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Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

*Ousmane SARR, président
*Demba Niang, secrétaire général
*Secrétaire général Adjt; Demba Fall
*Alousseyni SY, Chargé des relations extérieures
*Mme Rougui Dia, trésorière
*Chargé de l’organisation Mariame Diop
*adjoint Ngolo Diarra
*Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication
*Chargé de mission Bathily Amadou Birama
Conseillers:
*Kane Harouna
*Hamdou Rabby SY










AVOMM

Le 1er mai célébré en Mauritanie


Le 1er mai célébré en Mauritanie
On réchauffe les mêmes doléances ?

Les travailleurs mauritaniens vont encore battre le pavé. Les responsables syndicaux vont devoir encore reprendre la sempiternelle queue devant le bureau du ministre chargé de l’Emploi, pour une cérémonie tout aussi débile que celles que nous avons l’habitude de voir sur les écrans de TVM, quand toute l’actualité importante sera épuisée. Pour cette année, les Secrétaires généraux et les Présidents d’unité syndicale ne doivent pas se casser la tête pour trouver des doléances. Ils ont toute une pile de revendications dans le frigo. Il leur suffira juste de les réchauffer pour la galerie.

En effet, entre le 1er mai 2007 et le 1er mai 2008, le quotidien des travailleurs mauritaniens loin de s’améliorer, s’est au contraire dégradé, et ce ne sont pas les 10% d’augmentation sur les salaires, d’ailleurs imposables et qu’ils n’auront qu’à partir de juillet, qui en changera quelque chose.

Certes, le nombre de fédérations et d’unions syndicales a augmenté, renforçant la division des travailleurs mais les revendications les plus essentielles n’ont pas été satisfaites. Plusieurs catégories d’employés continuent de subir le diktat de patrons qui ignorent même l’existence d’une législation de travail. La majorité d’entre eux n’est pas immatriculé à la Caisse de sécurité sociale, ne bénéficie pas de contrat ni de couverture médicale, s’ils ne sont payés en dessous du Smig. Les licenciements abusifs sont légions et les dossiers qui s’empilent dans les inspections et les tribunaux de travail restent soumis au laxisme des fonctionnaires chargés de lire le droit et seulement le droit, les nombreux litiges entre employés et employeurs restant en suspens pendant de longues années.

La précarité de l’emploi pour crime économique, les faillites pour mauvaise gestion continuent de pénaliser des travailleurs qui n’ont d’autre recours que de rejoindre les nombreux sans emplois qui emplissent les rues. L’exemple des travailleurs d’Air Mauritanie est là pour démontrer qu’en Mauritanie, il y a les textes de loi d’un côté, qui servent juste de décor et la réalité qui puise ses lois des antiques règles de la nature. Le droit du plus fort. L’Etat mauritanien rechigne à payer aux 400 ex-employés de la compagnie les droits que leur confère la loi, se réfugiant derrière de fallacieux prétextes. Le laisser-aller dans l’application des textes régissant le monde du travail est tellement flagrant, que même les sociétés et les institutions étrangères si strictes dans le domaine chez elles, en profitent sans vergogne.

Ainsi, à l’instar des patrons des centrales syndicales qui n’auront pas à martyriser leurs méninges pour remplir leurs cahiers de doléances, nous vous proposons cette Ligne de Mire qui a été publié à l’occasion du 1er mai 2007 et qui reste toujours d’actualité (Voir ci-contre).

C.A
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Dormir le 1er mai

Les travailleurs mauritaniens ont fêté avant-hier la fête internationale du travail. Dans la dèche et la morosité. Comme d’habitude.

Chaque année, le désarroi de «la classe laborieuse» va crescendo. Les «réformes», les «avancées» démocratiques, la «confiance» économique «retrouvée» et les airs de la «bonne gouvernance» n’y ont rien fait. Les cahiers de doléances s’entassent dans des tombeaux où blanchissent sans émotions les vœux des travailleurs. Ces derniers, exploités, malmenés, violés dans leurs droits et dans leur dignité, continuent de servir de chair à canon pour les bourgeois bedonnants. Ils sont la sève nourricière d’une économie qui n’arrive jamais à décoller. Ils sont les faiseurs en souffrance des réformes colossales qui font le lit de l’hégémonie économique et de la domination sous toutes ses formes. Les travailleurs de notre pays sont cette horde de malheureux, ces va-nu-pieds qui travaillent jour et nuit, sous la pluie, le vent de poussière et qui n’arrivent même pas à nourrir leurs familles ou à soigner leurs enfants, encore moins leur assurer une éducation décente.

Notre pays se dit un Etat moderne qui aspire au progrès. Ses lois sociales sont attardées, très peu adaptées et depuis longtemps dépassées. Ses responsables en charge de l’application des lois du travail sont incompétents, mal formés, soumis eux-mêmes aux aléas du travail et de ses conditions délétères. Donc corruptibles et facilement «déboulonnables » s’ils résistent aux desideratas des patrons, seuls à détenir la véritable clé de l’emploi et des employés dans le pays.

Les patrons dans notre pays forment un club de gros ventrus qui engloutit tout. Les denrées et leurs prix, les travailleurs et leurs droits, l’Etat et ses lois. Les patrons dans notre pays sont cette junte de friqués qui font la vie et l’orientent. Ils sont au-dessus des lois, s’ils ne sont pas la loi elle-même. Ils ne se plient qu’aux règles qui leur sont propres. Celles qui renforcent l’hégémonie et le monopole qu’ils détiennent au détriment des masses pauvres, laborieuses. Ils coiffent le marché et plument les pauvres. Ils importent selon des normes de facilité inégalées à partir de la Mauritanie et vendent au prix du niveau de salaire et de vie de Los Angeles. A défaut, ils inondent le marché de produits indigestes et périmés que nous sommes obligés de nous procurer.

A défaut de mourir, sous le poids des hausses incontrôlables des prix, nous mourrons sûrement de la très mauvaise qualité des produits. Les produits meilleurs sont déchargés par les dockers mauritaniens pour être écoulés au Sénégal, Niger, au Mali, au Togo ou au Nigeria. Là-bas, le contrôle sur la qualité de la marchandise est strict. Par ici, non !

Nous ne sommes qu’un pays de transit, là où passent des produits et que les «facilités» douanières permettent aux importateurs de décupler leurs bénéfices. Au mieux, notre pays sert de port de tri des produits. Trier les produits périmés, importés sciemment à Nouakchott a donc un objectif : réaliser la sélection des produits qui sont destinés à la Mauritanie, les mauvais, et ceux destinés à l’étranger, les bons.

Pour en revenir à nos misérables travailleurs qui fouettent le travail à longueur d’années de vie sans rémunération décente, et qui sont eux aussi cravachés par les commerçants, disons que la fête du travail n’a presque pas de sens dans notre pays. Un pays où le droit des gens (y compris celui des travailleurs) n’est protégé par personne, ne doit pas fêter le premier mai. Nos syndicats sont certes assez courageux mais qu’ils nous exemptent de cette fête. Le fameux cahier de doléances est toujours rédigé par des syndicalistes asses avertis, mais la tutelle n’y donne jamais de suite. D’ailleurs, ces cahiers sont toujours classés dans les archives. Et les négociations des partenaires sociaux qui ne s’ouvrent que le temps d’un reportage vif de la TVM n’ont jamais été couronnées de succès.

Si l’on va en grève, on crève de faim. Et si l’on travaille, on meurt d’humiliation et de misère. Tel est le credo du travailleur mauritanien. Du président de la République au concierge de notre feuille de choux.

Amar Ould Béjà

Source: lauthentique
(M)
Dimanche 4 Mai 2008 - 16:46
Dimanche 4 Mai 2008 - 17:01
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