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Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

*Ousmane SARR, président
*Demba Niang, secrétaire général
*Secrétaire général Adjt; Demba Fall
*Alousseyni SY, Chargé des relations extérieures
*Mme Rougui Dia, trésorière
*Chargé de l’organisation Mariame Diop
*adjoint Ngolo Diarra
*Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication
*Chargé de mission Bathily Amadou Birama
Conseillers:
*Kane Harouna
*Hamdou Rabby SY










AVOMM

Dieu a-t-il quitté l'Afrique? par Musa Dieng Kala

Dieu a-t-il quitté l'Afrique? demande Musa Dieng Kala dans un documentaire qui sera présenté en première mondiale au festival Vues d'Afrique cette semaine. Un film troublant sur les milliers de jeunes immigrants clandestins prêts à tout pour fuir leur continent. Rencontre avec un cinéaste indigné.



Dieu a-t-il quitté l'Afrique? par Musa Dieng Kala
Le 2 août 1999, à l'aéroport de Bruxelles, deux adolescents guinéens ont été trouvés morts dans le train d'atterrissage d'un avion en provenance de Conakry. Dans la poche de l'un d'eux, on a retrouvé une lettre écrite trois jours avant. «On souffre trop en Afrique», dit la lettre d'adieu écrite à l'encre noire par des jeunes qui, de toute évidence, se savaient condamnés.

Ce drame traité comme un simple fait divers fut le point de départ du touchant et troublant documentaire Dieu a-t-il quitté l'Afrique? (ONF). Un premier film né d'une indignation qui a mené le réalisateur québécois d'adoption Musa Dieng Kala à retourner dans le quartier de son enfance à Dakar pour y traquer la source de ce désespoir immense. Un désespoir qui pousse des milliers de jeunes Africains à risquer leur vie pour fuir leur continent.

Pour Musa Dieng Kala, le simple fait divers n'avait rien de simple ni de divers. «C'était comme si ces deux jeunes-là me parlaient», dit le réalisateur rencontré à la terrasse d'un café rue Ontario. «Je me disais: Comment un jeune de 14 ans peut-il avoir des idées aussi noires?»

Ces jeunes avaient tiré une sonnette d'alarme. Mais au lieu de s'en préoccuper, on a plutôt essayé d'étouffer l'affaire, déplore le cinéaste.

Dans son film, Musa Dieng Kala a voulu donner la parole à la jeunesse africaine. Il est retourné s'asseoir sur le banc où il s'asseyait pour rêver quand il était petit. Un banc de pierre, adossé à un mur blanc à la peinture défraîchie. Il y a 20 ans, assis là avec ses amis, il rêvait de devenir cinéaste et de refaire l'Afrique. Aujourd'hui, les jeunes échoués sur ce banc ne veulent que partir.

Tout le film est tourné autour de cette image très évocatrice des jeunes qui vont et qui viennent autour de ce banc, y boivent le thé, interpellent les passants, demandent conseil à qui veut bien leur en donner. À défaut d'avoir un travail digne de ce nom, ils tentent de trouver un capitaine de pirogue qui leur ferait traverser la mer jusqu'en Espagne. Peu leur importe les risques de l'immigration clandestine. «S'ils ferment la mer à clé, nous prendrons les airs», dira l'un d'eux. «La mort vaut mieux que la vie que nous menons

Qu'est-ce qui a changé entre l'époque où Musa Dieng Kala s'assoyait sur ce banc pour rêver et celle de ces jeunes morts-vivants? «Ma génération pouvait espérer, dit le cinéaste de 48 ans. C'était dur. Je ne viens pas d'une famille riche. Mais j'étais entouré de mes parents, d'un très grand amour.» Aujourd'hui, à cause des problèmes quotidiens, les parents n'ont plus le temps de s'occuper de leurs enfants. La survie a pris le pas sur la vie.

Quand Musa Dieng Kala a quitté Dakar pour Chicoutimi, en 1993, il l'a fait de son plein gré. Il comptait y faire des études en cinéma et ensuite rentrer au Sénégal. Pourquoi avoir choisi Chicoutimi? Parce qu'il était à la recherche d'un coin tranquille, où il allait pouvoir s'ennuyer un peu.

«L'ennui, ça m'aide», dit le cinéaste adepte de soufisme - la branche mystique de l'islam. Après trois ans, il était si attaché à Chicoutimi l'ennuyeuse et aux gens d'ici qu'il ne voulait plus les quitter. Et puis, c'est à Chicoutimi qu'on lui a découvert des talents de chanteur. Lui qui avait dirigé le studio d'enregistrement de Youssou N' Dour à Dakar, de 1991 à 1993, s'est mis à composer et à chanter des oeuvres inspirées par la poésie soufie, tout en poursuivant ses études en cinéma.

Déterminé, Musa Dieng Kala a mis quatre ans à trouver du financement pour ce premier film. Au début, il travaillait la nuit comme étalagiste chez Provigo et s'assoyait au petit matin devant son téléphone à la recherche de celui ou de celle qui allait lui faire confiance. «Je ne comprenais pas que les gens soient insensibles à cette question! Comment eux, que j'entends parler de leurs enfants, peuvent-ils être insensibles au sort de milliers de jeunes de 14 à 20 ans qui meurent en mer?»

Quand la productrice Colette Loumède, alors à l'ONF, lui a finalement dit oui, il a sauté au plafond. «J'ai commencé à voir des étoiles le jour! C'était un jour vraiment émouvant

Enfin outillé pour réaliser son rêve, Musa Dieng Kala s'est penché sur le sort de ses compatriotes aux rêves déchus. Sans les regarder de haut ni les prendre en pitié, Musa Dieng Kala nous invite à aller nous asseoir sur le même banc que ces jeunes pour qui partir n'est pas vu comme un choix mais bien une obligation. Il pose sur eux un regard empathique. Et il interpelle les dirigeants africains qui préfèrent ne pas savoir le drame qui s'ébauche jour après jour sur ce banc des égarés.

N'est-il pas ironique que ces arrière-petits-fils d'esclaves de l'île de Gorée empruntent le même océan que leurs ancêtres pour aller travailler au noir, comme des esclaves, dans des plantations ou des manufactures en Europe? demande le cinéaste. Qui est responsable de cet esclavage moderne?

Sans complaisance, Musa Dieng Kala blâme avant tout les dirigeants africains, sourds aux besoins de leur peuple. Ceux-là mêmes qui envoient leurs femmes accoucher en Occident et leurs enfants y faire leurs études. «Dire que les maux qui gangrènent l'Afrique sont de l'Occident, pour moi, c'est un vieux débat. Ce que les colons européens ont fait en Afrique, tout le monde le sait. Oui, il y a toujours des séquelles. On en a les preuves. Mais à un moment donné, il faut cesser les lamentations, cesser de pleurer sur le dos de l'Europe et dire ce qui ne va pas

L'aide consentie à l'Afrique augmente. La pauvreté, aussi. Où va donc l'argent? demande Musa Dieng Kala. «L'aide sert au développement d'une poignée de gens en Afrique qui roulent sur l'or et sont des coffrets ambulants», déplore-t-il.

Que faire? «Malheureusement, les gens qui peuvent changer l'Afrique sont les partis d'opposition, les intellectuels et les artistes. Le problème, c'est que dès qu'ils atteignent une certaine notoriété, ils sont achetés par l'État», dit le cinéaste, qui regrette qu'il n'y ait pas davantage de voix dissidentes.

Musa Dieng Kala espère bien que Dieu a-t-il quitté l'Afrique?, qui sera présenté au festival du cinéma d'Ouagadougou, sera vu par des dirigeants africains. Il aimerait aussi qu'il soit largement diffusé dans les cégeps et les universités d'ici.

«Peut-être que les jeunes qui le verront pourront mieux apprécier ce qu'ils ont ici. Des fois, on a tout pour être heureux. Mais on ne le voit pas avec le bon regard

Rima Elkouri
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Dieu a-t-il quitté l'Afrique? sera présenté en première mondiale mercredi le 16 avril à 18h et du 22 au 27 avril au cinéma ONF.

Cinéma ONF
1564, rue Saint.Denis
Montréal, Québec
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Source: cyberpresse
(M)

Dieu a-t-il quitté l'Afrique? par Musa Dieng Kala
Dimanche 13 Avril 2008 - 17:55
Dimanche 13 Avril 2008 - 18:19
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