Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

Au bilan de l'homme du 12 décembre 1984

Dans le cadre de la campagne menée par le gouvernement pour assurer l'impunité des responsables, qui culmina en juin 1993 par l'adoption de l'amnistie, les autorités essayèrent de corrompre les veuves. Au début de l'année 1993, le gouvernement contacta semble-t-il plus de deux cents veuves à travers le pays pour leur proposer de leur payer les pensions de leur mari. La réponse des veuves fut d'organiser une série de rencontres avec leurs camarades dans l'ensemble du pays, y compris à Bogué, Rosso, Kaédi, Djoel et Bababé, pour les sensibiliser sur le danger d'accepter l'argent du gouvernement sans recevoir des informations sur le décès de leur mari, informations qui pourraient aboutir à la poursuite des personnes responsables. Selon l'une des veuves, seules deux femmes acceptèrent l'offre du gouvernement et toutes deux le firent sous la pression de leur père.

Aujourd'hui 12 décembre 2008, l'histoire semble se répéter


photo SITE UFP
photo SITE UFP
LES PROTESTATIONS PUBLIQUES CONTRE LES MASSACRES
Dans une des rares manifestations publiques d'opposition contre le gouvernement, une série de lettres ouvertes et de tracts fut publiée en Mauritanie critiquant le rôle des autorités dans les arrestations et les tueries. Human Rights Watch/Africa a reçu le texte de certains de ces documents, rédigés par des groupes d'intellectuels, de travailleurs et de femmes. Ce sont des témoignages importants et souvent émouvants de l'effort entrepris par les citoyens mauritaniens pour mettre en lumière la responsabilité de leur gouvernement pour ces abus.

La lettre ouverte des intellectuels

Le 10 avril 1991, cinquante éminentes personnalités mauritaniennes --dont d'anciens ministres, des avocats, des médecins et des professeurs-- signèrent une lettre ouverte adressée au Président Taya dans laquelle ils dénonçaient "l'ampleur de la répression qui s'est abattue sur les civils et les militaires noirs dans les derniers mois de 1990". Parmi ces exactions, ils citaient plusieurs centaines d'exécutions sommaires, des disparitions et différentes atrocités. La lettre établit le lien entre ces abus et les politiques générales définies par le gouvernement de la manière suivante:

De telles violations des droits de l'homme et du citoyen sont de nature à renforcer le climat de suspicion, de défiance et de tension permanente qui va à l'encontre de la cohésion et de la stabilité de notre pays. Ces violations portent également un coup sévère aux nobles idéaux de l'Islam, dont en particulier la tolérance religieuse, la fraternité et le respect de l'être humain. C'est pour cette raison que lesdites violations constituent un précédent dangereux et unique dans l'histoire de notre pays...

Ces événements tragiques et regrettables sont la conséquence logique d'une politique de répression aveugle qui n'a pas fait de distinction entre coupables et innocents. Et plus encore, ils sont le résultat de l'absence de libertés démocratiques.

La lettre demandait au gouvernement de constituer une commission d'enquête indépendante pour identifier les responsables de ces crimes et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour assurer le respect de l'état de droit.

La déclaration des travailleurs

Le 18 avril 1991, l'Union des Travailleurs de Mauritanie (l'UTM) publia une déclaration réclamant la convocation d'une conférence nationale pour discuter de la démocratisation et la réalisation d'une enquête indépendante sur les détentions de 1990.

La pétition des femmes

En avril 1991 également, plus de soixante-quinze femmes --épouses, soeurs, nièces et mères de certains des prisonniers présumés morts en détention-- signèrent une pétition adressée au Président Taya. Les femmes demandaient au Président de rompre le silence officiel qui entourait ces morts et d'aider les familles des victimes. Voilà ce qu'elles déclaraient:

La disparition des êtres qui nous ont été chers présente des problèmes incommensurables sur plusieurs plans, en particulier sur le plan social. Certains de ces hommes étaient fils uniques et constituaient donc la seule source de joie et de fierté pour leur famille; d'autres étaient les seules sources de revenus de leur famille; d'autres encore ont laissé derrière eux plusieurs épouses et enfants sans ressource.

Avec l'effondrement de nos derniers espoirs, nous vivons une véritable tragédie. Nous avons l'amère impression que nous sommes abandonnées à notre chagrin et à la misère qui l'accompagne. On nous a mises dans une situation que la conscience humaine ne peut tolérer.

Pour ces raisons, nous faisons appel à vous en dernier recours afin que le silence soit rompu, que des explications soient données et qu'il nous soit réservé un traitement humain...

Cette pétition fut suivie à la mi-mai par la déclaration d'un Comité de Solidarité, signée par 363 femmes, et dans laquelle on pouvait lire:

Pendant les semaines qui viennent de s'écouler, la conscience de notre peuple a été fortement ébranlée par les témoignages et les révélations d'un certain nombre de victimes de ces dernières arrestations -- ces vrais "rescapés des camps de la mort".

Si est vrai, comme le Président l'a affirmé, qu'il ne reste plus un seul prisonnier politique en détention aujourd'hui, alors ceux d'entre eux qui sont encore dans les camps pourraient y être pour toujours.

Ainsi, des centaines de braves fils de cette nation sont morts, non pas au "service de leur pays", mais plutôt, en quelque sorte, "dévorés par leur propre armée".

Face à ce drame, soixante-quinze femmes --mères, veuves et soeurs des victimes-- ont adressé une lettre ouverte au nom de leur famille au Chef de l'Etat. Elles ont exigé que notification officielle soit donnée aux familles concernées, afin que les obligations sociales et religieuses puissent être observées.

Pareille demande requiert naturellement la mise sur pied d'une commission d'enquête indépendante afin d'identifier les responsables, de les poursuivre en justice et de les punir conformément à la loi...

Tous les efforts vaillants et légitimes de nos soeurs se sont heurtés à un mur de silence de la part des autorités...

C'est pourquoi, face à cette situation, nous, les femmes mauritaniennes signataires, avons décidé de mettre sur pied un comité de solidarité avec les familles des disparus...

Le 11 juin 1991, un groupe de femmes organisa une manifestation à Nouakchott pour sommer les autorités de fournir des informations concernant leurs proches. La marche fut dispersée par la police, qui, selon les témoignages, battit à coups de pieds et tapa les manifestantes, dont dix au moins furent hospitalisées.

Les veuves

La pétition des femmes marqua le commencement de la mobilisation des veuves en une force importante qui demandait à ce que les personnes responsables pour les violations des droits de l'homme en Mauritanie soient identifiées et punies. Les veuves entreprirent diverses actions destinées à pousser le gouvernement à reconnaître les massacres de 1990 et de 1991 et à engager des poursuites contre les responsables. Grâce aux déclarations publiques et aux efforts visant la réparation judiciaire des abus commis, les veuves purent également attirer l'attention de la communauté internationale et envoyer des représentants à la Conférence Mondiale des Nations Unies sur les Droits de l'Homme, tenue à Vienne en juin 1993.

Dans le cadre de la campagne menée par le gouvernement pour assurer l'impunité des responsables, qui culmina en juin 1993 par l'adoption de l'amnistie, les autorités essayèrent de corrompre les veuves. Au début de l'année 1993, le gouvernement contacta semble-t-il plus de deux cents veuves à travers le pays pour leur proposer de leur payer les pensions de leur mari. La réponse des veuves fut d'organiser une série de rencontres avec leurs camarades dans l'ensemble du pays, y compris à Bogué, Rosso, Kaédi, Djoel et Bababé, pour les sensibiliser sur le danger d'accepter l'argent du gouvernement sans recevoir des informations sur le décès de leur mari, informations qui pourraient aboutir à la poursuite des personnes responsables. Selon l'une des veuves, seules deux femmes acceptèrent l'offre du gouvernement et toutes deux le firent sous la pression de leur père (96).

Un groupe de veuves, dénommé Collectif des Veuves des Victimes de la Répression en Mauritanie, publia une déclaration dans un numéro de septembre 1993 du Calame, un journal indépendant. La déclaration condamnait l'amnistie de juin 1993, la qualifiant "d'injuste et en flagrante contradiction avec la Constitution et les lois en vigueur en Mauritanie" (97). Les veuves réitéraient leurs principales revendications, qui incluaient: le paiement de pensions aux familles de toutes les victimes; qu'il soit permis au Collectif d'Avocats de représenter les veuves et de chercher à obtenir des dommages et intérêts pour toutes les victimes; que l'amnistie de juin 1993 soit abrogée; qu'une commission d'enquête indépendante soit établie pour déterminer les responsables de ces tueries. Les veuves appelaient également les organisations des droits de l'homme, les groupes religieux et les partis politiques à se joindre à elles pour poursuivre leurs efforts vers l'établissement d'un état de droit en Mauritanie.

En fait, le Collectif des Avocats a été constitué pour défendre quelque 188 familles de victimes et exiger que les responsables des massacres soient traduits en justice. Les membres du collectif ont été victimes de harcèlements et d'intimidations de la part du gouvernement. Les incidents suivants en sont des exemples: l'un des avocats, Diabira Maroufa, fut arrêté et menacé en 1991; des attaques furent menées contre le Collectif dans la presse gouvernementale; le Ministre de la Justice refusa de recevoir les lettres du Collectif; le Ministre des Finances exigea le paiement d'impôts supplémentaires aux membres du Collectif. Selon une lettre écrite par Diabira Maroufa le 3 décembre 1993, "l'objectif du gouvernement est de contraindre les membres du Collectif à renoncer à leur quête de justice en les menaçant de porter atteinte à leur survie [professionnelle]".

L'ESCLAVAGE

Le 5 juillet 1980, le gouvernement du Président Mohamed Khouna Ould Haïdallah décréta l'abolition de l'esclavage. C'était la troisième fois que, dans l'histoire de la Mauritanie, l'esclavage était aboli (98). En novembre 1981, le gouvernement publia une ordonnance encourageant les autorités judiciaires à appliquer les dispositions du décret de 1980. L'ordonnance déclarait que "l'esclavage [était] définitivement aboli sur l'ensemble du territoire national" et ajoutait que les anciens esclaves devaient jouir de tous les droits qui leur étaient auparavant proscrits. En fait, cette mesure représentait essentiellement un exercice de relations publiques dicté par des considérations extérieures.

La pratique de l'esclavage existe toujours en Mauritanie, particulièrement dans les zones rurales. Des dizaines de milliers de Noirs restent considérés comme la propriété de leurs maîtres et entièrement soumis aux volontés de ces derniers. Ils travaillent de longues heures sans recevoir de rémunération. Ils n'ont pas accès à l'éducation et ne jouissent pas du droit de se marier ni de s'associer librement avec d'autres Noirs. S'ils échappent à la servitude, ce n'est pas en exerçant leurs droits "légaux" mais principalement en prenant la fuite. La méconnaissance de leurs droits, la crainte d'être rattrapés et de la torture qui s'ensuit souvent, ainsi que l'impossibilité de vendre un quelconque savoir dans un pays appauvri, découragent de nombreux esclaves à prendre la fuite. L'esclavage est réputé être particulièrement répandu dans l'est du pays.

Human Rights Watch/Africa reconnaît qu'abolir l'esclavage, dans un pays où il est profondément ancré, est un processus long et difficile. Sa persistance, néanmoins, est largement due à un manque de volonté politique de la part des autorités de mettre un terme à cette pratique. Les gouvernements successifs n'ont pas pris les mesures appropriées à la mise en oeuvre des importantes obligations auxquelles la Mauritanie s'est engagée en adoptant cette législation et en ratifiant les conventions internationales interdisant l'esclavage. L'esclavage existe toujours en Mauritanie car les mesures législatives adoptées n'ont pas été suivies, au plan économique et social, des mesures nécessaires.

Dans le but de faire croire que l'esclavage est un problème passé, les documents officiels se réfèrent uniquement aux "Haratines" ou affranchis. Dans les villes, le terme arabe pour esclave, abd, a été abandonné. On parle dorénavant des "bleus" ou des "soudanais". On utilise également les termes "pupilles" ou "domestiques" --des domestiques qui ne sont pas payés, ne bénéficient d'aucun droit et sont à l'entière merci de leur employeur.

Cependant, ces changements ne signifient pas grand chose pour les esclaves eux-mêmes. Un esclave, récemment échappé, expliqua à Human Rights Watch/Africa:

Bien sûr que l'esclavage existe toujours en Mauritanie. La raison en est simple. Quelles que soient les émancipations accordées, on continue à travailler pour le même maître, on continue à faire le même genre de travail sans rémunération et à vivre dans les mêmes conditions. Rien n'a changé, excepté les mots. On ne nous a donné ni l'éducation ni les moyens économiques qui nous permettraient de prendre conscience de nos droits et d'en profiter. Le pire, c'est à la campagne où vivent la plupart des esclaves. Là-bas, c'est la vieille Mauritanie; les esclaves ne savent même pas qu'ils ont des droits et ils ne savent rien de l'émancipation. J'ai entendu parler de l'abolition, mais cela n'a eu aucun effet pratique dans ma vie d'esclave (99).

b[Human Rights Watch/Africa, qui s'est vu refuser l'autorisation de se rendre dans le pays à plusieurs reprises, n'est pas en mesure d'évaluer le nombre des esclaves en Mauritanie. En 1981, après une visite dans le pays, l'organisation londonienne Anti-Slavery Society estimait que "...le pays compt[ait] probablement au moins 100.000 esclaves authentiques et 300.000 semi et anciens esclaves" (100). ]b

Un nombre considérable d'esclaves fuirent les campagnes pour se rendre en ville entre 1969 et 1978, avant la visite de l'organisation. Deux évènements importants contribuèrent à leur départ. Le premier fut la sévère sécheresse des années 1969-1974 qui poussa des centaines de milliers de Mauritaniens, y compris beaucoup de maîtres d'esclaves, à aller chercher en ville de meilleurs gains. Nombre de maîtres restés à la campagne envoyèrent leurs esclaves travailler dans les villes et dans les mines près de Zouérate. Le deuxième facteur fut la guerre du Sahara Occidental de 1975 à 1978, pour laquelle des recrutements massifs ont été conduits. Etant donné qu'aucun évènement comparable n'a eu lieu depuis 1981, les estimations données par Anti-Slavery Society sont probablement toujours valables.

extrait d'un rapport de HRW vous pouvez lire son intégralité à parti de ce site rubrique HRW à gauche
Jeudi 11 Décembre 2008 - 19:44
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