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Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

*Ousmane SARR, président
*Demba Niang, secrétaire général
*Secrétaire général Adjt; Demba Fall
*Alousseyni SY, Chargé des relations extérieures
*Mme Rougui Dia, trésorière
*Chargé de l’organisation Mariame Diop
*adjoint Ngolo Diarra
*Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication
*Chargé de mission Bathily Amadou Birama
Conseillers:
*Kane Harouna
*Hamdou Rabby SY










AVOMM

En Afrique, un juteux business autour des demandes de visas


Son nom résonne dans une bonne partie de l'Afrique. VFS Global est une entreprise indienne très connue sur le continent : c'est à elle que de nombreuses ambassades à travers le monde ont confié le traitement de leurs demandes de visas. Pour faire simple, si vous êtes candidat au Sénégal pour un visa pour la France, ou en République démocratique du Congo pour la Chine, c'est VFS qui traite votre demande de rendez-vous auprès des ambassades concernées. VFS Global a su en faire une affaire très lucrative, au point d’attirer dans son sillage des fraudeurs et de faire l'objet d'incompréhensions chez les demandeurs

Présente dans 168 pays et en contrat avec 71 gouvernements, VFS Global laisse le même goût d’amertume chez nombre de candidats aux visas dans le monde et en Afrique, pour qui l'accès au précieux sésame est devenu un parcours complexe et coûteux. « Je ne comprends pas tout le système », s’exclame Aliou, artiste-graffeur et entrepreneur sénégalais habitué des demandes de visa pour l'Europe. « Mais ce qui se passe avec les visas en Afrique, excusez le terme, c'est du grand n'importe quoi ! Pour moi, c'est de l'arnaque ! » La même colère et les mêmes mots reviennent chez de nombreux Africains interrogés dans le cadre de cette enquête.

VFS Global (Visa Facilitation Services Global), majoritairement détenue par le fonds d'investissement américain Blackstone, a vu ses bénéfices opérationnels exploser de 31 à 171 millions d'euros entre 2017 et 2024. Un bond considérable alors que, sur la même période, le volume des demandes n'a augmenté que de 15 %, comme l'indiquent ses états financiers déposés au Luxembourg.

VFS explique cette croissance fulgurante en partie par la vente de services dits à valeur ajoutée – des VAS –, tous payants, tels que l'envoi d'informations par SMS ou l'accès à un salon premium. C'est justement cette vente de services qui est placée au cœur de la stratégie commerciale de la société.

L'enquête a permis de collecter des données à partir de reçus de demandes de visa provenant de plusieurs pays. Cet échantillon montre que les VAS pèsent pour 30 % du chiffre d'affaires de l'entreprise au niveau mondial. En Afrique du Sud et au Kenya, indiquent ces données, la vente de ces services englobe plus du tiers des revenus du VFS local, et plus du quart au Nigeria.

En Afrique, du Sénégal au Nigeria en passant par le Kenya, de nombreux employés et ex-employés de l'entreprise ont indiqué avoir été spécialement formés à la vente de ces services. Contraints par les objectifs commerciaux de leur direction et motivés par des primes alléchantes, les agents ont expliqué qu’ils faisaient payer ces services aux demandeurs, sans toujours préciser qu'ils étaient optionnels et, surtout, qu'ils ne garantissaient pas l'obtention du visa.

Au Sénégal, par exemple, un ex-salarié a déclaré de manière anonyme que le service de notification par SMS était présenté comme quasi-obligatoire. Il a fait part d'une « pression » subie pour vendre des VAS du type salon premium ou espace VIP. D'anciens employés de VFS au Kenya ont confié de leur côté qu'ils devaient systématiquement ajouter les frais de SMS et de courrier à la facture des demandeurs… qui ignoraient que ces VAS étaient facultatifs. Deux anciens membres du personnel ont précisé qu'ils percevaient également des commissions sur les ventes.

Des rapports d'inspection issus de 22 pays de la zone Schengen et de la Commission européenne elle-même soulignent également une « pression excessive de VFS Global pour promouvoir ses services » et un flou entretenu par l'entreprise sur le caractère optionnel des VAS, comme l'attestent des rapports transmis par la Suède en 2025 et la République tchèque à la Commission en 2024.
Agences parallèles illégales

À ce système sont venus se greffer des réseaux parallèles extérieurs à VFS, organisés notamment par des employés ou d'ex-employés de l'entreprise. Par leur maîtrise du système de prise de rendez-vous chez VFS, ils montent des "agences" extérieures, illégales mais laissant croire qu'elles collaborent avec l'entreprise. Souvent représentées par des personnes postées autour des bureaux de VFS, ces agences frauduleuses promettent plein succès aux candidats au visa, désespérés par les rejets répétitifs de leurs demandes.

Dakar, à quelques pas du centre de visa de VFS Sénégal. Salimata, en pleine démarches pour un visa pour la France, témoigne : « Tu essaies de trouver un rendez-vous à n'importe quel moment et il n'y en a pas. Donc il y a des agences (terme souvent utilisé par les fraudeurs, NDLR) qui s'en chargent pour toi et tu paies entre 75 000 et 200 000 francs CFA (entre 114 et 300 € environ). Et on n'est même pas sûr d'obtenir le visa, c'est juste pour avoir le rendez-vous. » Ce qui fait dire à Salimata qu’il existe « une complicité » entre gérants d’agences et employés de VFS « pour vendre des rendez-vous ».

Dans le bureau VFS Global qui délivre des visas pour la Chine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, l'enquête a pu prouver que cette complicité existe. Un journaliste participant à l'enquête s’est fait passer pour un demandeur de visa auprès d’une agence frauduleuse et a été mis en relation avec un employé du bureau VFS Global, qu’il a rencontré sur place. Ce dernier lui a réclamé 650 euros, soit plus du double du prix affiché pour le même visa.

En juin 2025 au Kenya, face aux plaintes des usagers, VFS Global s'est inquiétée publiquement de l'augmentation du nombre de personnes se faisant frauduleusement passer pour des agents de l'entreprise. « Tous les créneaux de rendez-vous sont disponibles gratuitement sur notre site web officiel et sont attribués en fonction de nos prévisions des demandes de visa », a déclaré Stephen Kubasu, directeur général des opérations de l'entreprise. « Les demandeurs ne doivent en aucun cas payer des tiers pour obtenir un rendez-vous car ces affirmations sont mensongères. »


Interrogée par écrit, dans le cadre de cette enquête, sur ces réseaux frauduleux qui opèrent à l'extérieur de l'entreprise, VFS Global a répondu mettre « activement en œuvre des mesures de sécurité robustes », tels que le mot de passe à usage unique et le CAPTCHA, pour protéger ses systèmes de prise de rendez-vous. Elle indique également avoir lancé la campagne #DoNotFallForFraud pour sensibiliser les demandeurs sur les escroqueries.

Concernant les services optionnels, VFS Global rappelle « qu'ils sont élaborés en concertation avec les gouvernements », que ​​​​« les demandeurs sont clairement informés que ces services ne sont pas obligatoires » et qu'« ils n'influencent ni les décisions relatives aux visas ni les délais de traitement. »

En somme, VFS ne fait rien d’illégal mais bénéficie d’un système restrictif mis en place par les Etats. C’est ce que résume Paul Hermelin, président du conseil d’administration de l’entreprise française CapGemini, spécialisée dans les services numériques. Dans son rapport Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas publié en 2023, il qualifie la politique française des visas de « machine à mécontentement » du fait de l’obsession sécuritaire et migratoire de Paris.

« Au Sénégal par exemple, sur 12 000 à 15 000 demandes, il y a un peu moins de 3 000 visas prévus pour les étudiants vers la France. Donc on fabrique près de 10 000 déçus, ça ne va pas du tout ! Avec un déficit de communication, on a une machine à mécontentement », analyse Paul Hermelin. « En France, on délivre généralement un visa d'un an. Si ça se passe bien, on passe à deux ans, puis trois… donc il fallait un nombre d'années incroyable pour arriver au visa de cinq ans. Il y a des hommes d'affaires qui vont et viennent entre Casablanca, Dakar et Paris, des professeurs d'université qui se déplacent pour des conférences, etc. Ce ne sont pas des migrants potentiels illégaux, donc pourquoi ne pas passer directement au visa de cinq ans ? »


Sidy Yansané, avec Azil Momar Lô et Ruben Nyanguila

Source : RFI
Lundi 8 Juin 2026 - 12:43
Lundi 8 Juin 2026 - 12:46
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