
Comme elle est d’actualité, la question de déportés revient de plus belle. Comment les politiques mauritaniens la perçoivent-ils ? Les extrémistes des deux bords vont-ils s’imposer ? La confrérie Tidjaniya a-t-elle son mot à dire ? Qu’en est-il de la diversité culturelle? « Il faut mener une enquête allant dans le sens d’une vérité et d’une réconciliation. Le passif Humanitaire doit être traité dans sa globalité », martèlent des nationalistes arabes. « Cette question des déportés est instrumentalisée pour des fins personnelles et idéologiques. La vérité sur le drame des années de plomb ne doit pas être traitée avec une nuance inavouée. Des mauritaniens ont subi des atrocités de l’autre côté du fleuve. Plus grave, ils ont été assassinés eux aussi par leurs propres compatriotes. », Précisent-ils.
Des hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient incriminés à tors dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision. A cela rétorquent des observateurs en disant « qu’un malheur n’exclut pas un autre et que les mauritaniens ont été perdants de deux côtés. Il faut alors résoudre ce problème sans confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait l’assumer ». D’autres nationalistes arabes Nasséristes ont récupéré ce dossier des déportés pour en faire un axe important dans leur vision des choses. L’UFP quant à lui a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions concrètes. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité.
Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements de 87,89, 91. A en croire le poète soninké Yacoubé Diakité « le développement passe par l’unité nationale. Sans cette unité rien ne peut marcher. La diversité culturelle est une richesse. La Mauritanie est l’unique pays où cohabitent des noires, des arabes et des berbères ».
Pour le jeune Djabira Sinaka lauréat de prix KB en poésie, « le pays ne peut se développer à l’insu de sa jeunesse ». Pour ce faire, « nous devons briser les mûrs qui séparent les composantes de la population ». Précise-t-il. « Il est essentiel, en ce sens, de conscientiser la jeunesse. La mise en valeur de la diversité culturelle de notre patrie est, dans cette lancée, un atout incontestable ». Poursuit-il avec ardeur. Notons que la Mauritanie est considérée comme étant un lieu de convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.).
Le brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et Noirs africains. Ainsi, 99% des habitants de la Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source de réconciliation nationale.
Rappelons aussi qu’« un pays qui a un fort rayonnement culturel dans le monde, qui a des chanteurs, des écrivains, des peintres reconnus, verra corollairement, sa jeunesse puiser dans ces valeurs reconnues sur le plan international. A défaut, elle continuera à assimiler l’aspect excessivement matérialiste de certaines valeurs étrangères. Passer donc par une nouvelle politique de la culture, de l’éducation, pour créer un nouvel élan de dynamisme pour une jeunesse qui manque de perspectives. (Ndlr) » Plusieurs observateurs craignent, toutefois, que la jeunesse mauritanienne soit victime des extrémismes. Ce qui sous-entend que les agressions médiatiques et idéologiques parfois néfastes exigent une éducation de base. Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont indispensables afin de trouver une solution radicale au problème du passif humanitaire. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens qui étaient au Sénégal en 89.
En effet, « l’expansion de la Tijâniyya en Afrique doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.» (Voir
La Tijâniyya : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal, Bakary Sambe, site Oumma). Comme que les liaisons rituelles jouent beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine.
Le but en soi n’est pas de provoquer la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.
m_barrada@yahoo.fr
Source : La Tribune n°395 et : http://barrada.unblog.fr/
Des hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient incriminés à tors dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision. A cela rétorquent des observateurs en disant « qu’un malheur n’exclut pas un autre et que les mauritaniens ont été perdants de deux côtés. Il faut alors résoudre ce problème sans confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait l’assumer ». D’autres nationalistes arabes Nasséristes ont récupéré ce dossier des déportés pour en faire un axe important dans leur vision des choses. L’UFP quant à lui a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions concrètes. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité.
Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements de 87,89, 91. A en croire le poète soninké Yacoubé Diakité « le développement passe par l’unité nationale. Sans cette unité rien ne peut marcher. La diversité culturelle est une richesse. La Mauritanie est l’unique pays où cohabitent des noires, des arabes et des berbères ».
Pour le jeune Djabira Sinaka lauréat de prix KB en poésie, « le pays ne peut se développer à l’insu de sa jeunesse ». Pour ce faire, « nous devons briser les mûrs qui séparent les composantes de la population ». Précise-t-il. « Il est essentiel, en ce sens, de conscientiser la jeunesse. La mise en valeur de la diversité culturelle de notre patrie est, dans cette lancée, un atout incontestable ». Poursuit-il avec ardeur. Notons que la Mauritanie est considérée comme étant un lieu de convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.).
Le brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et Noirs africains. Ainsi, 99% des habitants de la Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source de réconciliation nationale.
Rappelons aussi qu’« un pays qui a un fort rayonnement culturel dans le monde, qui a des chanteurs, des écrivains, des peintres reconnus, verra corollairement, sa jeunesse puiser dans ces valeurs reconnues sur le plan international. A défaut, elle continuera à assimiler l’aspect excessivement matérialiste de certaines valeurs étrangères. Passer donc par une nouvelle politique de la culture, de l’éducation, pour créer un nouvel élan de dynamisme pour une jeunesse qui manque de perspectives. (Ndlr) » Plusieurs observateurs craignent, toutefois, que la jeunesse mauritanienne soit victime des extrémismes. Ce qui sous-entend que les agressions médiatiques et idéologiques parfois néfastes exigent une éducation de base. Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont indispensables afin de trouver une solution radicale au problème du passif humanitaire. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens qui étaient au Sénégal en 89.
En effet, « l’expansion de la Tijâniyya en Afrique doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.» (Voir
La Tijâniyya : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal, Bakary Sambe, site Oumma). Comme que les liaisons rituelles jouent beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine.
Le but en soi n’est pas de provoquer la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.
m_barrada@yahoo.fr
Source : La Tribune n°395 et : http://barrada.unblog.fr/