BA Mamadou Bocar préside actuellement aux destinées de l’AJD-MR. C’est une figure politique qui incarne la continuité du combat pour la justice plus que la rupture avec le fondateur Ibrahima Moctar Sarr. Sa rencontre avec la diaspora le 16 mai dernier à Paris s’inscrit dans cette démarche de redonner à son parti son rôle de porte-voix des problèmes des Mauritaniens en France, en Europe et aux Etats-Unis. Dans un contexte où l’État mauritanien fonctionne encore sur des logiques d’exclusion, la dernière manifestation de l’opposition dans la capitale mauritanienne est une référence, un espoir pour l’alternance démocratique en 2029. Kassataya saisit cette occasion pour faire le point avec lui sur la situation politique en Mauritanie.
Regards croisés avec la diaspora
Kassataya : Vous venez de rencontrer la diaspora à Paris sur la situation politique en Mauritanie. Quelle conclusion en faites-vous ?
BA Mamadou Bocar : Ma rencontre avec la diaspora fut un moment intense d’échange avec des gens connus pour leur constance militante et la préoccupation qu’ils ont des problèmes du pays. Et dans le contexte politique et socio-économique actuel, discuter avec eux a été l’occasion d’un regard croisé avec des personnes qui ont l’avantage du recul et de la distance.
Quant à la situation politique du pays, vous n’êtes pas sans savoir qu’au-delà de la prégnance de la question nationale qui nous est tant chère, la vie quotidienne des mauritaniens est devenue hélas une question politique transversale qui a l’avantage de fédérer l’opposition autour d’actions communes possibles. Et dans cette nouvelle dynamique, l’Ajd-MR joue un rôle central, car cela rejoint un appel qu’il n’a de cesse de réitérer depuis des années : le dialogue de l’opposition et ses retrouvailles autour d’actions communes.
Kassataya: La dernière manifestation de l’opposition à Nouakchott est saluée par les observateurs comme étant une réussite. Quelle lecture en faites-vous ?
BA Mamadou Bocar : La manifestation de l’opposition a été effectivement une belle réussite. Elle montre aussi que contrairement à une idée reçue, la contestation n’est pas morte dans ce pays. Les injustices structurelles portées par tous les régimes successifs ont atteint leur paroxysme. Et d’une certaine façon, cette réalité revêt cet effet paradoxal de démocratiser la galère. Cette situation constitue un terreau favorable à des luttes inter-sectionnelles. C’est pour cela qu’au-delà des partis politiques, il appartient également aux autres forces vives (syndicats et ONG de droits humains) de la société de rejoindre le mouvement pour l’amplifier.
La coalition de l’opposition, un espoir pour 2029
Kassataya : quel est votre regard sur la coalition de l’opposition dont votre parti est un acteur actif ?
BA Mamadou Bocar : La CAD (Coalition pour l’Alternance Démocratique 2029) est l’émanation d’une volonté commune de susciter les conditions du changement. Il est certain que l’Ajd-mr, en raison de son ancrage et de ses multiples expériences électorales, est une pièce centrale de cette coalition. Notre parti fera tout son possible pour que la coalition réussisse son pari.
Pour l’heure, nous travaillons à la structurer et à la consolider. Un chantier important est ouvert pour la rédaction de la charte fondatrice de la coalition, histoire de partir sur un socle commun. Mais d’ores et déjà, je puis vous dire que nombre d’entre nous, venant d’horizons politiques divers apprennent à travailler ensemble et à rapprocher les points de vue là où le lignes de fractures idéologiques étaient pourtant béantes.
Kassataya : pour revenir à votre première candidature aux présidentielles 2024. Quelles leçons en avez-vous tiré ?
BA Mamadou Bocar : Oui j’ai été candidat en 2024 par la volonté de mon parti qui venait de me désigner président lors d’un congrès extraordinaire, et par la même occasion candidat à l’élection présidentielle. Je n’étais pas dupe sur les résultats attendus. Car nous savons que le pouvoir contrôle tous les leviers du mécanisme électoral. Mais pour autant, cela fut une belle expérience, qui m’a permis d’aller à la rencontre des mauritaniens et d’être à l’écoute de leur préoccupation. Nous en sommes sortis avec les résultats que vous connaissez et qui sont forcément le fruit des dérives du système. Mais cela aura été pour nous une tribune pour nous faire entendre durant ce moment important de la vie du pays.
Kassataya : justement à propos d’élections. Comment ça se passe au niveau des implantations en France et en Mauritanie ?
Nous sommes depuis quelques mois dans une phase d’implantation du parti en vue de notre prochain congrès ordinaire. Les résultats de cette implantation au pays sont très encourageants. La commission en charge de cette opération fait du très bon boulot. Nombre d’endroits du pays sont couverts avec de nouvelles adhésions à la clef et la mise en place de nouvelles sections. La massification du parti se poursuit et nous espérons boucler ce travail d’ici quelques semaines inchaallah. Au niveau de la France, notre section locale est très vivante. La preuve, l’organisation de cette rencontre avec la diaspora qui a été un vrai succès. C’est d’ailleurs l’occasion de féliciter les bureaux de la section et du conseil local et leurs deux présidents : Ousmane AW et Thierno TANDIA.
L’alternance démocratique, un enjeu pour 2029
Kassataya : l’enjeu pour votre parti et l’opposition en général c’est l’alternance démocratique. Quelle est votre vision ?
BA Mamadou Bocar : L’alternance démocratique est une nécessité dans ce pays. Mais est encore plus nécessaire l’alternative au système qui opprime le peuple et exclut une bonne partie de la population. L’élection de 2029 sera cruciale, car celui qui est au pouvoir ne pourra pas se représenter. C’est donc un nouveau candidat, qui a moins d’ancrage que monsieur Ghazouani qui sera désigné par le parti au pouvoir et ses alliés. Il appartient à l’opposition de profiter de cette fragilité pour réussir à renverser la vapeur. Le peuple a montré à travers le meeting du 10 mai, qu’il avait soif de changement. Il appartient maintenant aux organisations politiques de transformer l’essai. Mais cela exige une certaine capacité à inventer le possible ; c’est-à-dire, à concrétiser ce vœu.
Nous à la CAD 2029, nous l’avons compris et travaillons à la réalisation de cet objectif. Mais nous avons besoin de tous ceux qui ont soif de changement pour y arriver.
Propos recueillis par Chérif Kane
Source : Kassataya
Regards croisés avec la diaspora
Kassataya : Vous venez de rencontrer la diaspora à Paris sur la situation politique en Mauritanie. Quelle conclusion en faites-vous ?
BA Mamadou Bocar : Ma rencontre avec la diaspora fut un moment intense d’échange avec des gens connus pour leur constance militante et la préoccupation qu’ils ont des problèmes du pays. Et dans le contexte politique et socio-économique actuel, discuter avec eux a été l’occasion d’un regard croisé avec des personnes qui ont l’avantage du recul et de la distance.
Quant à la situation politique du pays, vous n’êtes pas sans savoir qu’au-delà de la prégnance de la question nationale qui nous est tant chère, la vie quotidienne des mauritaniens est devenue hélas une question politique transversale qui a l’avantage de fédérer l’opposition autour d’actions communes possibles. Et dans cette nouvelle dynamique, l’Ajd-MR joue un rôle central, car cela rejoint un appel qu’il n’a de cesse de réitérer depuis des années : le dialogue de l’opposition et ses retrouvailles autour d’actions communes.
Kassataya: La dernière manifestation de l’opposition à Nouakchott est saluée par les observateurs comme étant une réussite. Quelle lecture en faites-vous ?
BA Mamadou Bocar : La manifestation de l’opposition a été effectivement une belle réussite. Elle montre aussi que contrairement à une idée reçue, la contestation n’est pas morte dans ce pays. Les injustices structurelles portées par tous les régimes successifs ont atteint leur paroxysme. Et d’une certaine façon, cette réalité revêt cet effet paradoxal de démocratiser la galère. Cette situation constitue un terreau favorable à des luttes inter-sectionnelles. C’est pour cela qu’au-delà des partis politiques, il appartient également aux autres forces vives (syndicats et ONG de droits humains) de la société de rejoindre le mouvement pour l’amplifier.
La coalition de l’opposition, un espoir pour 2029
Kassataya : quel est votre regard sur la coalition de l’opposition dont votre parti est un acteur actif ?
BA Mamadou Bocar : La CAD (Coalition pour l’Alternance Démocratique 2029) est l’émanation d’une volonté commune de susciter les conditions du changement. Il est certain que l’Ajd-mr, en raison de son ancrage et de ses multiples expériences électorales, est une pièce centrale de cette coalition. Notre parti fera tout son possible pour que la coalition réussisse son pari.
Pour l’heure, nous travaillons à la structurer et à la consolider. Un chantier important est ouvert pour la rédaction de la charte fondatrice de la coalition, histoire de partir sur un socle commun. Mais d’ores et déjà, je puis vous dire que nombre d’entre nous, venant d’horizons politiques divers apprennent à travailler ensemble et à rapprocher les points de vue là où le lignes de fractures idéologiques étaient pourtant béantes.
Kassataya : pour revenir à votre première candidature aux présidentielles 2024. Quelles leçons en avez-vous tiré ?
BA Mamadou Bocar : Oui j’ai été candidat en 2024 par la volonté de mon parti qui venait de me désigner président lors d’un congrès extraordinaire, et par la même occasion candidat à l’élection présidentielle. Je n’étais pas dupe sur les résultats attendus. Car nous savons que le pouvoir contrôle tous les leviers du mécanisme électoral. Mais pour autant, cela fut une belle expérience, qui m’a permis d’aller à la rencontre des mauritaniens et d’être à l’écoute de leur préoccupation. Nous en sommes sortis avec les résultats que vous connaissez et qui sont forcément le fruit des dérives du système. Mais cela aura été pour nous une tribune pour nous faire entendre durant ce moment important de la vie du pays.
Kassataya : justement à propos d’élections. Comment ça se passe au niveau des implantations en France et en Mauritanie ?
Nous sommes depuis quelques mois dans une phase d’implantation du parti en vue de notre prochain congrès ordinaire. Les résultats de cette implantation au pays sont très encourageants. La commission en charge de cette opération fait du très bon boulot. Nombre d’endroits du pays sont couverts avec de nouvelles adhésions à la clef et la mise en place de nouvelles sections. La massification du parti se poursuit et nous espérons boucler ce travail d’ici quelques semaines inchaallah. Au niveau de la France, notre section locale est très vivante. La preuve, l’organisation de cette rencontre avec la diaspora qui a été un vrai succès. C’est d’ailleurs l’occasion de féliciter les bureaux de la section et du conseil local et leurs deux présidents : Ousmane AW et Thierno TANDIA.
L’alternance démocratique, un enjeu pour 2029
Kassataya : l’enjeu pour votre parti et l’opposition en général c’est l’alternance démocratique. Quelle est votre vision ?
BA Mamadou Bocar : L’alternance démocratique est une nécessité dans ce pays. Mais est encore plus nécessaire l’alternative au système qui opprime le peuple et exclut une bonne partie de la population. L’élection de 2029 sera cruciale, car celui qui est au pouvoir ne pourra pas se représenter. C’est donc un nouveau candidat, qui a moins d’ancrage que monsieur Ghazouani qui sera désigné par le parti au pouvoir et ses alliés. Il appartient à l’opposition de profiter de cette fragilité pour réussir à renverser la vapeur. Le peuple a montré à travers le meeting du 10 mai, qu’il avait soif de changement. Il appartient maintenant aux organisations politiques de transformer l’essai. Mais cela exige une certaine capacité à inventer le possible ; c’est-à-dire, à concrétiser ce vœu.
Nous à la CAD 2029, nous l’avons compris et travaillons à la réalisation de cet objectif. Mais nous avons besoin de tous ceux qui ont soif de changement pour y arriver.
Propos recueillis par Chérif Kane
Source : Kassataya

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