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Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

*Ousmane SARR, président
*Demba Niang, secrétaire général
*Secrétaire général Adjt; Demba Fall
*Alousseyni SY, Chargé des relations extérieures
*Mme Rougui Dia, trésorière
*Chargé de l’organisation Mariame Diop
*adjoint Ngolo Diarra
*Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication
*Chargé de mission Bathily Amadou Birama
Conseillers:
*Kane Harouna
*Hamdou Rabby SY










AVOMM

Politique de réconciliation en Mauritanie : amorces, difficultés et défis


Depuis quelques semaines déjà le processus d’un dialogue politique – ou d’une concertation – a été lancé avec la participation de la quasi-totalité des formations politiques. Le comité préparatoire a d’ailleurs terminé son travail et a adopté un calendrier flexible pour finaliser les autres aspects de la préparation du dialogue afin de lancer la concertation avant fin mai 2022.

C’est le moment qu’ont choisi certains milieux hostiles à tout rapprochement entre les communautés nationales, et qui sont prêts à tout pour saper les fondements de l’unité nationale, pour remettre de l’huile sur le feu. En effet, à travers un message diffusé et largement partagé dans les réseaux sociaux, un individu s’est violemment pris à la communauté peule, accusée de tous les maux.

Cette sortie qui a reçu quelques « encouragements » a néanmoins suscité une vague d’indignation de la part de toutes les communautés nationales. Et les autorités n’ont pas tardé à réagir en procédant à l’interpellation du suspect après une enquête ouverte par le Parquet. Reste maintenant à connaitre la suite.

Il est cependant curieux de constater qu’à chaque fois que les Mauritaniens tentent de se retrouver pour essayer de construire un avenir en commun, des « histoires » surprenantes surgissent comme par hasard.

De la politique du déni à une timide reconnaissance des faits

Il est difficile aujourd’hui de ne pas être interpellé par les débats liés à l’Histoire et à la mémoire douloureuse. Les politiques visant à gérer le passé traumatique dans l’optique d’une pacification des rapports sociaux occupent une place prépondérante dans de nombreux pays.

Alors que des États tels que l’Espagne, le Chili, l’Afrique du Sud, pour ne citer que ceux-ci, se sont réconciliés tant bien que mal avec leur histoire, la Mauritanie, « trait d’union entre Afrique noire et Afrique blanche », commence tout juste aujourd’hui à faire face à la sienne.

Pendant de longues années, les régimes autoritaires qui se sont succédé ont fait du silence et du « déni de mémoire » la règle et aucun écart de langage quant à la répression et les années de terreur n’était permis. Mais avec le coup d’État d’août 2005 et la mise en branle du processus de démocratisation, le « devoir de mémoire » s’est imposé comme une évidence.

Pressée par les revendications d’une partie de la société, cette jeune démocratie qu’est la Mauritanie s’est donc inscrite dans le registre des pays qui ont été poussés à évoquer, non sans de grandes carences, la question épineuse du passé violent et en l’occurrence des crimes commis dans les années 1980 et au début des années 1990.

Le souvenir est vivace dans la mémoire collective des Mauritaniens et les responsables de la répression sont presque tous en vie, ce qui ne rend que plus difficile l’idée de faire face à la question des victimes. Mais la Mauritanie peut-elle aspirer à une démocratisation aboutie en niant un pan entier de son histoire ?

L’hypothèse serait difficilement envisageable tant la volonté des victimes quant à leur réelle réhabilitation continue à se faire sentir, et à juste raison.

La courte lueur d’espoir de 2007

Plus qu’autre chose, c’est un discours de vérité et une authentique politique de reconnaissance qu’attendent les populations qui ont été touchées par la répression. Le cas mauritanien s’illustre par le silence total qu’il y a eu autour du phénomène. Sous d’autres cieux, on a reproché aux victimes leur omniprésence, leur acharnement à occuper l’espace public.

La victime mauritanienne, elle, est très éloignée de ce schéma, simplement parce que l’accès à l’espace public lui était interdit pendant plusieurs années, ou n’était envisageable que dans la mesure où elle se gardait de rappeler que son sort était la résultante d’une tentative d’« épuration raciale ».

Pourtant, prononçant un discours sur les déportés et sur l’esclavage, feu le Président, Sidi Ould Cheikh Abdellahi, déclarait : « Au cours des années 1980, notre pays a été le théâtre d’atteintes massives aux droits de l’Homme qui devaient culminer en 1989, 1990, 1991.

Des citoyens mauritaniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi que des résidents établis en Mauritanie ont été victimes d’exactions graves et injustifiées ». Il ajoute, comme si le moment était venu de réconcilier la Mauritanie avec son histoire :

« Chers compatriotes, je voudrais ici, au nom de la République, exprimer ma compassion à l’égard de toutes les victimes de ces années sombres. Je voudrais dire à chaque veuve, à chaque orphelin, à chaque réfugié, à chaque opprimé blessé dans sa dignité, que je partage l’intimité de leur souffrance ».

L’identification des bourreaux, un dangereux numéro d’équilibriste

Il s’agissait là, selon les diverses réactions recueillies à l’époque, d’une déclaration historique et chargée de promesses quant à la bonne marche du processus futur de réconciliation.

Alors que tout semblait tabou dans une Mauritanie bloquée et réticente à l’idée de se retourner sur son passé, cet aveu du chef de l’État, doublé d’une demande de pardon, sonnait pour les victimes comme les débuts prometteurs d’une sincère politique de reconnaissance.

Malheureusement, les espoirs furent rapidement déçus par le coup d’état perpétré par Mohamed Ould Abdel Aziz ; même si ce dernier avait lui aussi posé un geste symbolique, avec une prière aux morts à la mémoire des victimes des années de braise, organisée à Kaédi.

L’exigence des victimes quant à l’établissement de la vérité est certes légitime, mais elle soulève du coup d’autres problèmes. Comme dans tous ces États qui ont essayé de régler la question des victimes d’un système antérieur, la simple identification des bourreaux reste un dangereux numéro d’équilibriste.

C’est le principal reproche que font aux autorités du pays les associations de victimes présentes. Pourquoi donc cette frilosité ? Serait-ce la peur de réveiller les démons du passé ? Ou est-ce le souci de ne pas engager une chasse aux sorcières au terme de laquelle l’on découvrirait des araignées sous les oreillers ?

Il est évident dans tous les cas qu’il s’agit là d’un point sensible sur lequel les débats à venir achopperont. Cependant, l’espoir est grand quant à la possibilité de construire une Mauritanie unie car le processus de réconciliation n’en est encore qu’à ses débuts. L’avenir dira donc si la « réconciliation » ne fut qu’un vain mot ou, au contraire, si elle fut le début d’une histoire apaisée entre Mauritaniens.

Sikhousso

Source : L'Eveil Hebdo
Jeudi 19 Mai 2022 - 13:04
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