Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

Ousmane Abdoul Sarr, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Rougui Dia, trésorière

Chargé de l’organisation Ngolo Diarra

Commissaire au compte Mme Diop Marième

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

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AVOMM

Essai de compréhension de l’Obamania en Afrique (1)


Essai de compréhension de l’Obamania en Afrique (1)
Mon enfance et mon adolescence, certainement comme pour beaucoup d’autres Africains, furent marquées d’une profonde colère, d’un sentiment permanent d’injustice, et au bout, d’un complexe inévitable de race. La première fois que je réalisai que mes semblables de couleur de peau, frères et sœurs, avaient été traités comme des bêtes, enchaînés, vendus et même souvent déversés en haute mer pour alléger les navires esclavagistes, je mesurai combien notre destin avait été injuste.
Il faut savoir que je suis par ailleurs, cet élève qui, malgré une bonne moyenne, fut chassé de la classe de sixième au collège Saint-Michel de Douala, parce que j’avais osé demander au frère Corentin, mon professeur blanc de nationalité canadienne, pourquoi Dieu était représenté par un blanc faisant pitié, et le diable par un noir faisant peur.

Nous avons grandi avec une forte appréhension négative de notre place dans le monde, de la place de la race noire dans les œuvres du Seigneur, s’il en existe qui soit pour tous les peuples. Nous sommes devenus grands sous les affres de l’Apartheid, éduqués dans les échos des luttes des noirs pour les droits civiques.

Nous avons tant aimé et pleuré pour les Martin Luther King, les Panthères Noires, les Black Power. En fait, nous avons évolué, de l’enfance à l’âge adulte, dans un univers où tout pour la race noire se lisait et se comprenait en impossibilité, en exclusion, et marginalisation, et injures, et pitié. Imaginer un seul instant qu’un noir puisse être Secrétaire Général de l’ONU, relevait déjà de la folie. C’est pourtant arrivé et le gars y a passé dix années en faisant preuve d’une des meilleures expériences de professionnalisme et d’application diplomatique à ce poste. C’est le Ghanéen Kofi Annan.

Le conditionnement des frustrations

L’histoire qui s’écrit sous nos yeux, même après avoir produit l’accession des noirs au pouvoir dans toute la partie de l’Afrique qui connu une des pires négations de la dignité humaine avec les régimes d’Apartheid, ne nous a pas toujours convaincus que nous prendrons notre juste place dans le concert des nations autrement que comme des peuples marqués d’une couleur problématique. Que l’on nous entende souffrir en silence tout le long de l’histoire, vivre l’interpellation de mille besoins de vengeance et affronter les espoirs de plusieurs générations totalement désorientées, en face d’un monde qui en se modernisant, n’a fait que mieux étaler l’arriération de l’Afrique, des noirs, de ce qu’ils ont pu bâtir ou essayé de construire comme modèle social et politique.

L’Amérique a changé et la condition des noirs avec. Le monde a évolué et les nations porteuses des identités diverses, y compris celles des noirs, sont admises dans le grand concert des instances de la coopération multilatérale dont l’ONU est la plus représentative. Trop de choses nous sont tombées dessus et ont révolutionné notre manière d’envisager notre avenir dorénavant.

Nous avons, patiemment, lentement et progressivement, vu les noirs d’Amérique conquérir les échelons de la notoriété et de la respectabilité dans un système qui leur a, sans aucun doute, donné les moyens de s’épanouir et de ressembler à autre chose, que certains de leurs semblables africains demeurés parias. Ils sont devenus ministres des Affaires étrangères (Colin Powel et Condoleza Rice), ils sont devenus Chef d’état major général de la plus puissante armée du monde (Colin Powell), ils sont allés dans l’espace. Pourtant, tout cela nous est resté comme des gloires de circonstance, des étapes.

Nous voici donc, devant le plus grand dilemme de l’histoire de la race, appelés à cesser de nous condamner dans d’interminables frustrations, invités à entrer dans l’univers de ceux qui croient que tout est possible. Après tout, nous allons avoir un Président Noir à la tête de l’Amérique, aux commandes du plus vaste stocks d’armes de guerre, tenant le levier de décision de la machine qui imprime les dollars, donnant les ordres au Fmi et à la Banque mondiale, se faisant respecter par l’Europe, cette Europe qui est la première responsable de l’esclavage et de tant de nos souffrances. Hier le Secrétariat général des Nations-unies, demain la Présidence des Etats-unis d’Amérique, et la suite, logiquement, la papauté catholique, donc le commandement de Rome et de tous les diocèses de la planète. Il ne nous resterait plus que le pouvoir des descendants de Mohammed, si jamais cela pouvait relever d’une élection démocratique, quelque part dans un pays comme les Etats-unis, ou ailleurs dans une Assemblée gigantesque représentative de toutes les races et de toutes les nations.
Ce que emporte comme symbole la prochaine élection américaine, est en passe de constituer, au plan psychologique, la plus importante des révolutions qui influencera définitivement la consistance entre les diversités multipolaires qui façonnent, font, forment ou déforment l’évolution de l’humanité.

Une recherche de vengeance par appropriation du succès d’autrui

Si la perspective de l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a créé une véritable fièvre en Afrique au point que certains n’envisagent pas autre chose à la place de sa victoire, c’est qu’au fond, nous continuons de vivre un drame fait de multiples facettes. Le jeune sénateur est vu par les Africains tantôt comme le messie qui engendrera des révolutions inévitables pour sauver le continent, tantôt comme le moteur indémontable de la preuve de la capacité des noirs à se hisser partout et à occuper raisonnablement toutes les fonctions dans le monde.

En réalité, l’élection est plus une question de démonstration et moins une occasion de comprendre et de féliciter un système américain qui montre ici une de ses qualités inégalables par aucun autre dans aucun autre pays. Par ailleurs, parce que cette perspective d’un noir à la Maison Blanche intervient dans un contexte où les images de milliers de nègres entassés sur des embarcations de fortune en quête de bonheur vers l’Europe dominent l’actualité, l’on croit tenir ici la porte de la vraie Terre Promise. Très peu sont ceux qui font l’analyse en termes de prédispositions institutionnelles du système américain à valoriser toutes les compétences et tous les mérites. En fait, l’on veut surtout marquer d’abord le temps par cette irruption presque inattendue, d’un noir dans un duel jusque là réservé aux blancs. C’est la vraie sortie du ghetto, la réalisation du rêve de Martin Luther King, croit-on.

Pourtant, il faut se rendre à l’évidence et prendre du recul pour tout comprendre, ou alors pour comprendre d’autres choses.

Au stade où en sont les Africains et au regard des déceptions indescriptibles, les générations actuelles s’accrocheraient même à un serpent de mer pour obtenir quelques améliorations de leurs conditions. Si la couleur de la peau du candidat donne cette fois-ci une dimension affective et presque passionnelle à la perception des Africains, il n’est pas vain de rappeler que la différence entre républicains et démocrates de même qu’entre gauche et droite en Europe et particulièrement en France, a toujours dominé profondément les jugements des Africains.

A suivre

Par Shanda Tonme



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Source: lemessager
(M) avomm
Jeudi 23 Octobre 2008 - 13:27
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