Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

Ousmane Abdoul Sarr, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Rougui Dia, trésorière

Chargé de l’organisation Ngolo Diarra

Commissaire au compte Mme Diop Marième

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication










AVOMM

Soutenance réussie de Hamdou Rabbi SY par le philosophe BÂ Kassoum Sidiki ( publié le 28/12/2007).


Les professeurs Hamdou Rabbi Sy et Kassoum Sidiki Ba
Les professeurs Hamdou Rabbi Sy et Kassoum Sidiki Ba
Comment rendre compte d’une intimité intellectuelle, de recherches menées comme un sacerdoce ? Entre les idées et l’homme, dans le parcours et le maniement des concepts la biographie et le questionnement philosophique s’imbriquent. Ce sont deux décennies de lecture de Hegel, de formulation d’hypothèses mûries dans le recueillement au sein de la savane du Fouta-Torro, dans cet espace de vie à la fois contenant et ouvert, qui ont pour terme l’oeuvre. C’est là sur les collines du Djèri de Djoudé et de Bababé, sur les plaines du wallo que se trouve la source de cette production intellectuelle. C’est dans ce bios qu’un jeune esprit s’est ouvert à tout ce qui peut faire le patrimoine de l’humanité. Le travail de Hamdou est l’aboutissement d’une vie, d’un effort qui a commencé par l’émerveillement, d’une interrogation continue sur les choses du monde.

Nous étions près d’une quarantaine de personnes en terre normande, sur le Mont Saint-Aignan d’où le regard peut s’élever vers le ciel étoilé ou s’abaisser sur les lumières de la ville de Rouen. C’est à la fin de l’activité diurne que la pensée prend son essor remarquait Hegel. Elle prit la forme d’une soutenance. Nous sommes venus assister à la soutenance de Hamdou Rabbi SY dont l’intitulé de la thèse est Le principe d’effectuation dans la phénoménologie de Hegel.

Vaste chantier reconnaîtra d’emblée l’auteur tant le philosopher hégélien est processus à saisir dans sa double dimension phénoménologique et logique. Les descriptions des phénomènes de la conscience sont le procès de l’esprit. La pensée n’est pas seule face à elle-même mais considération du réel et sa compréhension de l’univers est l’indice de sa propre prise de conscience, de la révélation des formes qu’elle peut prendre. C’est que l’esprit rend compte du monde et de lui-même. Ainsi la logique ne saurait se réduire à une méthode d’apprentissage, à une espèce d’introduction qui permettrait d’aller au fond de l’existant et de l’intellect. Elle est déjà en acte dans l’élaboration, dans le mouvement de la conscience vers l’être.

Le propos de Hamdou a été de faire apparaître que derrière le concept se profilent les diverses modalités d’expression du sujet et de l’objet, les figures par lesquelles le cosmos est à la fois un et multiple, idée et matière. C’est « l’auto-conscience », dit notre philosophe, qui émerge, qui est présente de part en part puisque l’objet n’est rien de ce que l’esprit n’y a pas mis. Il n’ y a d’objet que par un sujet qui le perçoit. Un être n’est en dimension et ne prend sa teneur et ses contours que par l’acte de penser. La pensée est alors constitutive de l’être de l’étant, elle en nomme l’essence selon des moments, elle en suit les modifications en les subsumant sous l’un.

Ce qui suggère l’idée d’un Hegel penseur du temps, d’une dialectique des moments, de la surface et des profondeurs. C’est cette interface entre l’objet et le sujet, la dynamique des figures qui permet de passer d’une expérience à une autre, qui fait d’un moment un terme et d’un terme un moment, qu’il faut saisir. Le sujet est alors tout contenu dans ses déploiements, dans ce qu’il manifeste dans une espèce de séparation de lui-même en deux, de scission de lui-même en esprit et en matière. Ce qui donne l’impression de circularité : on part du même et on revient au même. D’aucuns ont réduit Hegel très facilement, dans une lecture sommaire qui n’est pas celle du fin connaisseur Hamdou Rabbi SY, au triptyque thèse, antithèse, synthèse. C’est que le rapport sujet objet est une structure interne à la conscience. Le principe d’effectuation n’est pas acquis

Dans une parole claire et limpide qui est celle du professeur et du pédagogue note le Directeur de thèse, Monsieur Clairaux, Hamdou Rabbi SY, dans une argumentation serrée, dans une analyse jamais dispersée, annonce que le principe d’effectuation s’est imposé à lui comme conversion des figures. Le principe n’est pas une substance c’est-à-dire un fondement absolu donné une bonne fois pour toutes. Il est effectuation, procès en cours de validation ; en somme il s’agit d’un mouvement, la figure étant l’expression même de la mobilité. La conscience n’est telle à elle-même que par l’objet qu’elle interpelle et incarne en son sein. Ce qui semble être contraire à elle, à savoir l’objet, n’est que sa propre projection, sa mesure faite autre, son identité perçue différemment.

Le Professeur Labarrière, éminent représentant du hégélianisme d’aujourd’hui en tant que traducteur en français et spécialiste des œuvres de Hegel ne dira pas autre chose en reconnaissant que l’originalité de celui-ci est qu’identité et contradiction sont identiques. Tout principe est effectuation et s’il y a un principe c’est le savoir absolu défini comme l’esprit parvenu à la pleine connaissance de lui-même. Et Madame Debraz d’évoquer ce plaisir de lire un travail qui est de nous faire goûter toute la complexité de Hegel. Ce qui est intéressant dira cette membre du jury est la mise en évidence du déploiement du négatif. « Ce que j’ai apprécié c’est votre dette ». L’honnêteté intellectuelle est une exigence pour notre philosophe Hamdou Rabbi SY là où d’autres, dans les plis de l’âme sombre, masquent leur dette. La modestie du propos est d’avoir délimité à un texte le corpus hégélien. Par son ampleur la lecture interne de la Phénoménologie de Hegel, la langue était fluide et la bibliographie témoigne d’une connaissance remarquable notera encore Madame Debraz.

Par un texte qui n’est ni une répétition ni un mimétisme, dont la qualité rompt avec bon nombre de travaux affirmera le Président du jury, Hamdou aura apporté la preuve de la fermeté d’un désir, d’une incroyable témérité. Cette thèse fut tout sauf une affaire scolaire et la mention très honorable ainsi que la reconnaissance de l’originalité de son oeuvre sont là pour témoigner du sens du travail de ce natif de Djoudé Djèri, fils d’un guerrier peulh qui a troqué le sabre et le cheval pour le concept.

Je me félicite que l’ami, celui dont je suis l’aîné de deux ans, le compagnon de route sur le chemin de la méditation, ait pu produire un travail dont l’excellence servira des générations de chercheurs.

Dans une ère de rupture de sens et de cohérence, en un temps d’emballement des partialités qui ont pour nom terrorisme, protection d’intérêts privés, unilatéralisme américain, tests ADN pour les étrangers, relire Hegel penseur de la totalité qui inspira « l’homme total » de Marx est une aventure saisissante de l’esprit. C’est peut-être le chemin pour retrouver l’harmonie homme-nature dont la cité grecque était un bel exemple.

BÂ Kassoum Sidiki

Dimanche 20 Décembre 2020 - 00:47
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