de 2007, au profit d’Ibrahima Sarr ? Parce que furent absentes des conditions normales de vote, c’est-à-dire des conditions électorales sans interférence, sans coercition déguisée, sans chantage, sans pression, sans corruption, toutes choses présentes avant et pendant l’élection présidentielle du 18 juillet 2009. Parce que, aussi, fut absent un candidat négro-africain d’envergure nationale, c’es-à-dire suffisamment fédérateur. (Ces conditions n’étaient pas complètement remplies par Ibrahima Sarr en 2007 : par exemple la jonction avec les FLAM n’avait pu se réaliser ; en 2009 certaines des ces conditions qui étaient acquises en 2007 se sont volatilisées pour les raisons que nous avons mentionnées plus haut, notamment les multiples dissidences qui ont secoué l’AJD/MR.)
C’est tout cela qui donne l’illusion que le « discours identitaire » n’a plus de prise. Mais illusion n’est pas réalité. Le discours identitaire est le reflet des réalités objectives qui rythment depuis des décennies la vie du pays. Réalités que nourrissent et entretiennent toutes sortes de discriminations : racisme d’Etat, esclavage, gestion et répartition inégalitaires des ressources, monopole du pouvoir politique et économique du pays par une seule de ses composantes nationales, etc. Autant dire qu’il a encore de longs et beaux jours devant lui, « le discours identitaire ». Il est bien loin d’avoir subi une quelconque « altération », contrairement à ce qu’en dit notre ami Boubacar Diagana...
Et comment pourrait-il en être autrement puisque le discours identitaire est l’expression et l’indication d’une appartenance. Appartenance à une tribu, à une ethnie, à un clan, à une communauté... ; appartenance à un « nous » nécessairement exclusif du fait de l’exclusion même de certaines composantes nationale du « Nous » inclusif : la Mauritanie. Quand la notion de citoyenneté s’évapore par le fait d’un système politique discriminatoire, servi par une idéologie qui dénie de fait l’appartenance de certaines catégories de la population au « Nous » avec majuscule, le « nous » identitaire s’installe et s’affirme. La nature a horreur du vide. « Qui perd le sein de sa mère tète celui de sa grand-mère » (« Mo waasi yummum, muyna taanum.»), dit la sagesse peule.
Pour que le discours identitaire disparaisse de l’espace politico-intellectuel il faudrait un bouleversement profond  de la société  mauritanienne, notamment de sa stratification sociale ; il faudrait  un changement radical des mentalités, l’émergence d’un système politique égalitaire, démocratique, bref une nouvelle façon de gouverner le pays, de concevoir une cohabitation harmonieuse et apaisée par l’implication de toutes les composantes nationales à la gestion des affaires de la grande maison commune...  Nous en sommes bien loin. Convenons-en. Et les promesses politiques n’y changent rien. Il faut du concret, du significatif, du durable
Ibrahima Moctar Sarr

Il récolte 8% des suffrages exprimés ; c’était l’élection présidentielle de 2007. Le 18 juillet 2009, il se retrouve avec un score de 4,59 (soit 35709 voix), et se positionne au bout du compte, ainsi que l’a décidé le Conseil constitutionnel saisi à ce sujet, nous apprend-on, non pas à la 4ème mais à la 5ème place, derrière Mohamed Jemil ould Mansour (candidat de Tawassoul).

Recul, plutôt que progression en termes d’élargissement de sa base électorale. C’est une évidence. Et puisque Ibrahima Sarr et ses partisans, dans leur appréciation du scrutin, ont estimé qu’il n’y avait pas eu de fraudes ou irrégularités significatives de nature à invalider l’élection, et donc à détourner de sa personne un nombre important de votes , ils doivent admettre avoir essuyé un échec. Qu’est-ce que c’est, si perdre 50% de son électorat entre deux élections présidentielle distantes d’à peine de deux ans ce n’est pas un échec ?

Beaucoup de voix se sont exprimées sur les causes de ce recul politique, que traduit le résultat électoral de l’AJD/MR. Causes à la fois internes et externes à cette formation politique. Nous ne nous attarderons donc pas sur ces causes en tant que telles. Nous aborderons plutôt ce qui, à nos yeux, a constitué, en dehors de toute concertation ou accord secret avec le Général, une caution, un soutien à la candidature de celui-ci, et même, dirions-nous, une exhortation à son élection.

1. Soutien assumé au putsch du 6 août 2008. (Au moment où quasiment toute la classe politique le condamnait.)
2. Participation aux journées de concertation boycottées par l’opposition.
3. L’AJD/MR est le seul parti politique qui ait décidé de participer à l’élection présidentielle initialement prévue le 6 juin 2009.

Il y a une cohérence qui sous-tend ces trois actes. Le troisième a été l’aboutissement logique des deux premiers. Toutes ces trois décisions ont conforté le Général et le camp favorable au putsch en réduisant son isolement politique.
Chaque citoyen est théoriquement libre de se porter candidat à une élection présidentielle, s’il remplit les conditions prévues en la matière. Cela va sans dire. Mais il est tout aussi évident que cette candidature, tout comme celle de KHB et de Sghair, intervenant dans le contexte préélectoral en question, validait et crédibilisait le scrutin unilatéralement décidé par le Général, et facilitait son élection plus qu’elle ne rapportait à l’un de ses trois concurrents, politiquement parlant. Car, on a beau dire ce qu’on voudra, tout le monde savait, y compris les intéressés eux-mêmes, que ni Ibrahima Sarr, ni KHB ni Sghair n’avaient aucune chance de remporter l’élection ainsi programmée face au Général

« Inna wona » : Naïveté ou démagogie politique

Et c’est pourquoi, le « Inna Wona » (« C’est possible »), adaptation locale du fameux « Yes, we can » de Barack Obama, sonnait creux. Et ne faisait pas sérieux. Ou bien ceux qui le scandaient à longueur de meetings croyaient ce qu’ils disaient, c’est-à-dire que pour eux, oui, la victoire était possible ; alors ils faisaient étalage d’une naïveté terrible qui dénotait un manque de lucidité incroyable pour des responsables politiques engagés dans une élection présidentielle ; ce que j’ai du mal à imaginer de la part d’Ibrahima Sarr. Ou bien ils ne croyaient pas à ce qu’ils disaient, il y aurait eu alors démagogie politique. Dans les deux hypothèses, nous n’en voyons pas une autre, l’AJD/MR et son candidat se sont mis dans une situation fort disgracieuse.

Même si en politique, en matière d’élections notamment, rien n’est acquis ni perdu d’avance, il y a tout de même un minimum de conditions qui autorisent ou non de prévoir une victoire ou un échec. Or, dans le cas du candidat de l’AJD/MR, tout militait en faveur de sa défaite :

1. À la veille de l’élection présidentielle, l’AJD/MR se débattait dans une de ces crises qui laissent des séquelles durables dans les partis qui en sont victimes. Plusieurs de ses cadres et militants quittèrent le parti. Ne nous intéresse pas ici la question de savoir qui a tort ou raison dans ce conflit interne qui a conduit à ces départs, même si elle a son importance. Nous relevons simplement qu’un parti qui s’engage dans une bataille électorale amputé d’une bonne partie de ses cadres et militants, quelles qu’en soient les raisons, est objectivement affaibli. Il donne l’image d’un parti incapable de rassembler ses troupes ─ à la veille d’une élection cruciale, circonstance aggravante.

2. L’« affaire de la villa » pour laquelle le journaliste Hanafi ould Dedah a fait l’objet de poursuites judiciaires. Il a été dit que cette villa a été achetée à plusieurs dizaines de millions d’ouguiya par IMS.
Le candidat de l’AJD/MR ayant toujours été connu pour son train de vie modeste plutôt que pour son appartenance au club très fermé des millionnaires mauritaniens, la question se pose naturellement de savoir la provenance des millions avec lesquels la villa aurait été achetée. Beaucoup de salives et d’encres ont été versées à propos de cette affaire pour que nous en rajoutions. Retenons dans cette affaire l’hypothèse la plus favorable au candidat de l’AJD/MR en considérant que l’accusation, implicite ou explicite, selon laquelle il aurait été soudoyé en contrepartie de son soutien au processus qui a abouti à l’élection du Général Aziz le 18 juillet 2009, relève plus du dénigrement que de la réalité des faits. Mais la validation de cette donnée n’évacue guère deux interrogations ─ incontournables. Etant entendu que, sauf informations ayant échappé à notre attention, ni le candidat ni ses partisans n’ont démenti l’acquisition de la villa. Ce qu’ils récusent, c’est plutôt les allégations relatives à l’origine de l’argent qui a permis cette acquisition.

─ Pourquoi IMS a acheté une villa d’une telle valeur au moment même où il s’engageait dans une campagne électorale dans les conditions que l’on vient de décrire ? Et à l’heure où l’on demande aux candidats à des fonctions électives, ou aux nouveaux élus de communiquer sur leurs biens ? Où il se dit que le pouvoir ou ses « argentiers » se démènent pour « acheter des consciences » ? Ce n’était assurément pas le meilleur moment pour un candidat à l’élection présidentielle de s’acheter une telle villa.
─ Oui, mais candidat ou pas, on a tout de même le droit d’acheter ce qu’on veut, où on veut et quand on veut !
Soit. Mais dans ce cas, il ne faut pas s’étonner, ni s’indigner plus qu’il ne faut, face aux interrogations et commentaires quant à l’origine d’une telle acquisition.
Le système de défense du candidat, face à ce que lui et ses partisans considèrent comme une machination pour « abattre politiquement IMS », est exclusivement défensif, et circonscrit sur le terrain judicaire (plainte pour diffamation contre Hanafi ould Dedah, Directeur du journal Taqadoumy…). Quiconque s’estime victime d’un dommage a le droit de porter plainte, certes. Mais l’homme politique sur qui de lourdes suspicions pèsent dans un tel contexte électoral doit aller au-delà de cette stratégie défensive fondée sur la plainte et la négation des faits. La meilleure façon d’édifier l’opinion publique, de rejeter l’accusation et restaurer son intégrité morale, sa crédibilité, eut consisté à anticiper, en adoptant la meilleure défense qui soit, celle de l’offensive. D’où la deuxième interrogation.

─ Pourquoi le candidat de l’AJD/MR, sachant qu’il est blanc comme neige, ne s’est-il pas expliqué, preuves sur la table, sur l’origine des fonds ayant permis l’acquisition de sa villa ?
Ces interrogations sont légitimes. Sans réponses, elles peuvent ternir durablement l’image du parton de l’AJD/MR. D’où l’inquiétude de ses amis, qui pensent que cette affaire peut « l’abattre politiquement ». Disons, quant à nous, qu’elle l’affaiblira pour longtemps… ; mais le principal responsable d’une telle situation, c’est d’abord lui …

En outre, ces considérations, qui sont de nature à détourner les électeurs, nous conduisent à dire que le « Inna Wona » était objectivement impossible, et que par ce fait même, il fut l’une des plus grandes mystifications auxquelles il nous a été donné d’assister lors de la campagne électorale. Faire croire à ses militants, à ses électeurs, acquis ou potentiels, qu’une élection présidentielle peut être gagnée, alors que tout indique le contraire, même si cela nourrit et entretient la ferveur militante, la mobilisation, c’est s’exposer tôt ou tard, à l’heure des désillusions, à un violent retour de bâton ; c’est verser dans la démagogie, là où la pédagogie politique devrait prévaloir : fixer et expliquer clairement des objectifs raisonnables, donc réalisables, en fonction du contexte politique, des rapports de force (consolidation et élargissement de la base électorale, par exemple). Objectif plus réaliste encore que difficilement réalisable compte tenu des considérations évoquées plus haut.

Le leader de l’AJD/MR et son parti se relèveront-ils de ces erreurs et incidents de parcours ? Espérons-le. Car l’homme (Ibrahima Sarr) a un parcours politique significatif, une histoire, une légitimité. Il a un mérite double, et de taille.

1) Sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 où il réalisa un score honorable… Ce qui lui a sans doute valu d’être accueilli à bras ouverts par l’AJD, dont la direction lui fut confiée. Candidature normale, n’ayant rien d’extraordinaire ? Oui, dans un pays démocratique, égalitaire… Non, dans un pays où le négro-africain est exclu ; où le système politique en vigueur lui dénie, de fait, le droit d’assumer la plus haute charge de l’Etat. Dans ces conditions, sa candidature, par delà cette forme de prestance qu’elle recèle, se présente comme l’affirmation d’une revendication du statut de citoyen à part entière : c’est-à dire citoyen électeur mais aussi citoyen éligible à la tête de l’Etat. Un tabou brisé. Un défi levé. Acte symbolique, qui a sa valeur.

2) Ibrahima Sarr fut député. Il utilisa cette qualité, et l’Assemblée nationale comme tribune, pour parler de l’esclavage et de la discrimination raciale. Autre tabou écrasé. En outre, le paysage politique mauritanien a besoin pour son fonctionnement et sa crédibilité d’une formation comme l’AJD/MR, et le combat contre le racisme d’Etat sous ses multiples formes a besoin, à l’intérieur du pays, d’être porté par une voix audible et fiable, par un grand parti politique. Mais pour cela, nous pensons qu’il importe que l’AJD/MR corrige rapidement les erreurs liées aux choix tactiques (questions d’alliances, de partenariat, d’adhésion à certaines décisions politiques du pouvoir..). Ces questions, auxquelles semblent s’ajouter des problèmes relatifs à des méthodes de direction et de gestion du parti apparaissent, du reste, comme étant à l’origine du départ de plusieurs de ses cadres et militants, et non des moindres.

Mohamed Jemil ould Brahim ould Mansour

Tawassoul, son parti, était membre du FNDD, dont il demeura solidaire pendant toute la crise. Mais dès qu’il fut question, après l’accord de Dakar, d’aller à l’élection présidentielle unie et solidaire autour d’un seul candidat, Mohamed Jemil ould Brahim ould Mansour opta pour faire cavalier seul. Il rompait ainsi la logique d’unité d’action qui prévalait et qui devait conduire à une candidature unique du FNDD. On est en droit de se demander pourquoi ? Et au nom de quelle logique ? Ce constat de cette forme de volte-face fait, rien de surprenant de voir ce candidat, par la voix du président de sa commission de communication, affirmer que son parti « déclare son acceptation des résultats de l’élection tout en espérant que ce sera le début d’une nouvelle période de stabilité politique dans le pays. [Et]  qu’il félicite le vainqueur de ces élections… » ..

III. Aujourd’hui, demain

L’opposition

Même si la défaite des candidats du camp des légalistes était programmée, comme nous l’avions souligné, elle a été davantage facilitée et amplifiée par la dispersion de ses forces. Certes, la défection de KHB ─ et de ses amis ─ qui affaiblissait l’opposition, le RFD d’Ahmed ould Daddah n’y pouvait pas grand-chose. Mais la conjoncture et le rapport de force imposaient qu’il intégrât ou fît alliance avec le FNDD dès le début de la crise. Ce qui ne fut pas fait. Sans parler du flou et des hésitations qui ont caractérisé le positionnement du RFD dès le départ.

Tant que la démocratie ne sera pas suffisamment ancrée au point que sa pratique puisse avoir statut de coutume politique, tant que règnera le despotisme ou ce qui en subsiste, l’unité de l’opposition, des forces démocratiques, de progrès, face à l’adversité, avant et pendant les échéances électorales, ça sera la grande affaire. Ça sera la grande question que l’opposition doit résoudre si elle veut se construire des chances d’accéder au pouvoir par la voie des urnes. C’est une leçon, parmi d’autres, qui se dégage de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009. Y parvenir, ça commence par pouvoir taire les ambitions personnelles. Pour ce faire, les leaders politiques doivent accepter que l’intérêt et l’avenir du pays passent avant les leurs. Cette évidence, il faut qu’ils se l’inculquent : même unie, la victoire de l’opposition dans une élection est aléatoire aussi longtemps que perdureront les conditions définies ci-dessus ; que dire si chaque leader cavale seul, avec ses maigres troupes.

La capacité à construire un rassemblement vaste et durable, c’est ce qui conditionne la survie et la victoire de l’opposition. C’est cela son vrai problème. « Renouvellement de la classe politique. », entend-on par-ci ; « Passons le relais à la jeunesse », nous dit-on par-là. Comme si le problème majeur de l’opposition était générationnel. Le refrain parfume l’air du moment, il est vrai. Mais c’est un faux débat. Car en politique, jeunesse n’est pas nécessairement vertu. L’idiotie et la bêtise politiques, on les retrouve aussi bien chez la jeunesse que chez la «vieillesse ». (Encore que la « vieillesse », en termes de carrière politique, reste à définir.) Nous optons pour que ce qu’il y a de vertueux, de désintéressé et de compétent, chez les uns et chez les autres, soit promu pour conquérir démocratiquement le pouvoir, ensuite pour présider à la construction du pays.

Le nouvel élu. Trêve de critiques, laissons le  « président des pauvres » gouverner. « Président des pauvres ! » : autre slogan, autre tartuferie. Une absurdité par définition, que certains se plaisent à clamer. Un candidat à une élection présidentielle est l’émanation d’un parti, d’un camp, d’une catégorie sociale, les pauvres, si l’on veut..., certes. Mais il se positionne et se définit, surtout, par rapport à la fonction de président de la république qu’il souhaite exercer. Or, le président de la république ne doit être ni président des pauvres, ni des riches, ni des ouvriers, ni des paysans, ni des arabo-berbères, ni des négro-africains ; il doit être le président de tous les Mauritaniens. Point final.

─ Laissons donc le « président des pauvres » gouverner, maintenant qu’il est là, bien là. C’est dit comme pour suggérer le fair-play des perdants, la considération et le respect dus à la fonction présidentielle.
Soit. Mais cela doit-il faire oublier ce double péché originel (le putsch du 6 août 2008 et les fraudes le 18 juillets 2009) qui a entaché tout le processus qui a conduit le Général Mohamed ould Abdel Aziz à la fonction qui est la sienne aujourd’hui ? Non. Mais peut-être que la volonté et la capacité à s’attaquer frontalement aux grands problèmes du pays l’absoudront-ils ? Nous souhaitons avoir des raisons d’y croire. Elles tiennent au traitement sans délai des dossiers prioritaires, au nombre desquels nous retenons :

1. La stabilité et la sécurité du pays

─ Stabilité politique et institutionnelle ou modalités de conquête du pouvoir politique

Aucun développement, aucune réalisation majeure ne peuvent se faire sans stabilité politique et institutionnelle. La crise de laquelle le pays vient de sortir en est une illustration éclatante. Sauf cas, prévus par la constitution, qui prévoient une destitution par application des dispositions constitutionnelles, tout président de la république élu démocratiquement doit pouvoir exercer son mandat jusqu’au bout. Et les institutions en place doivent pouvoir fonctionner librement sur la base du principe de la séparation des pouvoirs. Or, seule l’immixtion de l’armée dans la conduite des affaires de l’Etat peut empêcher un président démocratiquement élu d’assumer son mandat jusqu’à son terme, et les institutions de fonctionner normalement. Il s’agit donc, dans l’intérêt du pays, de prendre des mesures fortes pour déconnecter définitivement l’armée de toute activité politique. Nous pensons que tant que la démocratie ne sera pas suffisamment enracinée, toute candidature à une élection présidentielle d’un officier doit être proscrite. Cela peut paraître discriminatoire ou anti-démocratique. Mais si l’avènement de la démocratie et sa pérennisation sont à ce prix, ce qui est manifestement le cas en Mauritanie, le jeu en vaut la chandelle. Il s’agit, en définitive, d’instaurer et de pérenniser un système de modalités de conquête et de conservation du pouvoir par des voies démocratiques, légales, en dehors de toute forme de violence.

─ Sécurité

Le terrorisme islamiste, par la logique de la mondialisation, s’invite et s’installe dans notre pays. À quoi s’ajoute une criminalité multiforme et quasiment gratuite à l’échelle nationale, phénomène naguère inconnu chez nous. Tout cela instaure une insécurité généralisée. Elle dicte une redéfinition ou une réaffirmation du rôle et de la mission des forces armées et de sécurité qui ont là de quoi les occuper amplement. Car la tâche est ardue : une immense superficie faite de désert et de montagnes, des frontières aussi longues que poreuses ; des terroristes dotés d’énormes moyens logistiques et résolus à mourir, et qui connaissent le terrain aussi bien que nos soldats, voire plus. Dès lors, s’imposent une profonde réforme, une restructuration des forces armées. Lesquelles doivent être épurées de tous ceux qui ont trempé dans les crimes commis en 1989/1990/1991, à l’encontre des militaires et civils négro-africains, notamment ceux d’entre eux qui, aujourd’hui encore, dirigent de grandes institutions, et sont à ce titre de proches collaborateurs du chef de l’Etat. Si les forces armées peuvent s’honorer d’avoir en leur sein des officiers aussi respectables et compétents comme le Général Felix Négri, le colonel Ahmed ould Békrine, la présence en son sein d’officiers impliqués dans les tueries de 89, 90 et 91 est moralement insupportable. Elle ternit l’image des armées et décrédibilise toute entreprise de sécurisation du pays et des citoyens qui pourrait lui être confiée.

2. Rapports Pouvoir/Opposition

La nature du climat politique dans le pays est pour une grande part déterminée par le caractère des rapports que le régime saura établir avec l’opposition. Quels que soient ses faiblesses et ses défauts, l’opposition existe, il faut en tenir compte. Comment ? En institutionnalisant la concertation avec elle ; en l’associant à la réflexion et même à la gestion de dossiers névralgiques. Une concertation permanente avec l’opposition et la société civile favorise l’instauration de rapports apaisés, la compréhension des positions de tous les protagonistes et de leurs fondements ; elle réduit simplement les risques de conflits, de crises. Et cela, c’est déjà beaucoup de gagné.

La Question nationale, notamment sa dimension gestion conjointe du pouvoir par les deux communautés composant le pays (Arabo-berbères et Négro-africains) ; la question de l’esclavage, la gestion et la répartition des ressources du pays, les questions liées au développement économique et social, etc., ces questions conservent toute leur acuité, certes. Cependant, nous estimons que leur traitement requiert la stabilité et la sécurité du pays ainsi que l’instauration d’un véritable cadre de concertation permanente entre Pouvoir et Opposition. C’est pourquoi nous considérons que la stabilité et la sécurité du pays, les rapports Pouvoir/opposition) constituent les deux chantiers prioritaires dont la réalisation permettrait de s’attaquer positivement, pour leur trouver un remède approprié, aux grands maux susmentionnés qui rongent le pays depuis son indépendance.

Le président Mohamed ould Abdel Aziz aura-t-il la volonté politique de prendre cette voie ?
L’ami, le lui souhaite. Comme le lui aurait souhaité, c’est ma conviction, cet ami, absent de ce monde, que nous avions eu en commun, et auprès de qui il a su faire montre, dans des moments douloureux, d’une véritable démonstration d’humanité et d’amitié…
Mais le militant pour une Mauritanie égalitaire, et modeste observateur des évolutions politiques du pays, reste pessimiste : je ne vois, pour l’instant, aucune indication fiable, digne d’intérêt, permettant de penser que la voie d’un changement salutaire est tracée…

Je voudrais espérer me tromper.

Boye Alassane Harouna

Le 29 août 2009

Source: Boye Alassane Harouna
Samedi 5 Septembre 2009 - 17:26
INFOS AVOMM
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1.Posté par Bahi le 29/08/2009 21:52
Tu seras nommé Ministre !

2.Posté par BRAVO DE BOGHE le 30/08/2009 00:39
MISTER BOYE vs ets libre d interpreter a votre maniere la defaite du LAJD/MR ;c est votre opinion et on vs comprend:seulement vs ets tres mal place pour comprendre l echec de ce parti ;pour cela accepte de retourner au pays et viens affronter la realite politique de ce pays ou sinon viens porter candidat et on vera ;il est tres facile d etre a l exterieur et se servir du NET pour dire du n importe quoi .il est temps de retourner au pays ;vs qui vs dites intellectuels ou politiciens ;et demontrer vos capacites sur le terrain ;bien sure comme vs dites INNA WONNA nonnata ha lakara parceque BE NE NGACA BE NE NGUUBBA .la dafaite de LAJD/MR ou du SARR ;c est vous ;je dis bien sur vous car comme dis ladage SOO DADI NGONTI BURUJI ..... vs connaissez la suite ;moi je suis militant et membre de L AJD/MR et je fais le terrain politique et je sais ce que je parle . cette defaite est notre defaite mais aussi la votre car le resultat est on dis que les halpulars ne represente que un faible poucentage dans ce pays et voila ces halpulars c est vs et moi ;dites a votre bande de xxxx et vos complices dans le pays ;qu il est temps de comprendre ce qui ce passe dans ce pays et de travailler pour notre union .il ns faut un debat serieux et une volontee ;entre ns la jeunesse reste au pays et vs de l exterieur car ns avons les moyens et les hommes pour prendre place dans la scene politique du pays et sans armes ni rancunes ;juste du serieux et le respect de l autre et sachez que la politique de tous celui qui ne pas avec moi et contre moi est revolu dans le pays pour votre information;AZIZ a gagne ;s il y a fraude il faut le demontre et pour le probleme du VILLA seul les ignorants croyaient a cette histoires et c est maintenant claire je crois que vs avez suivies le proces ;NOUS ce que ns vous demandons c est de ns aider a s unir et parler d une seule voix pour ns mettre en valeur dans ce pays et vivre en bonne cohabutation avec nos freres MAURES .SONINKES .WOLOFS ET TOUS LES MAURITANIENS .toutes mes excuses grand frere et passe une bonne nuit.

3.Posté par Taarikh le 30/08/2009 00:49
Boye votre analyse est juste, vous êtes intègre et vous inspirez la confiance, la Mauritanie a besoin des dirigeants comme vous. Merci de nous éclairer certains points.

4.Posté par Amadouaw le 30/08/2009 01:18
Le 18 juillet est passé depuis longtemps et vos arguments sont approximatifs pour ce qui est de l'opposition et surtout de l'Ajd.Sarr n'a pas une villa à Nouakchott, c'est ce qu'il dit. Dire que l'ajd ne dément pas etc, c'est participé à l'entretien du flou qui n'existe plus depuis le proces Hanevi qui n'a pas de preuve.Concernant l'ajd, c'est un parti légal peut y adhérer tout citoyen mauritanien, il est ouvert à tous, aux militants des flam, aux maures aux woloffs aux peuls à tout le monde. Sarr ne peut obliger personne à prendre sa carte de membre.Et ceux parmi les kwars de la diaspora qui croient pouvoir se présenter à une élection ici en Mauritanie, bissimilah. Seulement ils doivent penser que la théorie seule ne suffira pas à faire gagner une élection.

5.Posté par Konko Boun Moussa le 30/08/2009 01:32

Je ne reconnais plus la pertinence de l'analyse de Boye Harouna dans cet article.
"J'étais à WALATA" c'est bien son histoire vécue et bien restituée selon de nombreux lecteurs.
Par contre dans ce article, il s'est complètement planté

6.Posté par BALA le 30/08/2009 03:08
En tant que militants d'AJD/MR nous sommes contents de notre score parce que nous n'avons pas volé,triché et distribué de l'argent.
Sachez monsieur une chose:en tant qu'intellectuel vous n'avez pas compris les jeux et les enjeux de cette élection présidentielle.Sa face cachée vous échappe totalement.
A l'avenir faites moins de plagiat.
La participation d'IMS,KHB et de Sghair a contraint ceux qui étaient opposés à l'élection du 06 juin 2009 à signer les Accords de Dakar.Ce qui nous importait était que la RIM sorte de cette crise étant convaincu qu'une élection même imparfaite comme celle du 18/07/2009 était préférable à une guerre civile qui nous guettait et les terroristes n'attendaient qu'une occasion pour porter un coup de grâce au pays.Ils n'ont pas tarder à le faireLIl fallait coûte que coûte remettre la RIM au travail.La reconnaissance de la victoire de Aziz par IMS est un acte patriote et salutaire Il y'a le TEXTE et le CONTEXTE.Ceux qui ont contesté ces résultats,qu'ont-ils fait?
Votre but est d'enjoliver vos propos dans le seul but de salir M.Ibrahima Moctar Saar.
Le Parti AJD/MR a fait son devoir en toute responsabilité et n'a que faire des analyses des envieux et des jaloux.Ceux qui s'abreuvent à longueur de journée de la mort de l'AJD/MR,de son BP et de ses militants n'ont qu'à continuer.Ils n'en seront pas les héritiers.
Ses intellectuels WONTUBE RENOOBE GALLEEJI BE LAAMBE HESBE ne nous dérangent pas.Le champ politique mauritanien est trés vaste.En tout cas cultiver et semer peu à cause des oiseaux et des criquets est préférable que de laisser son champ en friches pour devenir MENDIANT.
VIVE AJD/MR
HA YEESO KO LAAWOL.ILAL AMAAM.
Mes respects.

7.Posté par Alpha le 30/08/2009 14:15
Mr Boye vous êtes resté sur les critiques de Samba Thiam et rien d'autre, pourtant on aurait souhaité autre chose de votre part. Le site flamnet ne s'y est pas trompé en titrant: cet article est rédigé par un membre des flam. On ne sait pas où ranger votre posting. Verbiage inutile? Signalement pour dire à un 'ami' je suis là? soutiens à interview xxxx du president des flam?Hare mone gasi.

8.Posté par Googueyanke le 30/08/2009 14:50
Hé les camarades, il faut être démocrate. Boye a fait son alyse et sa vsion de la politique en Mauritanie, vous devrez apportez les votres sans amertume. Depuis quelques temps nous n'arrivons pas à vous suivre avec des faux débats. Je ne connais pas Boye sauf dans ses écrits , mais j'ai voté IMS et je ne le regrette, donc soyons tolérent et débattons sur le sujet non sur la personne . Tant que nous dépasserons pas nos rancoeurs, notre unité sera difficile, donc les beydanes auront toujours de l'avance sur nous. Boye est un grand militant et il est constant quelque soit son appartenance politique c'est son choix et respectons le , il le mérite. Boye depuis ton livre j'étais à Walata, j'ai su que tu fais parti de nos dirigeants noirs à qui nous pouvons compter pour notre combat très difficile à cause de notre mésentente ridicule. Chacun est libre de ses choix politiques mais qu'on oublie pas notre point commun ( l'injustice, l'exclusion, etc.......).
VIVE L UNITE DES NOIRS EN MAURITANIE

9.Posté par Cheikh le 30/08/2009 21:24
Beaucoup trop long. trop tard déjà lu à plusieurs endroits. depuis le 18 juillet au 30 aout il y a du temps.

10.Posté par sidi sow le 30/08/2009 21:48
vraiment, j'ai horreurs de ces textes qu'on a trop lu et entendu. Je crois que mr boye était absent depuis le 18 juillet car ce tintamare de mises en scenes a été lu et relu. Arretons un peu de nous mettre en scene pour rien. J'invite les gens à relire l'article de hamdou raby sy sur le statut d'intellectuel.

11.Posté par INA WONNA le 31/08/2009 00:19
C'est un accouchement tres difficile ce texte.
Boye nous parle de Sidioca oublié par ses supporters du Fndd, qui se rappelle du Fndd d'ailleurs? Boye sociologue ou grand connaisseur du milieu politique mauritanien n'est pas convainquant. Il attaque Sarr, kane, Aziz et l'opposition et souhaite que le president l'invite lui aussi.
Un bon donneur de leçon plongé dans ses certitudes.
N'EST PAS INTELLECTUEL QUI VEUT.

12.Posté par Yéro SY le 31/08/2009 12:00
Rien de nouveau, du simple copier coller des idées déjà émises par les mauritaniens de tous bords. BOYE (XXXXX), je vous renvoie à vos propres propos de l'an 2000, quand vous disiez de quelqu'un 'la montagne a accouché d'une souris'.En réponse à Ina wona, je dis tout simplement que les mauritaniens ne font pas souvent la différence entre lettré et intellectuel.

13.Posté par ahmed le 31/08/2009 13:44
l'écrivain Boye dormait depuis le 18 juillet ou quoi.nousa vons eu le temps de lire en Mauritanie depuis ou est-ce un vieux article c'est ennuyant de lire ces histoires pas original cet écrivain.

14.Posté par lamine le 31/08/2009 15:17
unmanque d'inspiration pour un écrivain ou il veut se faire voir pas marrant

15.Posté par Posté par élimane naykon le 31/08/2009 15:51
Mr : Boye Alassane Harouna ,nous sommes découragés parce qu'un grand écrivain comme vous prendre son bic et écrire quelque chose qui n'a pas de sens et surtout hauteur du livre j'etais à Walataa ,je veux dire qu'aujourd'hui nous avons besoins des gens qui nous unissent ,mais pas des idées qui nous rammenent en arrière c'est honteux pour un intelectuel,faite comme SARR IBRAHIMA MOCTAR revenez et affrontez nos problèmes dans le terrain,personne ne empeche de revenir dans votre pays ,mais agir de cette manière tout en connaissant nos problèmes interne INA HAAWNII !
.
Votre question : pourquoi en 2007 l'AJD-MR à eu 8% huits pourcent et à reculer en 2009 ,Mais boye c'est accause des gens comme vous(SO FONNOOBE DARAADE PEEWNA NGONTII BURUUTI INA NAAMA HOLNO NJAARIRTEN YEESO )
Votre question sur la participation de AJD-MR seul parti politique décide de participer aux élections du 06 Aout 2009.
Réponse : Nous nous sommes un parti libre de prendre des décisions que nous jugeons favorable dans l'intéret de tous . Nous avons participé aux élection ;c'est pour informer tout le monde que nous existons dans ce pays et désormais nous optons pour nos principent
nous avons des gens hommes qui peuvent tenir tete et nous les suivons,c'est fini la marginalisation dans ce coté.
Deuxièment votre question c'est surtout notre prise d'acte ,Mr: boye c'est là votre erreure vous et les autres ...qui ont perdu le combat le faite d'aplaudire et de soutenir sidi ,vous n'avez plus votre raison d'etre ( HAALA NE WEEBI KO GOLLE CADI NGARTEE SO DON NJOGII GOONGA HANKADI GOLLE ) ,vos idées ne trompent personne maintenant .
Concernant l'affaire de Hanafi mais boye SVP il faut lire l'actualité vous etes depassé des évennement ,grave accause de la haine (Haasidaagal) vous ignorer la vérité ! haa yeeso ko laawol .
Vous dis boye INA WONA (c'est possible ) WONATA HAA LAAKARA CAGGAL KO DII MIIJOOJI NJOGI DON MI FEEWNATAA - MI DACCATAA PEEWNOOWA FEEWNA .
Pourquoi le candidat de l'AJD-MR sachant qu'il est blan comme neige ne s'est-il pas expliqué preuve sur table.Réponse IMS a un avocat doter de tout les pouvoirs point barre.
A BON ENTENDEUR SALUT PROCHAIEMENT
écrit par élimane naykon

16.Posté par Yero Mama le 31/08/2009 21:23

Militaire de carrière, prisonnier de circonstance victime aussi du système raciste, reconverti en écrivain après sa sortie de la bagne de Walata.
Ne sachant plus sur quel pied danser pour attirer des lecteurs, s'acharne incroyablement sur l'honorable personnalité que la Mauritanie n'a jamais connu : Ibrahima SARR un victime comme lui, à la différence que ce dernier demeure toujours digne et constant dans son combat.
Quelle est alors la différence entre Hanefi, Boye Harouna, Taqadoumy et leurs commanditaires qui haïssent à la folie l'honorable Ibrahima Moctar SARR.
Boye boye loin de sa Mauritanie.
Dans sa vie en Bretagne se trompe encore de cible.
Pour un vrai écrivain: il y'a tellement de sujets prioritaires à traiter dans cette Mauritanie que nous vivons pour changer le vécu des 90% des Mauritaniens blessés, humiliés, exclus...
Son intérêt ne se trouve pas aujourd'hui dans son alliance avec les forces de l'inertie : Taqadoumy et ses commanditaires.
Quelle triste évolution de notre cher Boye Harouna.
On dirait que vous n'étiez vraiment à Walata, comme lui et les autres.


17.Posté par binta dia le 01/09/2009 14:51
vous ne pouvez etre un partit politique et ne pas tolerer les critiques et surtout les opinions des autres, MR Allassane n a fait qu'exprimer son opinion par rapport a une situation donnee.. je pense que l'egaller a hanevi juste avoir exprimer son opinionn c;est vraiment aller de trop.. Avoir une autre vision que lMS ne veut pas necessaire dire haillir Sarr.

18.Posté par ELIMANE NAYKON le 02/09/2009 15:38
Nous vous demandons de changer vos positions,ils ne vous serverons à rien ,il est temps de ce resaisir ,arretons de dénigrer nos grands hommes qui ont tous fait pour que justice et l'égalité soit respecter partout .
Pour répondre à ma soeur binta dia ,qua Alassane n'a fait qu'exprimer son opunion ,d'acord mais je vous demande de lire attentivement l'article de Alassane la gravité du dit par rapport à notre situation actuelle dans ce pays , à savoir une marginalisation totale au moment ou nous luttons pour notre éxistence et notre appartenance dans notre pays ,cohabitation,jusice et légalité pour tous et que d'autres veulent nous effacer( NGENNDIYANKE LENOL HADE MUM HAALDE WALLAH WINNDUDE YOO ARDIN HAKKILLE )
je dis bien que Mr. boye alassane à comis une grosse erreure le faite de réagir comme ca ,et surtout ;oublier qu'il à quitter son pays malgré lui (SO NEDDO MAJJII YOO RUTTO TO UMMINOO )
Pour les gens qui nous traite d'etre les soutiens de SARR ,on est fière de l'etre ,pour ne pas dire qu'il est seul dans le pays,qui,dans ce pays a eu le courage d'affronter et de défendre la cause des opprimés(négros et autres)en mauritanie comme il le fait ,peut etre y aura d'autres mais un proverbe en pulaar dit que "LIINGU JUNNGO WOPPINTAAMIN LIINGU KOYNGAL "Sarr n'a pas laisser la honte darrière lui en passant PAR les FLANS,L'UFD,AC ET APP a ce jour il le meme (NGOONGA WELAANI MUUS)
SALUT TRES PROCHAINEMENT Par Eléminé Naykon





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