Après plusieurs jours d’observation de la situation de ma propre grande sœur (Kiné Sanghott), j’ai préféré attendre le bon moment avant de m’exprimer publiquement sur cette triste épreuve. Cette situation me replonge dans les années où certaines familles, à Kaédi comme aux quatre coins de la Mauritanie, étaient contraintes de quitter sauvagement leurs maisons, sans rien pouvoir emporter avec elles.
Des familles dont je ne citerai pas les noms me reviennent en mémoire, malgré le souvenir parfois très lointain. C’est dans l’épreuve que l’on reconnaît les véritables amis, les alliances sincères et le sens profond de la parenté. Je peine à comprendre qu’un appel à manifester sa solidarité envers cette famille ne puisse même pas susciter, en première ligne, la présence de ses amis, des enfants des voisins, des filles et fils des alliés, ainsi que des membres des familles proches. Cette épreuve renforce encore davantage ma réflexion sur les limites de certaines relations dont la proximité semble parfois davantage liée aux circonstances favorables qu’à un véritable attachement humain. Lorsque tout va bien, les marques de fraternité ne manquent pas. Mais lorsque survient la tempête, les présences se font parfois rares. Heureusement, certains ont très tôt appris à vivre dans la solitude sans pour autant être solitaires. Apprendre à être indépendant, c’est aussi apprendre à ne pas être déçu par des espérances qui ne seront jamais au rendez-vous. La maturité, c’est mettre tout en œuvre pour ne compter que sur soi-même, avec l’audace de l’exprimer, même lorsque tout semble dans l’impasse.
Les Négro-Mauritaniens sont encore loin de constituer une véritable force collective, que ce soit sur les plans social, politique ou même religieux. La vérité, c’est que nous excellons souvent dans l’expression des émotions, les discours théoriques, les marques de considération, les éloges et les témoignages de fraternité. Pourtant, ces manifestations ne se traduisent pas toujours par des actes concrets lorsque les circonstances exigent une véritable mobilisation. La sincérité risque alors de rester une belle intention plutôt qu’une réalité vécue au quotidien. La maturité consiste peut-être, pour éviter les désillusions, à intégrer profondément cette réalité. Nos sociétés restent marquées par des réflexes individualistes, qui limitent parfois les élans de solidarité au moment où ils deviennent véritablement nécessaires. La solidarité ne se proclame pas, elle se manifeste. Et c’est précisément dans les moments difficiles que sa sincérité se mesure.
@Yoo Alla Faabo !!!
Abdoul GUISSÉ
Des familles dont je ne citerai pas les noms me reviennent en mémoire, malgré le souvenir parfois très lointain. C’est dans l’épreuve que l’on reconnaît les véritables amis, les alliances sincères et le sens profond de la parenté. Je peine à comprendre qu’un appel à manifester sa solidarité envers cette famille ne puisse même pas susciter, en première ligne, la présence de ses amis, des enfants des voisins, des filles et fils des alliés, ainsi que des membres des familles proches. Cette épreuve renforce encore davantage ma réflexion sur les limites de certaines relations dont la proximité semble parfois davantage liée aux circonstances favorables qu’à un véritable attachement humain. Lorsque tout va bien, les marques de fraternité ne manquent pas. Mais lorsque survient la tempête, les présences se font parfois rares. Heureusement, certains ont très tôt appris à vivre dans la solitude sans pour autant être solitaires. Apprendre à être indépendant, c’est aussi apprendre à ne pas être déçu par des espérances qui ne seront jamais au rendez-vous. La maturité, c’est mettre tout en œuvre pour ne compter que sur soi-même, avec l’audace de l’exprimer, même lorsque tout semble dans l’impasse.
Les Négro-Mauritaniens sont encore loin de constituer une véritable force collective, que ce soit sur les plans social, politique ou même religieux. La vérité, c’est que nous excellons souvent dans l’expression des émotions, les discours théoriques, les marques de considération, les éloges et les témoignages de fraternité. Pourtant, ces manifestations ne se traduisent pas toujours par des actes concrets lorsque les circonstances exigent une véritable mobilisation. La sincérité risque alors de rester une belle intention plutôt qu’une réalité vécue au quotidien. La maturité consiste peut-être, pour éviter les désillusions, à intégrer profondément cette réalité. Nos sociétés restent marquées par des réflexes individualistes, qui limitent parfois les élans de solidarité au moment où ils deviennent véritablement nécessaires. La solidarité ne se proclame pas, elle se manifeste. Et c’est précisément dans les moments difficiles que sa sincérité se mesure.
@Yoo Alla Faabo !!!
Abdoul GUISSÉ

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