Le bureau exécutif de l'AVOMM

"L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous." Jean-Paul Sartre

Le bureau exécutif de l'AVOMM
"L'Association d'aides aux veuves et aux orphelins de mauritanie (AVOMM) qui nous rassemble, a été créée le 25/12/95 à PARIS par d'ex-militaires mauritaniens ayant fui la terreur, l'oppression, la barbarie du colonel Mawiya o/ sid'ahmed Taya ......
Ces rescapés des geôles de ould Taya, et de l'arbitraire, décidèrent, pour ne jamais oublier ce qui leur est arrivé, pour garder aussi la mémoire des centaines de martyrs, de venir en aide aux veuves, aux orphelins mais aussi d'engager le combat contre l'impunité décrétée par le pouvoir de Mauritanie."
E-mail : avommavomm@yahoo.fr

Bureau exécutif

M. Amadou Bathily, président

M.Ngolo Diarra, secrétaire général

M. Hamdou Rabby Sy, porte-parole

Mme Mireille Hamelin, chargée de la communication

M. Demba Fall, trésorier

Chargé des droits de l’homme et des relations extérieures, M. Sarr Ousmane Abdoul

Chargée de l’action humanitaire, Mme Dia Rougui

Chargée de l’organisation, Mme Diop Marième

M. Boubacar Thiam, commisaire aux comptes

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AVOMM

[ Chronique ] L’improbable président /Souleymane Jules Diop

« On imagine mal la somme de catastrophes
que chacun peut supporter dans l’indifférence,
pour peu qu’elles s’abattent sur autrui »
Georges ELGOZY


[ Chronique ] L’improbable président /Souleymane Jules Diop


Oliver Stone a bien remis ça. Après « Jfk » et « Nixon », le réalisateur américain vient de lancer « l’improbable président ». Un président de la République que rien ne prédestinait à ce poste, règne par la manipulation et le mensonge, entraîne son pays dans une aventure d’autodestruction sans précédent. Malgré un bilan désastreux, il utilise la peur, la propagande, pour s’offrir un second mandat par-dessus la tête de ses concitoyens. Il réussit à réunir toutes les forces religieuses réactionnaires derrière sa personne et manipule le vote pour se faire réélire. Son second mandat est un second désastre. Il détruit l’économie de son pays, ruine sa crédibilité et son prestige international. On a du mal à faire la part tout au long de cette intrigue étatique entre le père, le fils, et le mauvais esprit qui vient hanter leur sommeil. Puisque l’histoire commence avec le père président. Piètre politicien ami des monarques riches du Golfe persique, il se servira des grands pétroliers arabes pour parrainer la candidature de son fils et pérenniser leurs rentes viagères. La famille traite avec une compagnie bien connue dans les milieux du Btp saoudien, Ben Laden and Co.
Le fils est un dandy Jetseteur en Ray Ban adepte de la bouteille. Il a rencontré Dieu dans un rêve et s’est converti dans la rénovation des édifices religieux. Sa dévotion de façade et son goût prononcé pour les grands marchés le catapultent par deux fois président de la République. Alors qu’une bonne partie de son pays est sous les eaux, il préfère voyager. Le film d’Oliver Stone s’appelle « doublevé ». W n’est pas Wade. Mais la ressemblance est si saisissante que si le réalisateur de « doublevé » avait noirci son acteur principal et rasé son crane, nous aurions retrouvé une biographie de notre « doublevé » tropical. Des deux côtés de l’Atlantique, c’est un homme et son fils qui ont soumis leur démocratie à la démagogie, ruiné l’économie de leur pays. La mort dans l’âme, Stone dit de son nouveau sujet : «Il fut longtemps de la trempe de Reagan, jusqu'à ce qu'il devienne si détestable.» Nous aurions pu dire, nous aussi, « il était de la trempe de Mandela, jusqu’à ce qu’il devienne le Mugabe que l’on connaît ».
Une question traverse tout le long métrage d’Oliver Stone, « comment un tel type a pu devenir président ? » En se faisant passer pour ce qu’il n’est pas ! Le problème est qu’aux Etats-Unis, aucun homme ne penserait se maintenir président de la République par la force. C’est ce que fait Abdoulaye Wade. Il n’organisera pas d’élections avant d’avoir liquidé tous ceux qui se présentent à son fils comme des « opposants ».
Aux Etats-Unis, il ne serait pensable pour aucun président de la République de faire la promotion de son fils pour sa propre succession. Dans les coulisses, Abdoulaye Wade se sert pourtant de l’exemple de son « ami » Georges « doublevé » Bush. « Mais on a vu aux Etats-Unis le fils d’un président de la République devenir président de la République ». L’argument est si léger qu’on ne peut rien lui opposer.
Si Senghor avait pensé à son fils ou à un de ses neveux, Abdou Diouf ne serait jamais président. Si Abdou Diouf avait pensé à son fils Habib, Abdoulaye Wade ne serait jamais devenu président. C’est ce court traité de bon sens que Koffi Annan a donné à celui qui voulait comme suprême consécration après ses multiples échecs au Nobel de la paix, le prix « Mo Ibrahim ». Ce prix d’un million de dollars fait saliver notre « doublevé » tropical, mais on ne le décerne qu’aux chefs d’Etat qui acceptent de se soumettre au jeu démocratique.
Abdoulaye Wade a non seulement décidé de s’imposer à nous, mais son fils aussi a décidé de s’imposer à nous. Dans aucun pays du monde, même dans les monarchies les plus détestables, un fils de chef d’Etat ne nargue ses concitoyens avec autant de désinvolture. Karim Wade ne travaille pas, c’est un chômeur chronique, amoureux des avions comme son père. Comment trouve-t-il donc les moyens d’offrir des dizaines de millions à des mosquées et des cimetières ? Cette simple question, Abdoulaye Wade nous interdit de la poser. Des citoyens ordinaires ont été soumis aux pires humiliations, traînés dans la boue, accusés de détournement sans qu’on leur apporte jusqu’ici la moindre preuve.
Quand l’heure vient de demander des comptes à Karim Meissa Wade, son père prend sa défense. Voilà un « brillant » économiste qui a géré des milliards, fait des routes à quatre milliards le kilomètre, et qui ne rend compte à personne, parce qu’il est « le fils du président de la République ».
Dans aucun pays au monde, on ne se livre à de tels écarts de conduite sans en rendre compte. L’Anoci, c’est connu maintenant, était un grand subterfuge pour s’emparer du patrimoine économique et foncier du pays. Sur la route de l’aéroport, l’Etat avait mis à la disposition de l’Anoci un vaste terrain. Officiellement, ce terrain affecté sur la réserve foncière nationale devait abriter un édifice dans le cadre du sommet de l’Anoci. L’Anoci a vendu le terrain à 7 milliards de francs Cfa à un groupe espagnol, Mixta, qui y a construit des condominiums. Jusqu’à ce jour, aucune trace de ces 7 milliards de francs Cfa. Pas de trace non plus des 7 milliards que Taïwan avait mis à la disposition du Sénégal, dont une bonne partie avait été détournée et déposée dans le compte d’un ami de Karim Wade à Nicosi. Quand l’affaire a éclaté, Abdoulaye Wade a envoyé Pierre Aïm demander un reçu à Macky Sall. Ce reçu n’a jamais été émis. Cet argent, « offert par un ami », n’est jamais revenu au Sénégal. Quand nous avons repris les relations diplomatiques avec la Chine populaire, elle a offert au Sénégal un avion neuf de marque Gruman. Cet avion a disparu, comme la Pointe de Sangomar a mystérieusement disparu. Karim Wade doit répondre à ces questions. Il doit dire pourquoi il n’atterrit à Dakar qu’après deux heures du matin. Il doit dire pourquoi il ne décolle de Dakar qu’après deux heures du matin. Il doit dire pourquoi il ne fait l’objet d’aucun contrôle de la Douane. Le code de son avion, HM45D, est dans la série de ceux attribués aux chefs d’Etat. Il est tout le temps dans les avions. « Doublevé » fils est lui aussi un « born again muslim » qui ne rate jamais l’occasion de s’envoyer en l’air. S’il n’est pas en train de faire du Jet Ski avec son ami le roi, il est en culotte courte à Capri ou à Shangaï entouré de ses « amis ».
Nous avons commis le crime de faire l’alternance avec Wade, mais nous ne méritons pas la perpète avec son fils. Jamais dans l’histoire, un homme n’a autant déçu. On n’attend rien de ceux qui prennent le pouvoir par les armes. Mais prendre le pouvoir par les urnes et finir comme il est en train de finir est une prouesse tragique. Abdoulaye Wade n’est pas seulement un mauvais président, c’est un mauvais précédent. Il nous force à envisager ce qui, pour chacun d’entre nous, était encore impensable. Tous les prétextes sont de bons prétextes. Ses hommes lui ont présenté un article tiré d’internet dans lequel Mbaye Ndiaye déclare : « je ne reconnais plus Abdoulaye Wade ». Il l’a révoqué à la minute qui a suivi.
Après la mort récente de Lamine Coulibaly, ancien juge à la Haute Cour de Justice, personne ne sait jusqu’où ira son entreprise « kariminelle ». Je me suis demandé ce qui arrivera au commissaire Assane Ndoye, affecté comme deuxième conseiller à Bahrein. Il a tellement de choses à dire qu’il ne faudrait pas qu’il soit lui aussi emporté par une attaque cardiaque.
Des hommes paient depuis huit ans pour les la détermination de cet homme à installer son fils au pouvoir. Karim Wade, né en France, de nationalité française, toujours en jet privé, entouré d’une dizaine de gardes du corps dans un véhicule blindé, veut devenir président de la République du Sénégal. On a beau tourner l’affaire dans tous les sens, c’est du jamais vu.
SJD



Auteur: Souleymane Jules Diop
source:seneweb

Mardi 4 Novembre 2008 - 19:57
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