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Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

*Ousmane SARR, président
*Demba Niang, secrétaire général
*Secrétaire général Adjt; Demba Fall
*Alousseyni SY, Chargé des relations extérieures
*Mme Rougui Dia, trésorière
*Chargé de l’organisation Mariame Diop
*adjoint Ngolo Diarra
*Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication
*Chargé de mission Bathily Amadou Birama
Conseillers:
*Kane Harouna
*Hamdou Rabby SY










AVOMM

Les compagnons de Pol Pot enfin devant les juges

On dit que la justice a le bras long. Au Cambodge, il est aussi lent, très lent. Il aura fallu presque 30 ans - et des millions de morts et de personnes déplacées - pour que des acteurs majeurs de la «révolution» dirigée par Pol Pot aient à répondre de leurs actes. Des idéologues, dont plusieurs ont étudié à Paris, qui voulaient refaire le monde. Et gare à qui se trouvait sur leur chemin pour les en empêcher.


Noun Chea, un ancien dirigeant khmer.
Noun Chea, un ancien dirigeant khmer.
Rencontrer Robert Petit n'est pas une mince affaire. Il faut d'abord franchir un portail bordé de trois gardes armés. L'un scrute vos papiers, l'autre agite un détecteur de métal et le troisième sourit, les mains dans les poches.

Après quelques centaines de mètres dans des couloirs déserts, escorté par son assistante, on arrive à un bureau. Devant la porte, un garde du corps vous toise de la tête aux pieds. Pour assurer la sécurité du coprocureur du Tribunal khmer rouge, rien n'est laissé au hasard.

«Oui, le garde du corps Apparemment, c'est nécessaire, explique l'avocat de 46 ans. Ma femme a mis du temps à s'habituer, mais c'est la vie

Robert Petit est un vétéran des tribunaux spéciaux: Rwanda, Kosovo, Timor, Sierra Leone . Il tente aujourd'hui de faire condamner les principaux responsables du génocide cambodgien, l'un des pires du siècle dernier.

«Les gens attendent depuis 30 ans d'avoir des réponses, dit le Montréalais d'origine, installé dans son bureau en banlieue de Phnom Penh. Ça fait 30 ans qu'ils attendent de voir des gens admettre ce qu'ils ont fait. On parle d'un gouvernement qui, pendant trois ans, huit mois et 20 jours, a mis en place un appareil de répression, de persécution, note-t-il. Et c'est ce qu'on va prouver

Au service d'un communisme radical, les Khmers rouges ont régné de 1975 à 1979 sur un Cambodge saigné à blanc. Pol Pot et ses lieutenants ont changé des pagodes en prison, dynamité les banques et supprimé l'argent. Près de deux millions de Cambodgiens sont morts, soit le quart de la population.

La guerre froide a longtemps permis aux responsables d'échapper à la justice. Les États-Unis ont préféré supporter les Khmers rouges plutôt que ceux qui les ont chassés: les communistes vietnamiens. Un tribunal a finalement vu le jour en 2003. Depuis, les arrestations se multiplient. Cinq anciens leaders sont derrière les barreaux. Leur procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité devrait débuter à l'automne.

«Peut-être qu'il y aura d'autres inculpés, indique Robert Petit. On examine la preuve et on avisera

Le temps est compté

En quittant le bureau de Robert Petit, un conducteur de moto offre ses services. "Tu veux visiter les killing fields, ou la prison S-21?", demande le jeune homme qui n'était pas né en 1979.

À la prison S-21, 16 000 personnes ont été torturées avant d'être tuées. Les détenus affamés avalaient les cafards en cachette. Les gardes les battaient jusqu'à ce qu'ils les recrachent. L'ancienne prison devenue musée est aujourd'hui l'une des principales attractions touristiques de la ville. À Phnom Penh, comme ailleurs au Cambodge, il est difficile d'oublier le génocide.

"Tout nous ramène aux Khmers rouges, lance Kek Galabru, l'une des principales figures du mouvement social cambodgien. Tout nous rappelle l'impunité."

Il y a quelques années, sa fille habitait un quartier cossu de la capitale. Puis un jour, un nouveau voisin est apparu: Ieng Sary, ministre des Affaires étrangères sous Pol Pot. L'ancien Khmer rouge se promenait en voiture de luxe en plein Phnom Penh.

"Il habitait à deux maisons de chez elle, raconte Kek Galabru. Ma fille a déménagé. Ella a dit: "Je ne peux pas passer tous les jours devant sa maison, sachant que ce type-là est responsable de tant de morts"." L'homme, un des cinq dans la ligne de mire du Tribunal, est aujourd'hui détenu en attendant le procès. Le Cambodge est rempli de ces voisinages incongrus entre anciens tortionnaires et survivants.

Rares du reste sont ceux qui ne veulent pas que les Khmers rouges soient traduits en justice. Plusieurs par contre sont très critiques envers le Tribunal. "Les Cambodgiens ne sont pas satisfaits du tout, dit Mme Galabru. Ils se demandent pourquoi juger cinq personnes seulement. En plus, on voit que ça traîne. S'ils meurent, tout sera perdu."

Déjà plusieurs présumés responsables du génocide sont morts. Le "frère numéro un", Pol Pot, est décédé en 1998. L'un des principaux commandants militaires khmer rouge, Ta Mok, est mort en détention en 2006. La plupart des inculpés sont plus que septuagénaires. Le temps est compté pour le Tribunal. D'où une certaine impatience.

"Ma famille a beaucoup souffert sous les Khmers rouges. Si on additionne tout le monde, côté maman et côté papa, peut-être une cinquantaine de morts, calcule Kek Galabru. Ça fait beaucoup."

La mémoire et son coffre-fort

Le Centre de documentation du Cambodge est logé dans des bureaux anonymes. La muraille de briques et la porte de fer semblent vouloir dissimuler l'édifice, situé sur un grand boulevard de la capitale. C'est pourtant derrière ces portes que le génocide est répertorié, analysé et archivé.

«Nous ne gardons aucun original ici, explique Youk Chhang, directeur du Centre. Tout est conservé dans un lieu secret, quelque part au Cambodge.»

Aujourd'hui âgé de 47 ans, Youk Chhang était adolescent quand les Khmers rouges, après un long siège, ont conquis la capitale. Lui et sa famille ont été envoyés à la campagne. Les nouveaux maîtres du pays estimaient que les citadins étaient «bourgeois». Ils ont donc vidé les villes.

Youk Chhang a quitté le Cambodge une fois les Khmers rouges chassés par l'armée vietnamienne. Il y est revenu dans les années 90, décidé à documenter le génocide. Le Centre possède aujourd'hui plus de 600 000 pages d'archives. Les plus sensibles d'entre elles sont conservées dans des filières blindées gardées jour et nuit.

M. Chhang se dit maintenant en paix. Son travail pour les victimes lui a permis, en quelque sorte, de tourner la page. Il collabore avec le Tribunal khmer rouge et Robert Petit. Sans le Centre de documentation, un procès serait difficile, sinon impossible.

«Je sais que plusieurs ne sont pas satisfaits, dit-il. Mais nous ne pouvions espérer mieux que ce Tribunal. Il faut savoir tracer la ligne. On ne va quand même pas juger un million d'anciens Khmers rouges!»

Le Tribunal parviendra-t-il à panser des plaies qui, après 30 ans, sont toujours aussi vives? Les filières blindées de Youk Chhang et le garde du corps de Robert Petit rappellent que les braises du génocide sont encore chaudes au Cambodge.

Gabriel Béland


Source: cyberpresse
(M)
Dimanche 13 Avril 2008 - 18:39
Dimanche 13 Avril 2008 - 18:46
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