Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

Ousmane Abdoul Sarr, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Rougui Dia, trésorière

Chargé de l’organisation Ngolo Diarra

Commissaire au compte Mme Diop Marième

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

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AVOMM

Khoutba ‘’deux’’ : une ballle au centre… Par Abdarahmane NGAIDE

J’ai raté la Khoutba passée. Je me rattrape avec celle que je vous propose là un mardi.


Khoutba ‘’deux’’ : une ballle au centre… Par Abdarahmane NGAIDE
Il suffit de débrider les citoyens pour voir une nation ensemble. L’instant d’un match de football (le sport roi dit-on !) et une fibre bouge au point que le président lui-même se sent obligé de soulever le pied simulant une passe ou d’applaudir à rompre les dernières énergies qui lui restent encore après les balles perdues. Les deux tirs on atteint leur cible et la nation « endormie » s’est brusquement réveillée dans un seul élan pour fêter une équipe (un game dans son sens de jeu). Voilà ce que vaut une nation. C’est quand quelque chose qui semble inintéressant la fait vibrer oubliant la faim, la soif, l’appartenance ethnique, raciale, tribale et statutaire. C’est du football.  C’est cela que nous recherchons et que 90 minutes peuvent offrir. Elles suffisent pour réveiller ce nerf. C’est extraordinaire comme situation. Un match de foot ! Une victoire sur le Sénégal.

Ce n’est pas si petit, dans la mesure où tous les Mauritaniens toutes conditions confondues ont un complexe historique du Sénégal. Il faut seulement agir en concert comme une vraie équipe de football avec son entraineur pour faire couler cette sueur, unique sueur interne qui ne coule que quand une histoire inattendue, anonyme se déroule. Ni un exploit ni une performance ne peuvent la générer. Elle est mystique voire divine. Elle s’échappe d’un ensemble divers mais elle est identique dans son essence. Elle a sur tous les visages la même saveur paradisiaque celle qui rend succulente une tamra de chinguitti et exquis un couscous sorti d’un gawri récolté dans la vallée.

Les spectateurs multicolores lâchent le même mot, Mauritanie, effaçant du coup, de manière momentanée, nos maux. C’est cette sueur inexplicable, innée car elle rétablit ce cordon ombilical qui brusquement revient à sa place pour unir et faire trembler des corps, même celui d’un président convalescent. Avait-il besoin de cela pour passer une nuit paisible ? En tout cas la nation le lui a imposé. C’est quand tout le monde vibre ensemble que les langues s’absentent normalement. On devient tous muets mais on se comprend car un autre langage s’invente et s’invite. Nos yeux sont glacés et nos voix en extinction. Figés !

Le lieu de résidence n’a plus aucun sens car le cordon s’est rétabli. Le réseau est là et la communication ne s’entonne pas, elle électrise déjà les spectateurs. Ils se compactent et forme un seul corps en vibrations. C’est incroyable que ce moment de vie inoubliable. C’est cela une nation. C’est quand elle s’émeut ensemble, fête la joie et prononce un mot qui n’appartient à aucune des langues nationales : le nom du pays. Car le nom de ton pays même prononcé en plein Enfer tu refroidis et marques un arrêt comme pour solenniser l’écoute. Mais notre pays perd toujours le réseau de l’émotion alors que sans émotions notre vie restera insipide et nous ne pourrons rien faire ensemble. Je dis bien rien.

Une nation est portée par des émotions partagées. Si nous n’arrivons pas à accorder les rythmes et la musicalité de nos émotions là la destruction s’annonce. Si chaque joueur se mettait à tirer en l’air la victoire sur le Sénégal allait être difficile voire impensable. Vous voyez bien que « tirer droit dans le but » prend tout son sens. Il fait sauter un président de sa chaise, exulter un public endormi et conduire le reporter à user de tout le vocabulaire qui provoque l’émotion pour que ceux qui sont hors du stade et à l’intérieur comme à l’extérieur du pays puissent sentir l’onde de choc nationale. La nation est donc un groupe d’individus si divers mais qui l’instant de 90 mn peut devenir un compact, un vrai mur de basalte en sueur et tout tremblant d’une joie sans source. Car elle devient presque une permanence. Ou bien c’est presque une permanence parce que tout simplement le sentiment qui nous traverse nous vide. Nous sommes comme en lévitation au dessus de nos maux. 90mn derrière un ballon, suant sous les couleurs nationales, fusillés par des milliers d’yeux et surtout les deux les plus en place - ceux du président – écoutés par quelques 4 millions de citoyens, les jeunes font trembler les tchaakh.

Victoire ! Consécration footballistique internationale d’une nation qui se testera chez Mandela. C’est extraordinaire non ! Dites-moi un peu c’est divin non ! Je le crois. La nation relève du divin, car elle tend toujours vers le Un et qui dit Un appelle une divinité absolue. La balle, il n’y en avait qu’une mais elle est rentrée deux fois. Elle s’est dédoublée pour donner une victoire et réveiller une nation endormie depuis. Vous voyez que rien n’est banal pour donner sens à notre projet de vivre ensemble en Mauritanie.

90mn ont suffit pour démontrer que nous avons des émotions communes, enfin une émotion commune : aimer sa patrie. Que croyez-vous que moi je fais avec cette victoire. Et bien, je ne me lasse plus de me vanter parce que tout simplement le même soir, le lendemain et le surlendemain ma mauritanité n’a cessé de me parler par la voix des autres.

Elle était belle et une grosse goutte de sueur limpide perlait son visage. 90mn et le lendemain, comme de coutume, les gens avaient la joie au visage et se félicitaient entre eux comme s’ils avaient joué eux-mêmes. Et bien, ils ont bien joué, d’ailleurs le premier d’entre eux donnait des coups à sa chaise au point de lasser ses gardes du corps et surtout son médecin traitant. Il pouvait tenir un discours improvisé appelant la nation et profitant de ce moment d’écoute pour dire aux citoyens des choses intelligentes. Bon c’est juste 90mn, mais marque indélébile dans l’histoire du football mauritanien. Cela mérite une larme. Les larmes ont dû couler le jour de victoire et les accolades ne cherchaient que la rencontre des épaules soudées comme un seul homme et ne se préoccupaient pas à qui elles appartenaient. Et bien je suis sûr qu’une femme a serré la main de plusieurs hommes durant cet instant magique qui fait penser à une nation déjà accomplie. Rares, mais importantes sont ces joies qui font naître la sérénité qu’une unité peut procurer.

Tapez sur du ballon et vous verrez les querelles se ranger sur les rebords des routes. Gagnez un match et vous verrez des complexes s’effondrer. Suer ensemble et vous verrez que la saveur de cette goutte qui perle votre visage est nourricière. Ayez la même émotion et vous verrez que vous tomberez dans les bras les uns les autres, vous embrassant comme de petits chats. Et puis, le matin des vrais sourires égayeront la ville et des félicitations méritées rempliront vos oreilles.

C’est ça une nation. Elle coule dans le lit de son fleuve en déversant son surplus dans la mer. Elle fusionne avec elle malgré la teneur du sel. Elles font équipe.

Balle au centre alors !
 
Abdarahmane NGAIDE, Dakar, le 23/07/2013

avomm.com

Khoutba ‘’deux’’ : une ballle au centre… Par Abdarahmane NGAIDE
Lundi 29 Juillet 2013 - 19:44
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1.Posté par sidibe le 14/02/2018 17:19
bonjour je voudrai me connecter

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