Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

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"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Devoir de mémoire: dimension éthique et politique par SY Hamdou Rabby. (Suivi d'un reportage photos)

Présenté dans le cadre de la journée du 29 novembre 2009 de l'OCVIDH à Deuil-La-Barre


Devoir de mémoire: dimension éthique et politique par SY Hamdou Rabby. (Suivi d'un reportage photos)
Parler du devoir de mémoire n'est pas une tâche aisée à l'heure où nous assistons aux premiers balbutiements de la reconnaissance du crime contre l'humanité qui a été perpétré contre la communauté négro-africaine par l'Etat mauritanien. Il est vrai que de plus en plus un conformisme semble se dégager, comme pour nous éloigner de l'essentiel, depuis l'avènement du régime du Général Abdoul Aziz. Il est de coutume qu'à chaque fois qu'un régime succède à un autre, naît l'espoir d'une mutation prometteuse d'un changement en profondeur. D'où la fascination que le nouveau président exerce sur nos politiciens, laquellle fascination se traduit par des appels du pied pour se faire reconnaître avant que le nouvel occupant du palais ne fasse un pas réel vers la question fondamentale qui préoccupe les populations victimes des années de Terreur, d'injustice, d'oppression, et d'exclusion. Que d'espoirs nés depuis 1992 jusqu'au coup de force du mois d'août 2008! Même sous Taya, on a guetté des perspectives d'annonce de bonnes nouvelles, en vain, Ely, Sidi et enfin Aziz; sans oublier l'éphémère épisode de Ould Hanana.

Il est vrai qu'on ne peut pas refuser à des humains en souffrance de nourrir l'espoir d'un ordre nouveau avec l'arrivée de nouveaux dirigeants. Les négro-africains de Mauritanie n'ont pas eu l'opportunité de se donner les moyens de faire le deuil de la tragédie qu'ils ont subie depuis des décennies. Génocide, épuration ethnique, crime contre l'humanité, une chose est sûre, la bataille sémantique n'est pas encore gagnée. Par pudeur, voire par volonté consensuelle et souci de ne pas froisser la sensibilité de tous, il vaut mieux éviter certains mots afin de faciliter les convergences qui permettent de ne pas creuser le fossé entre les composantes ! Telle est l'idéologie ambiante dont l'option est de ne pas favoriser un débat exigent et éthique sur la question fondamentale de l'impunité.

Certes, des initiatives ont été prises, mais les énergies sont concentrées sur des divisions qui inhibent une action commune d'importance au niveau de l'opposition et un renforcement des forces des partisans du conservatisme du système. Comment en l'absence d'une concertation politique large et sereine, organiser les modalités institutionnelles du devoir de mémoire? Il faut bien admettre que le devoir de mémoire s'impose d'autant que la tendance actuelle est de ne plus tenir les propos qui gênent, afin de ne pas entraver les bonnes intentions du nouveau président mauritanien.

Il ne s'agit pas de mettre en doute la volonté probablement sincère du Général Président, qui semble afficher une préoccupation prononcée par rapport au malheur subi par ses compatriotes négro-africains. Laissons le temps faire son oeuvre afin de donner aux nouvelles autorités la possibilité d'engager des batailles décisives au profit d'une Mauritanie réconciliée avec elle-même. Mais comment parvenir à la réconciliation nationale quand les responsabilités ne sont pas situées, la lumière sur l'impunité n'est pas faite et les coupables ne sont pas jugés? Sans une décision juridique que celle-ci émane d'une juridiction nationale ou internationale, comment engager un devoir de mémoire?

N'y aurait-il pas des préalables à l'effectuation du devoir de mémoire? la fin de l'impunité et le travail de deuil sont les conditions fondamentales à l'émergence de la démarche porteuse du devoir de mémoire. Quand on sait qu'une amnistie des tortionnaires avait été votée par le parlement mauritanien sous Ould Taya et que l'actuel président continue d'être entouré de hauts responsables militaires, policiers, et administrateurs plus qu'impliqués dans les violations graves des droits humains dans notre pays; comment dès lors, sans impatience, faire confiance aux nouvelles autorités quant à la résolution du problème crucial auquel doit faire face l'Etat mauritanien? Devons-nous nous contenter de simples déclarations dans le but de préserver une paix civile artificielle?

La prise en compte de l'impératif d'identification des responsables des crimes commis de 1986 à 1992 exige une volonté politique en acte et non des discours fondés sur des intentions affichées qui, même si elles peuvent apporter une certaine consolation, ne constituent pas une vraie réponse à la souffrance des proches des victimes. C'est de gestes forts qu'il faut pour que cette page terrible de l'histoire de la Mauritanie soit tournée. Dès lors que les responsables des crimes sont identifiés par les institutions compétentes, symboliquement, le travail de deuil peut commencer et, c'est à partir de ce moment que le devoir de mémoire peut commencer.

Il est difficile de s'engager dans une perspective constructive dans un pays où le temps de la distance critique par rapport à des événements dramatiques n'est pas encore effectué. Faut-il pour autant ne pas s'inscrire dans une dynamique de mise en avant des possibilités de sortir de l'impasse? Consciemment ou non, volontairement ou non, le désir de prise de recul par rapport à des événements traumatiques a du mal à faire son oeuvre du fait même de l'impossible émergence de l'horizon de l'avenir. La suspension qui en découle rend difficile la réinscription de la conscience de l'appartenance à une communauté nationale. La rumination constante d'un passé douloureux ne facilite pas une forme de confrontation à la dure épreuve d'un passé douloureux.

Admettre l'irreversibilité de l'avoir eu lieu du fait ne délivre pas les victimes des pesanteurs d'un passé qui dure faute d'une prise en charge symbolique de la mort. Quand les humains sont privés des êtres qui leur sont chers, la fuite en avant, les évitements, les procédures d'occultation et d'effacement contribuent au renforcerment du sentiment de l'injustice subie et de l'arbitraire de la souffrance vécue.
Comment énoncer le devoir de mémoire quand la reconnaissance politique demeure timide en dépit des amorces encourageantes de la prise en acte publique de la réalité de la déportation et de la prise de responsabilité par rapport aux veuves et aux orphelins?

Dans l'histoire de l'humanité, la folie meurtrière de la négation de l'autre sans aucune autre motivation que l'intolérance absolue, a fait des ravages qui ne peuvent être occultés, au risque de voir de telles entreprises criminelles se reproduire. Le crime commis par cette logique du meurtre relève d'un déni radical et absolu de l'humanité des hommes et des femmes exterminés du fait d'être noirs. La dimension cruelle et féroce de cette entreprise insoutenable et inqualifiable nous fait penser à ces propos de Vladimir Jankélévitch, dans l'imprescriptible: « Ce crime n'est pas motivé, même par des motifs « crapuleux ». Ce crime contre-nature, ce crime immotivé, ce crime exorbitant est donc à la lettre un crime « métaphysique »; et les criminels de ce crime ne sont pas de simples fanatiques, ni seulement des doctrinaires aveugles, ni seulement d'abominables dogmatiques: ce sont , au sens propre des « monstres ». p. 25» On ne peut mieux trouver une formulation plus expressive pour caractériser une politique du crime, dès lors qu'il s'agit d'extermination d'une vie du fait de la différence.

Mon propos ne sera pas de faire la description de la tragédie vécue par la communauté négro-africaine de 1986 jusqu'à la fin du règne de Taya en août 2005, avec des années où la logique de mort a rejoint les périodes les plus sombres de l'histoire des peuples et des communautés qui furent victimes de la violence raciste et génocidaire. On ne le dira jamais assez, le régime de Taya fut un des régimes les plus cruels de l'histoire de l'humanité.

Il ne s'agit pas d'une actualisation dramatisante d'une tragédie qui se passe de commentaire, mais d'une invitation à l'élaboration de la stratégie de conservation dans une forme de relation de présence avec ceux et celles des nôtres qui furent arrachés à la vie, par des méthodes caractérisées par le cynisme et la barbarie. La Mauritanie qui s'est emballée, durant les années de terreur de 1986 à 1992, dans le déni d'humanité à ses propres citoyens à laquelle elle a infligé un sort tragique, de mort, de mutilations, de misère, d'oppression, de souffrances, de blessures, d'amputations, de pauvreté, d'exil, s'est reniée elle-même dans ses valeurs religieuses, morales, culturelles et humaines.

Cette Mauritanie là se doit de s'engager de manière fondamentale à un devoir de mémoire pour la reconquête d'une citoyenneté annulée. Je dis bien « citoyenneté annulée » car qu'est-ce qui s'est passé pour en arriver à la tragédie des années du règne de Taya pour mettre en oeuvre une politique du meurtre et de l'extermination animée par une idéologie de la haine de l'autre du fait de sa couleur de peau, de sa culture, de sa langue et de son identité? De par cette idéologie de la haine, le régime de Taya a fait basculer l'histoire de la Mauritanie dans la sphère de la politique des barbares contre l'idée d'une nation fondée sur les valeurs de civilisation.

Partant, il s'est agi d'une politique au plus haut sommet de l'Etat et non d'opérations effectuées par de simples citoyens qui, ici et là, ont agi, en toute impunité avec l'autorisation de l'Etat comme les agents de l'administration, de la police, de l'armée, de la garde, et de la gendarmerie. Toutes les forces représentatives de l'Etat et une partie des forces vives du pays furent mobilisées pour contribuer à cette entreprise nationale animée et portée par les chantres du racisme, du chauvinisme et du nationalisme arabe. Ce nationalisme de la haine, de la régression et de l'arriération, dont les partisans sont, jusqu'à aujourd'hui les dignitaires du système, est la sève nourricière de la politique d'Etat dans notre pays depuis les indépendances.

Il est clair qu'une action d'une telle envergure nationale et qui n'a épargné aucune région du pays où se trouvaient des négro-africains ne peut relever que d'une décision politique. Il y a eu même des médailles décernées à ceux des agents les plus zélés dans la politique d'extermination des noirs! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une médaille de la « reconnaissance nationale » est la nouvelle trouvaille pour encourager l'adhésion au fatalisme, à la résignation et à la nouvelle dynamique consistant à entériner et à ratifier le fait accompli? Une forme inédite de récompense vient d'être mise en avant en lieu et place d'une vraie reconnaissance.

Il en résulte que seule une décision politique au plus haut sommet de l'Etat peut prendre en charge l'exigence absolue du devoir de mémoire. Il ne peut être question encore d'une impulsion forte des représentants légitimes des victimes qui, en tant qu'individus, ont à leur façon, un travail de deuil à faire qui est étroitement lié à la reconnaissance publique et institutionnelle de la place qui revient à nos martyrs et aux victimes innocentes de l'injustice et de l'arbitraire. D'où l'importance de la reconnaissance publique de la politique du racisme d'Etat dont furet victimes les négro-africains.

Le devoir de mémoire est, dès lors, la condition même du travail de deuil par la mise en place d'une politique de l'Etat au service de la construction collective d'une identité nationale débarrassée du spectre des fantômes des morts dont la méconnaissance ne fait qu'accentuer la souffrance de leurs proches, creusant ainsi une fracture interne à la communauté nationale.

Une dynamique institutionnelle fondée sur une volonté politique concrète doit mettre en oeuvre des actions et des symboles forts du travail de mémoire qui doit créer les conditions d'une réconciliation nationale.

La première condition du devoir de mémoire est la constitution d'une commission nationale de recensement de toutes les victimes des années de terreur afin qu'elles soient identifiées en leur nom et prénom pour que leurs veuves et orphelins puissent entamer le travail de deuil.

Car, le travail de deuil ne peut pas se faire là où il n'y aucune possibilité d'être en communion avec les morts. Les morts ont droit à une sépulture, sans quoi, la conscience des vivants ne peut pas être tranquille. Comment reconnaître le droit à la dignité des personnes là où il n'est pas encore possibilité d'identifier les lieux où sont enterrés nos morts. Quelle société humaine peut-elle accepter la résolution politique d'un problème si grave sans poser la condition du respect de ses morts?

Une politique concrète de réparation doit se fonder sur trois axes:

1- Sensibiliser l'opinion nationale sur toute l'étendue du territoire sur la tragédie vécue par une partie de la composante nationale en révélant la vérité à une partie de la nation qui a été manipulée. Manipulation au nom de l'idéologie d'une nation arabe fondée sur le racisme et l'oppression de la communauté négro-africaine. Une logique de la haine s'est constituée comme fondatrice d'organisations politiques dont le message véhiculait l'extermination des négro-africains, obstacle à la construction d'une Mauritanie arabe. L'arabité de la Mauritanie est la source même de l'orientation raciste et chauvine de l'Etat mauritanien. Une remise en cause de l'arabité comme fondement idéologique imposé à tous les Mauritaniens est le pilier de la politique de l'Etat qui a abouti aux années sombres, celles des massacres, des tueries, des déportations et des violations les plus graves des droits de l'homme. Quelles leçons faut-il retenir de cette période cruelle pour toute une partie de la communauté nationale?

L'école mauritanienne doit intégrer dans le programme d'enseignement de l'instruction cette période sombre et tragique de notre histoire pour que les jeunes mauritaniens prennent conscience d'un passé qui, non transmis, constituera le point aveugle de notre identité nationale. Cette Mauritanie de l'homogénéité meurtrière doit céder la place à la Mauritanie que tous les démocrates et vrais patriotes appellent de leurs voeux. Une pédagogie axée sur la diversité constitutive de la société mauritanienne doit prendre en charge l'enseignement du civisme.

2- L'Etat se doit de procéder à ce que les victimes et les martyrs soient reconnus publiquement et soient inscrits dans la configuration de l'espace public. Des rues, des avenues, des boulevards, des institutions doivent porter les noms de ces hommes et femmes dont la mort est la conséquence d'une politique criminelle et barbare. C'est l'Etat mauritanien en tant que responsable qui doit s'engager dans une dynamique de réparation et d'organisation institutionnelle des modalités du devoir de mémoire. Aussi faut-il se libérer de la solidarité de l'épiderme qui a longtemps présidé à l'exécution d'une politique de la négation de la citoyenneté pour toute une partie de la Mauritanie. Le négro-africain est encore opprimé et non reconnu dans sa citoyenneté. Un travail idéologique en profondeur a été accompli avec une discipline organisationnelle dont l'efficacité redoutable a produit la tragédie négro-africaine. Certes l'idéal d'une Mauritanie arabe a nourri et entretenu les ambitions d'un projet qui n'a été fédérateur que par la logique de la négation et de l'exclusion de l'autre composante. Contre l'idéologie arabe meurtrière, il importe de promouvoir un idéal démocratique dont la légitimité ne peut reposer que sur la reconnaissance d'une citoyenneté pour tous.

Il s'agit d'un vaste chantier de construction des édifices et des infrastructures qui mettent en avant la traduction concrète d'une volonté politique de constitution des espaces de la mémoire pour honorer des citoyens dont le seul tort est d'être des noirs. Qu'ils aient agi ou non, ils ont répondu de leur vie sans savoir pour la plupart les raisons de cette haine qui s'est traduite en extermination?
La mémoire institutionnelle doit refléter une volonté politique décisive de rétablissement de la justice, de la vérité et de reconnaissance publique du crime contre l'humanité commis contre la communauté négro-africaine.

Le règne de la paix civile, celle des esprits et des coeurs, ne peut faire l'économie de la réparation symbolique et juridique, seule condition du travail de mémoire. Les années de Terreur, celle de la Mauritanie raciste, chauvine et barbare ont besoin d'être élucidées afin que s'instaure un autre visage de notre pays où vraiment des citoyens ont détruit la vie de leurs concitoyens en toute impunité.

3- Pour que soit possible une nouvelle configuration de notre pays sur des fondements humains, l'impératif radical du devoir de mémoire doit constituer l'axe majeur d'une politique de réconciliation nationale. Cet enjeu est le plus essentiel et le plus urgent pour l'instauration d'un climat de confiance. Aucune construction nationale viable ne peut se réaliser en l'absence de la mise en avant d'une politique d'humanité, de prise en charge effective des milliers de mauritaniens disparus à jamais et dont la disparition continue de perturber le sommeil de leurs proches et de toute une composante du pays.
Devant la violence du déni d'humanité et de la négation cruelle de l'autre, aucune compensation ne peut remplacer la douleur et la souffrance qu'éprouve toute la communauté négro-africaine.

Dans un pays où les populations furent traumatisées par une politique fondée sur la barbarie, l'alternative repose sur l'exigence d'une politique de civilisation où l'humanité des hommes doit être remise à l'ordre du jour pour que la réhabilitation de la dignité des membres de toute une communauté soit rétablie. Ce rétablissement doit conjuguer des gestes symboliques réconfortants et des actions concrètes et matérielles pour les libérer de la pauvreté et de la misère.

En effet, la nouvelle ère qui semble pour la ènième fois susciter des espoirs est surtout attendue sur la mise en oeuvre d'une politique d'instauration d'un Etat de droit, qui institue les conditions d'accès à l'égalité, à la liberté et à la justice pour tous les Mauritaniens. La preuve de la citoyenneté égale pour tous, c'est la reconnaissance du mérite et la promotion par les compétences.

La construction d'une citoyenneté démocratique n'est pas une affaire de bonnes intentions, de sentiments personnels, mais l'expression d'une volonté politique commune qui s'incarne à travers le collectif et l'individuel. Etre acteur de cette oeuvre, c'est répondre de soi par une capacité à se démarquer des particularismes qui ont inhibé toute perspective d'édification d'une communauté nationale. La conscience de l'appartenance à une communauté de destin ne peut s'accommoder du ressenti intense de l'exclusion et du sentiment victimaire qui ne peuvent être des artifices voulus et entretenus par les fantasmes d'un réflexe identitaire.

La Mauritanie actuelle n'a pas honoré la réalité et la vérité de sa composition culturelle plurielle. Elle a été façonnée depuis les indépendances, par une politique déviationniste et réfractaire à la prise en charge juste et équitable de ses citoyens. La citoyenneté idéologique et imaginaire a pris le dessus sur la citoyenneté plurielle, dont l'ambition proclamée en 1960, est de construire une nation trait-d'union entre l’Afrique noire et l'Afrique blanche. Cette ambition, non seulement a échoué, mais elle a nourri la perspective de la domination de la composante arabe sur la composante noire, l'Afrique blanche a pris le dessus sur l'Afrique noire en termes d'option idéologique et politique. La Mauritanie de nos rêves semble inscrite dans l'ordre de l'impossible, en attendant, c'est la Mauritanie du deuil, de la tristesse et de l'humiliation qui est vraiment la nôtre et c'est cette Mauritanie que nous combattrons toute notre vie.

Paris le 29 novembre 2009
SY Hamdou Rabby
( conseiller de l'AVOMM) REPORTAGE PHOTOS A CE LIEN
Mercredi 2 Décembre 2009 - 10:40
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