Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

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"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Alternance schizophrénique et désillusion politique en Mauritanie

Notes de lecture :Mauritanie, la démocratie au coup par coup politique africaine
n°114 juin 2009, éditions Karthala, 203 pages


Alternance schizophrénique et désillusion politique en Mauritanie
Depuis l’instauration du multipartisme au début des années 1990, la Mauritanie alterne entre coups d’Etat et phases de démocratisation. L’ombre du pouvoir prétorien ne cesse de planer sur les gouvernements civils et les militaires ont appris à mobiliser le discours global sur la bonne gouvernance en s’érigeant, à intervalle régulier, en salvateurs d’un ordre démocratique menacé. C’est ainsi que le général Abdel Aziz s’est emparé du pouvoir en août 2008, brisant les espoirs soulevés par la fin du règne de Taya.

A l‘heure où se tiennent des élections présidentielles contestées, ce dossier de Politique africaine revient sur certaines questions érigées en enjeux démocratiques majeurs de la scène publique mauritanienne, en particulier le retour des réfugiés expulsés de Mauritanie et la lutte contre la ‘terreur’ islamique. Dans une perspective de longue durée, il analyse également les éléments de rupture et de continuité liés aux bouleversements politiques récents : par-delà la discontinuité des régimes, il s’interroge ainsi sur la constitution d’une classe hégémonique dans le pays, tout en mettant en évidence les nouvelles formes de mobilisation et de contestation sociale, y compris parmi les groupes subalternes. Si elles restent encore peu visibles à l’échelle politique nationale, ces actions collectives sont le signe d’un ferment politique nouveau qui pèsera sans doute sur l’avenir de la Mauritanie.

L’alternance entre coups d’Etat et démocratisation invite à réfléchir non seulement sur les éléments de rupture, mais également sur les continuités de dynamiques politiques de longue ou de moyenne durée. Depuis les années 1980, cette problématique a constitué la toile de fond d’un débat africaniste qui s’est inspiré de notions clés de la pensée d’Antonio Gramsci qui sera mobilisée ici. La situation mauritanienne se prête à ce type de lecture dans la mesure où elle présente un bloc historique (l’élite politico-économique) qui conserve son hégémonie au-delà des changements institutionnels grâce à deux facteurs en particulier : d’un côté, la tutelle d’une armée qui associe le consensus à la domination (par une certaine rhétorique de légitimation, celle de l’état d’urgence) ; de l’autre, des pratiques - le clientélisme, la corruption et le ‘tribalisme’ - qui mettent en relation étroite l’Etat et la société civile au sens gramscien.

Un système hégémonique qui tend à dépolitiser les masses

Cependant, un processus de ‘politisation’ de la société en marge du système ‘démocratique’ formel laisse penser que la recherche hégémonique des élites au pouvoir, si elle n’est pas en crise, traverse une zone de turbulences à cause de l’alternance ‘schizophrénique’ de mobilisation et de désillusion politique qui se manifeste régulièrement au niveau populaire. De fait, par-delà l’analyse des recompositions de la structure élitiste proposée ici, les rédacteurs de la revue prêteront une attention particulière aux formes culturelles et politiques subalternes, certes occultées par le discours dominant, mais qui y sont intimement liées.

Loin de constituer l’héritage dans la modernité étatique de groupes sociaux, qui ne seraient ‘pas encore’ rentrés dans l’histoire, la subalternité se définit comme une condition historique produite par un système hégémonique qui tend à dépolitiser les masses ou à atténuer la contestation potentielle par la construction d’un consensus. Dans un cadre simplifié, le bloc hégémonique de l’élite et les subalternes ‘apolitisés’ constitueraient alors les deux pôles opposés (et étanches) de la société politique. Le contexte mauritanien pourrait se prêter à une telle interprétation dichotomique, de larges strates de la population étant souvent complètement écartées des prises de décisions politiques. C’est le cas notamment de certains groupes statutaires d’origine servile (de la composante maure comme des groupes ‘négro-mauritaniens’ haalpularen, soninké, wolof et bambara) qui subissent encore une dépendance de facto envers leurs ‘anciens maîtres’ ; des populations rurales les plus pauvres et les plus enclavées, surtout d’origine nomade ; ou, plus récemment, de groupes dont la reconnaissance n’est pas complète, comme certains rapatriés du Sénégal et du Mali. Cette apparente dichotomie élite/subalternes recouvre pourtant une réalité sociale bien plus complexe.

L’article de Marion Presia s’interroge sur les reconfigurations socio-politiques impliquées par le rapatriement des réfugiés au Sénégal depuis 1989 et sur la dangereuse résurgence des discours de l’autochtonie qu’il suscite sur fond de forte racialisation des rapports sociaux. Il analyse également comment le thème de la ‘réconciliation nationale’ fait l’objet de diverses réappropriations stratégiques aux échelles nationale comme locale tout en réactualisant des oppositions souvent anciennes au sein de l’ensemble dit ‘négro-mauritanien’. Enfin, soulignant le caractère transnational des stratégies et modes de vie locaux, il questionne plus largement la pertinence de la notion de ‘rapatriement’.

Enjeux politiques de l’islamisme en Mauritanie

Quels sont les significations et les enjeux politiques que revêt le concept d’islamisme en Mauritanie ? Pour répondre à cette question, l’article de Cédric Jourde présente d’abord les événements politiques récents par lesquels s’est constitué un ‘récit islamiste’. Il analyse ensuite les racines discursives historiques des termes qui sont utilisés par les autorités étatiques à l’ère de la ‘guerre contre la terreur’. L’auteur pose l’hypothèse que la mise en récit actuelle de l‘islamisme s’articule, du moins en partie, à des schèmes plus anciens, notamment ceux de la dernière phase de l’ère coloniale qui ont été réactivés au début de la période de libéralisation des années 1990. Les catégories dichotomiques, qui opposent un islam dit local et loyal à un islam extrémiste et étranger, ne datent pas de l’ère du ‘11 septembre’.

Le processus d’extraversion est au cœur du fonctionnement de l’Etat mauritanien. Dans la longue durée, il a produit une élite politico-commerciale qui a su valoriser les richesses minières et halieutiques du pays. Avec la mise en exploitation de nouvelles ressources (pétrole et or), l’extraversion s’est récemment renforcée. Les connexions internationales se multiplient, en particulier avec les pays du Golfe, et favorisent des hommes d’affaires puissants et bien insérés dans les premiers cercles du pouvoir. La ‘ Mauritanie offshore ’ prime désormais sur l’intérieur du pays et sur la société desquels les élites se déconnectent progressivement.

L’historique des groupes sociaux qui contrôlent les rouages du système politico-économique permet de comprendre comment leur position s’est consolidée à travers les différentes phases de l’extraversion mauritanienne. Certains commerçants ont pu consolider, ces dernières années, les bases d’une fortune, parfois, dès l’époque coloniale dans le marché noir à Atar ou dans le commerce de gros et la contrebande entre le Sahara espagnol, les Canaries (qui bénéficiaient de franchises douanières portuaires) et le Nord de la Mauritanie. Comme le montre Pierre Bonte, le contexte a été favorable aux commerçants et aux transporteurs. Les sécheresses des années 1970 ont accentué le recours aux distributions d’aide alimentaire que ceux-ci ont accaparé. Par la suite, l’exode vers Nouakchott de nomades sans ressources a provoqué un mouvement de spéculation immobilière alimenté par les gens fortunés du pays. Dans le même temps, la rupture avec la Zone franc a généré l’arrivée de fonds arabes. Les nouvelles banques ont développé le crédit aux particuliers et aux commerçants qui, auparavant, se tournaient vers le Sénégal ou les Iles Canaries. Depuis, ils ont investi dans l’import-export plus que dans l’industrie et privilégié la recherche du profit spéculatif.

Bongo ou le paradigme du pouvoir postcolonial.

La mort du président Omar Bongo Ondimba, peu de temps après celle de son épouse, est un événement politique et symbolique qui a mis en exergue la manière dont la mort produit, exaspère, intensifie le lien politique dans une relation qui n’est pas d’extériorité mais qui inscrit le pouvoir dans un paradigme de la guerre ou de la chasse. Dans ce paradigme, la longévité du défunt président gabonais, dont témoignent, sur le plan symbolique, un changement de prénom et un rajout de patronyme, s’appréhende comme le résultat d’un travail incessant de protection, de résistance, de blindage contre les attaques à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’article de Joseph Tonda propose une interprétation politique et anthropologique de la disparition de celui que l’on avait coutume d’appeler le doyen des chefs d’Etat d’Afrique francophone et qui est, à lui seul, le paradigme du pouvoir postcolonial.

Le Sénégal a promulgué une loi d’orientation agro-pastorale en 2004. Au cours du processus d’élaboration de cette loi, le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), représentant les ruraux sénégalais, a joué un rôle clé et est parvenu à influencer significativement le texte de loi, malgré un contexte politique qui lui était hostile. L’article de Denis Pesche analyse les étapes et les conditions qui ont rendu possible ce travail d’influence tout en soulignant la fragilité des acteurs sociaux en présence et des coalitions qu’ils forment.

Des lectures sont organisées autour d’un livre Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire par Michel Agier, Paris, Flammarion, 2008, 350 pages.

L’utilisation du concept de ‘situation’, en l’occurrence humanitaire (p. 299), dans la lignée de l’analyse situationnelle de l’Ecole de Manchester a été reprise par Georges Balandier notamment à propos de la ‘situation coloniale’ ou une naturalisation de l’Etat. Michel Agier se refuse de conceptualiser en termes foucaldiens de ‘gouvernementalité’ bien qu’il soit, à son avis, très proche de cette problématisation, en particulier lorsqu’il récuse toute lecture intentionnaliste dudit ‘gouvernement’.

Le plus grand mérite de ce texte, selon Marc Bernardot, est d’offrir une grille d’interprétation du monde des camps reliant les pays du Sud et ceux du Nord. Les individus restent sous l’emprise de l’Etat qui conserve le pouvoir de les contrôler ou de les abandonner l’internement et la mise en camp semblent intégrés au marché du travail en contribuant à sa segmentation. Produits de l’insécurité et de la violence, les réfugiés et autres migrants forcés bousculent la perception classique de l’Etat intégrateur et régulateur des tensions, selon Arnaud Royer.

Ce numéro de Politique africaine est une contribution très intéressante pour comprendre la situation actuelle de la Mauritanie.
http://www.karthala.com/rubrique/detail_produit.php?id_oeuvre=2084


Amady Aly DIENG

Source: walfad
Samedi 1 Août 2009 - 16:11
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