L'Union africaine va-t-elle finalement adouber le candidat rebelle ? Pour éviter de fragiliser les chances du continent, la Commission de l'UA a lancé une procédure de silence visant à soutenir formellement l'ancien président sénégalais
L'Union africaine (UA) se retrouve au cœur d'un imbroglio diplomatique inattendu. Officialisée le 2 mars dernier, la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU a pris de court les instances continentales. Portée par le Burundi et sans l'aval de Dakar, cette démarche inédite divise profondément l'organisation, qui doit désormais décider si elle apporte son soutien formel à un candidat ayant court-circuité ses processus de concertation.
La candidature de Macky Sall pour succéder à António Guterres en 2027 a été menée au mépris des règles non écrites de la diplomatie africaine. Face au refus de son successeur, Bassirou Diomaye Faye, de parrainer son dossier en raison de profondes fractures politiques internes, l'ex-président s'est tourné vers le chef d'État burundais, Évariste Ndayishimiye.
Ce passage en force est mal perçu au sein de l'UA. Comme le souligne Jeune Afrique, le sujet n'avait même pas été abordé lors du 39e sommet de l'organisation en février. Un ambassadeur d'Afrique australe s'alarme de ce précédent fâcheux auprès du magazine : « Si l’on ne respecte pas le principe non écrit de rotation géographique au sein de l’ONU et qu’on n’attend pas notre tour, le risque sera de voir les États les plus puissants imposer leur propre candidat à l’avenir, au détriment de l’Afrique. »
L'agacement est partagé par d'autres chancelleries, reprochant au duo Sall-Ndayishimiye d'avoir ignoré le comité ministériel des candidatures internationales. « En court-circuitant les processus prévus par les textes de l’UA, il s’est aliéné une partie des États sur lesquels il aurait pu s’appuyer », déplore un diplomate présent lors du dernier sommet, cité par Medhi Ba.
Le rattrapage in extremis de la Commission de l'UA
Malgré ces critiques ouvertes, l'Union africaine tente de reprendre la main sur ce dossier épineux pour éviter d'afficher ses divisions au grand jour. La lettre officielle envoyée à l'ONU par l'ambassadeur burundais entretenait d'ailleurs une habile confusion en précisant que son gouvernement « préside actuellement l’Union africaine », laissant sous-entendre un soutien continental qui n'existait pas encore.
Cependant, Jeune Afrique révèle ce vendredi qu'un rattrapage est en cours. Le 26 mars, le Bureau du secrétaire de la Commission de l’UA a soumis aux États membres un projet de résolution visant à soutenir officiellement la candidature du Sénégalais. Ce soutien pourrait être validé via la procédure dite « de silence » : si moins d'un tiers des États votants s'y opposent, l'approbation de l'UA sera actée par consensus.
Même s'il parvient à rallier l'Union africaine à sa cause, Macky Sall devra faire face à de sérieux obstacles à l'international. S'il s'est assuré en coulisses, d'après un proche interrogé par JA, qu'aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité n'utiliserait son droit de veto, la coutume de la rotation géographique défavorise l'Afrique, qui a déjà assumé trois mandats consécutifs entre 1992 et 2006.
L'Amérique latine, favorite pour ce tour, présente déjà quatre candidatures solides, dont celle de l'Argentin Rafael Mariano Grossi. De plus, le bilan de Macky Sall au Sénégal, terni par la violente répression de manifestations en 2021 et 2023, ainsi que par le scandale de la dette cachée, fragilise sa posture.
Reste à voir si l'Union africaine prendra le risque d'adouber formellement un candidat aussi clivant, au détriment de ses propres règles de concertation.
Source : Seneplus
L'Union africaine (UA) se retrouve au cœur d'un imbroglio diplomatique inattendu. Officialisée le 2 mars dernier, la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU a pris de court les instances continentales. Portée par le Burundi et sans l'aval de Dakar, cette démarche inédite divise profondément l'organisation, qui doit désormais décider si elle apporte son soutien formel à un candidat ayant court-circuité ses processus de concertation.
La candidature de Macky Sall pour succéder à António Guterres en 2027 a été menée au mépris des règles non écrites de la diplomatie africaine. Face au refus de son successeur, Bassirou Diomaye Faye, de parrainer son dossier en raison de profondes fractures politiques internes, l'ex-président s'est tourné vers le chef d'État burundais, Évariste Ndayishimiye.
Ce passage en force est mal perçu au sein de l'UA. Comme le souligne Jeune Afrique, le sujet n'avait même pas été abordé lors du 39e sommet de l'organisation en février. Un ambassadeur d'Afrique australe s'alarme de ce précédent fâcheux auprès du magazine : « Si l’on ne respecte pas le principe non écrit de rotation géographique au sein de l’ONU et qu’on n’attend pas notre tour, le risque sera de voir les États les plus puissants imposer leur propre candidat à l’avenir, au détriment de l’Afrique. »
L'agacement est partagé par d'autres chancelleries, reprochant au duo Sall-Ndayishimiye d'avoir ignoré le comité ministériel des candidatures internationales. « En court-circuitant les processus prévus par les textes de l’UA, il s’est aliéné une partie des États sur lesquels il aurait pu s’appuyer », déplore un diplomate présent lors du dernier sommet, cité par Medhi Ba.
Le rattrapage in extremis de la Commission de l'UA
Malgré ces critiques ouvertes, l'Union africaine tente de reprendre la main sur ce dossier épineux pour éviter d'afficher ses divisions au grand jour. La lettre officielle envoyée à l'ONU par l'ambassadeur burundais entretenait d'ailleurs une habile confusion en précisant que son gouvernement « préside actuellement l’Union africaine », laissant sous-entendre un soutien continental qui n'existait pas encore.
Cependant, Jeune Afrique révèle ce vendredi qu'un rattrapage est en cours. Le 26 mars, le Bureau du secrétaire de la Commission de l’UA a soumis aux États membres un projet de résolution visant à soutenir officiellement la candidature du Sénégalais. Ce soutien pourrait être validé via la procédure dite « de silence » : si moins d'un tiers des États votants s'y opposent, l'approbation de l'UA sera actée par consensus.
Même s'il parvient à rallier l'Union africaine à sa cause, Macky Sall devra faire face à de sérieux obstacles à l'international. S'il s'est assuré en coulisses, d'après un proche interrogé par JA, qu'aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité n'utiliserait son droit de veto, la coutume de la rotation géographique défavorise l'Afrique, qui a déjà assumé trois mandats consécutifs entre 1992 et 2006.
L'Amérique latine, favorite pour ce tour, présente déjà quatre candidatures solides, dont celle de l'Argentin Rafael Mariano Grossi. De plus, le bilan de Macky Sall au Sénégal, terni par la violente répression de manifestations en 2021 et 2023, ainsi que par le scandale de la dette cachée, fragilise sa posture.
Reste à voir si l'Union africaine prendra le risque d'adouber formellement un candidat aussi clivant, au détriment de ses propres règles de concertation.
Source : Seneplus

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